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Maurice Utrillo et Suzanne Valadon à la Pinacothèque de Paris

avec Jean Fabris, commissaire de l’exposition

L’œuvre peint de Maurice Utrillo, et de Suzanne Valadon, sa mère, sont célébrés, pour la première fois depuis cinquante ans, par une grande rétrospective à la Pinacothèque de Paris. Jean Fabris, commissaire de l’exposition, revient, dans cette émission, sur la « légende Utrillo ». Le Figaro Hors-série, partenaire de Canal Académie, consacre un numéro à l’oeuvre croisé de Valadon et d’Utrillo, et à ce Montmartre du début du siècle auquel s’abreuvèrent plusieurs générations d’artistes.


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En ce temps-là, Toulouse-Lautrec était un vagabond et les moutons paissaient sur les collines de Montmartre. Au pied de la Butte, génies, saltimbanques, pique-assiettes vivaient dans des tavernes, dormaient dans des galetas, peignaient sur les trottoirs, convaincus qu’ils vivraient un jour de leur art. Au Lapin Agile, les verres se vidaient à mesure que Bruant déclamait ses chansons; au petit matin, la place du Tertre tanguait autant que les navires au long cours.

C’est dans ce pays de Montmartre que Suzanne Valadon, enfant sans le sou, allait devenir la diva des peintres de Paris. Degas, Renoir, Lautrec, la liste de ses amis composerait aujourd’hui le plus fascinant des musées. Modèle avant de devenir peintre, elle mit au monde avant ses vingt ans un enfant de la Butte qui allait en devenir l’une des plus célèbres figures.

Gamin de la rue Cortot dévalant les escaliers de Montmartre, Maurice Utrillo mourrait soixante-dix ans plus tard, aussi décoré qu’un arbre de Noël, riche, célèbre et plus seul qu’au temps de la construction du Sacré-Coeur.

L'une des plus fortes personnalités de son temps

Au cours d’une vie picaresque, il était parvenu à saisir sur la toile le blanc de Paris, gris clair comme les pigeons, devant lequel tant de ses pairs avaient échoué. L’atmosphère des rues désertes, les ailes des moulins qui s’arrêtent, les arbres de la rue des Saules qui s’inclinent. Sur les chemins de Corot et de Pissarro, il avait peint les tilleuls qui tremblent, les ciels clairs qui se voilent et les villages qui sommeillent.
« Créé et mis au monde pour peindre, dira Sacha Guitry à sa mort, il aura peint toute sa vie comme si c’était la chose la plus naturelle du monde, ayant pour guide son instinct, et ne sachant peut-être pas
qu’il était, en peinture, l’une des plus fortes personnalités de son temps.
»

Depuis 1967 et la dernière rétrospective qui lui ait été dédiée, Utrillo, l’ami de Modigliani avait pourtant été oublié. Le superbe hommage que lui rend la Pinacothèque de Paris rend justice à ce peintre paradoxalement méconnu aujourd’hui.



Jean Fabris, commissaire de l’exposition Utrillo-Valadon, est aussi le(...)


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