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Les céramiques ottomanes d’Iznik ou l’aventure d’une prodigieuse collection

Rencontre avec Frédéric Hitzel, chercheur au CNRS, expert en oeuvres d’art ottomanes

Comment des historiens, des archéologues et des collectionneurs sont-ils tombés sous le charme des céramiques d’Iznik, l’ancienne Nicée de l’actuelle Turquie ? Frédéric Hitzel historien et expert en œuvres d’art ottomanes présente l’aventure de la plus grande collection de céramiques d’Iznik, conservée en France, au Musée de la Renaissance à Ecouen.


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Frédéric Hitzel présente la singularité de ces faïences produites dans l'empire ottoman du XVIe siècle. La céramique d'Iznik est une synthèse des traditions des arts du feu, du monde byzantin, du Proche-Orient islamique et de la Chine, transmises par la route de la Soie. À partir du XVIIIe, la production décline et le procédé de fabrication de certains coloris tombe dans l'oubli au fil du temps. Elle est considérée par les spécialistes comme une des plus éblouissantes productions de céramiques élaborées pendant la grande période de l'Empire ottoman aux XVIe et XVII e siècles.

Le décor de ce type de céramique est brillant et coloré sur un fond blanc parfait. Le résultat s'approche visuellement de la porcelaine chinoise sans en avoir la texture et la sonorité. La couleur qui deviendra au fil du temps la plus prisée est le rouge. Quand le décor est peint et séché, il est recouvert d'une très fine couche de glaçure, la cuisson se fait ensuite dans des fours alimentés au bois. Les couleurs et les décors de céramiques d'Iznik ont connu des évolutions. L'éventail des motifs s'est élargi. Parmi les motifs floraux, modèles imposés de l'époque ottomane, le plus célèbre est celui dit "aux quatre fleurs" où se mêlent tulipe, œillet, jacinthe et églantine, et parfois la rose, ainsi que la fameuse feuille de Saz, cette palme ondulée et dentelée qu'on retrouve souvent sur ces plats. Frédéric Hitzel nous parle des tulipes, symboles de l'Empire ottoman comme de la Turquie contemporaine.



Dans le monde des arts des pays d’Islam, Iznik évoque les fameux carreaux de céramiques qui couvrent la plupart des grandes mosquées, des palais ou des mausolées de Turquie, ainsi que des objets, des pièces, des plats, des pichets produits dans la ville du même nom.


À partir du XVIe siècle, Iznik est devenu un centre politique majeur sous l’empire ottoman. La ville, à huit jours à cheval d'Istanbul, s’est imposée comme la capitale de la céramique ottomane émaillée avec des décors floraux d’une grande finesse. On les retrouve sur les murs du palais de Topkapi ou sur ceux de la mosquée bleue d’Istanbul. Aujourd’hui Iznik, l’ancienne Nicée, a conservé ses vieux remparts et compte une centaine de milliers d'habitants. Les ateliers de céramiques, un temps disparus, sont à nouveau en activité, depuis les années 1990.(...)


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