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L’Europe en souffrance

la chronique de Geneviève Guicheney

Le refus par référendum du traité constitutionnel européen a suscité de sérieuses interrogations. Geneviève Guicheney, Correspondant de l’Institut, relit pour nous l’éditorial qu’elle a écrit pour la Revue Positions et Médias (numéro 30, juin 2005).


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À l’issue du référendum sur le Traité constitutionnel européen, chacun est confronté à une interrogation, mêlée d’inquiétude, sur la suite. Que va-t-il, que peut-il se passer ? Cette question-là entre dans le champ plus vaste d’une interrogation sur l’avenir et partant sur le passé. D’où partons-nous ? Où voulons-nous aller ? Et aussi, de quel point de vue nous plaçons-nous pour tenter de répondre ?

Deux questions me sont venues à l’esprit : de quelle Europe est-il question ? Pourquoi les Français l’ont-ils refusée ?

Quelle Europe ?

Différents niveaux d’analyse s’offrent à nous. L’Europe a une existence géographique. Elle a une histoire, faite de déchirements, de guerres que la paix actuelle, d’une durée jamais connue ne peut faire oublier. Elle a un avenir, dont le Traité constitutionnel est une étape et une étape importante. Elle est en devenir. Cette aventure-là, l’unique qu’ont vécue toutes les générations nées après-guerre, a commencé avec le Traité de Rome, audacieuse proposition qui voulait mettre un terme définitif aux affrontements du passé. C’est une Europe glacée par l’horreur de la Shoah qui se rassemble pour fonder une union économique. La deuxième étape de cette construction viendra avec le Traité de Maastricht et l’union monétaire. Reste à réaliser l’union politique et sociale. Le Traité constitutionnel en pose les bases. Voilà du moins comment est résumée à grands traits l’histoire de la construction européenne.

Cela suffit-il à décrire la réalité de ce que vivent les peuples ? Comment peuvent-ils faire leur, cette aventure-là ?

Elle est pleine de paradoxes et d’inconnues. Jacques Derrida dans l’Autre cap écrit : « Nous sommes plus jeunes que jamais, nous les Européens, puisqu’une certaine Europe n’existe pas encore. Mais nous sommes de ces jeunes gens qui se lèvent, dès l’aube, vieux et fatigués. De quel épuisement les jeunes vieux-Européens que nous sommes doivent-ils re[artir ? Doivent-ils re-commencer ? Ou bien départ de l’Europe, se séparer d’une vieille Europe ? Ou bien repartir vers une Europe qui n’existe pas encore ? Ou bien repartir pour revenir à une Europe des origines qu’il faudrait en somme restaurer, retrouver, reconstituer au cours d’une grande fête de « retrouvailles » ? » (1)

Ce choix-là n’est pas encore fait. Il ne peut se faire que(...)


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