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François Cheng, Un cheminement vers la vie ouverte de Madeleine Bertaud

Un livre clé, présenté par Jean Mauduit

Madeleine Bertaud consacre un ouvrage à François Cheng, de l’Académie française. Dans cette chronique, Jean Mauduit vous fait partager sa lecture et découvrir cette brillante et solide exégèse de l’oeuvre de Cheng, romancier et poète. Le 30 août 2009, cet écrivain exceptionnel qui, très jeune, a épousé la culture française, fête ses 80 ans ! Bon anniversaire, monsieur.


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Pour Jean Mauduit, le livre que Madeleine Bertaud consacre à François Cheng, « François Cheng, un cheminement vers la vie ouverte » est un livre clé. D'abord parce qu'il rappelle l'exceptionnel parcours de cet écrivain, qui siège à l’Académie Française depuis 2002.

François Cheng est un homme qui ne ressemble à personne, à la fois par son parcours et par la singularité irréductible de son œuvre. Rappelons qu'il a vécu en Chine jusqu’à l’âge de 20 ans et qu’après être entré à l’université de Nankin pour étudier l’anglais, il a choisi de quitter son pays natal pour s’établir en France en 1949 grâce à une bourse de l’UNESCO. A l’époque, il ne connaissait pas un mot de notre langue. Et il va devenir un grand écrivain français !

Madeleine Bertaud souligne très bien l’ampleur du phénomène. Passer du chinois, langue complexe à base d’idéogrammes, au français grande langue aussi, difficile d’accès car pétrie d’abstraction, constitue déjà un exploit. Mais se ré-enraciner en terre française au point d’intégrer sa culture, c'est-à-dire – écrit Madeleine Bertaud – « une manière de sentir, de percevoir, de raisonner, de déraisonner, de jurer, de prier et finalement d’être », voilà qui relève de l’extrême. Alors comment l’expliquer ? Une volonté hors pair ? Certes, mais la volonté ici n’est qu’un moyen. Il y a autre chose.

L’amour de la France. Un amour fou, unique, insensé, accompli dans le surpassement au prix de quelque quarante ans d’efforts et de travaux puisque les premiers ouvrages en français de Cheng paraissent dans les années 80. Selon ses propres termes, François Cheng a épousé la langue de son pays d’adoption. Avec elle, il a épousé les croisades, les cathédrales, la Pléiade et la Princesse de Clèves, Notre Dame de Paris et les Fleurs du Mal, le surréalisme, le cubisme. Tout. Toute notre culture. Sans pour autant tourner le dos à la culture chinoise. Aussi longtemps qu’il ne se sentait pas assez sûr de lui en français, Cheng s’est consacré à la traduction, en mandarin, des œuvres de Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé. A partir du moment où il a compris qu’il possédait la maîtrise de notre langue, il s’est mis à écrire, en français des essais, des poèmes, des romans, dont l’essentiel est voué à la réalité chinoise d’hier et(...)


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