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L’émergence d’un nouveau modèle d’université

et la loi Liberté et Responsabilité des Universités, LRU, par Yves Lichtenberger

La loi Liberté et Responsabilités des Universités permettra-t-elle l’émergence d’un nouveau modèle d’Université ? Voici la réponse d’Yves Lichtenberger, président du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur "Université Paris-Est" devant l’Académie des sciences morales et politiques.


Cette communication s'inscrit dans le thème de réflexion de l'année 2009 proposée par le président Jean-Claude Casanova aux membres de l'Académie des sciences morales et politiques. Celle de Yves Lichtenberger s'est tenue le lundi 6 avril 2009.

Il a commencé par rappeler quelques données historiques fondamentales : "Le terme "université" désigne à l'origine une communauté de pairs de toutes disciplines, savants-enseignants, regroupés en un même lieu, organisés de façon autonome et assumant en commun une même mission : la mise à jour et la transmission de leurs savoirs". Il a évoqué la réforme napoléonienne, puis les changements survenus après 68, pour mieux comprendre le découpage actuel des universités en France : "Cette répartition s'est trouvée confortée par la loi de 1984 qui rétablissait, en même temps qu'elle organisait des pouvoirs locaux morcelés, la prévalence des décrets nationaux sur les règles collégiales (la Conférence des présidents d'université (CPU) est ainsi restée jusqu'en 2007 présidée par le Ministre) et surtout sur les expérimentations locales".

Puis il a évoqué le modèle facultaire : "Nous nous sommes ainsi habitués à appeler "université" ce qu'ailleurs dans le monde on désignerait plutôt sous le nom de "faculté" (Paris 6, Lyon 1,… sont de fait de grandes facultés des sciences, Paris 4, Toulouse 2 de grandes facultés d'humanités). Cet aspect est de plus renforcé par le poids, et souvent la forte autonomie, des composantes de formation (les UFR qui n'ont sauf rares exception de R que le nom) au sein des universités, et jusqu'à récemment par un pilotage de fait de la recherche exercé en direct par le biais des fléchages de postes et de moyens par le ministère et/ou les organismes de recherche".

C'est ainsi que l'on trouve en France une séparation entre universités, grandes écoles et organismes de recherche.

Mais que peut-on porter au crédit des universités ? elles ont quadruplé le nombre d'étudiants (depuis 1980), elles ont préparé à des nouveaux débouchés, elles ont modifié leur programme de formation selon les standards européens...
Mais semble-t-il une page est en train de se tourner : "celle d'une organisation en facultés, celle du repli sur elles-mêmes de certaines disciplines, les humanités plus que les sciences, l'histoire plus que la sociologie,… Et ce n'est pas forcément triste ! Une page est aussi en train de s'ouvrir, celle permettant aux universités d'affirmer leur rôle dans le développement(...)


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