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Maître des saveurs et chocolate

Mot pour mot, la chronique de Jean Pruvost

Savoir et saveur sont frère et soeur ! Pour goûter l’un, il faut acquérir l’autre et vice-versa... de même pour maître-queux et maître-coq ! Mais attention, ne confondez pas coq avec le volatile, ni queux avec celle de la casserole ! Et s’il est permis de goûter le chocolat, et même dans sa forme Grand Siècle, le chocolate, ne soyez pas chocolat pour autant ! Heureusement, notre lexicologue Jean Pruvost est là pour tout vous expliquer.


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Un maître savoir des saveurs

Aucun doute : une très bonne cuisine fait l’unanimité, nous apprécions tous de fait le savoir de celles et de ceux qui sont les grands maîtres des saveurs qui flattent nos palais. Or « savoirs » et « saveurs », voilà justement deux mots qui sont frères ou sœurs étymologiques : ils sont effectivement issus de la même racine, en l’occurrence le verbe latin sapere, qui signifie « goûter », c’est-à-dire plus précisément « prendre connaissance » de quelque chose par le goût.

Le savoir, c’est en effet bel et bien étymologiquement découvrir quelque chose d’abord par les sens, et par conséquent en devenir maître par l’expérience. Et puisqu’il est question de maître, deux mots nous viennent forcément à l’esprit à propos du grand art de la cuisine. De quels mots s’agit-il ?

Il s’agit du maître-coq et du maître-queux qui, comme saveur et savoir, sont tous deux de même origine étymologique. Contre toute attente en effet, aucun rapport ne doit être établi entre le maître-coq et le coq du coq au vin ; de même qu’il n’y a aucune relation entre le maître queux et la queue d’une casserole. Au reste, si coq, dans maître-coq est, par rapprochement instinctif, de même orthographe que le fier volatile, queux, dans maître-queux s’écrit avec un x : q u e u x. Les deux mots, queux dans maître-queux et coq dans maître-coq proviennent de fait d’un même substantif latin, coquus, qui voulait dire cuisinier.

En ce qui concerne le maître-coq, le mot latin coquus était tout d’abord passé en néerlandais où il était devenu kok, et c’est nous qui leur avons emprunté ce mot au XVIIe siècle en en transformant l’orthographe, assimilant le kok k-o-k, au fier gallinacé, le coq. Ainsi, pas de confusion à faire, à bord d’un bateau, le coq désignait bien le cuisiner. Coq, soignez-nous bien, s’écriaient les marins. Quant au maître queux, attesté dans notre langue depuis 1080, en fait davantage cuisinier que maître, il en est la version pauvre. Une variante valorisante est cependant à signaler avec le Grand Queux de France,(...)


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