Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Jean-Loup Dabadie reçu sous la Coupole

Réception de Jean-Loup Dabadie, de l’Académie française
Jean-Loup Dabadie a été reçu le jeudi 12 mars 2009 par Frédéric Vitoux de l’Académie française au fauteuil de Pierre Moinot. Canal Académie vous propose d’écouter la retransmission intégrale de cette séance solennelle sous la Coupole de l’Institut de France. Romancier publié à 21 ans, "l’écrivain de spectacles", comme le qualifiait François Truffaut, nous offre depuis 50 ans des romans, des pièces de théâtre, des chansons, des sketches, des scénarios et des dialogues de films. L’Académie s’honore d’un maître des mots, de notoriété populaire, en l’accueillant dans sa compagnie.


T�l�charger le fichier sur votre ordinateur
Références émission afficher
Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : COU516
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/cou516.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida4209-Jean-Loup-Dabadie-recu-sous-la-Coupole.html
Date de mise en ligne : 13 mars 2009
Jean-Loup Dabadie de l’Académie française et son épouse, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l’Institut de France
Jean-Loup Dabadie de l’Académie française et son épouse, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l’Institut de France
© Canal Académie

Après de brillantes études au lycée Louis-Le-Grand qu’il poursuit à la faculté de lettres de Paris, il se lance dans l’écriture. Son premier roman publié Les Yeux secs (1958) évoque la jeunesse libérée et les amours d’une héroïne de 20 ans, Annette. L’année suivante, il publie Les Dieux du Foyer, l’histoire d’un couple qui s’effondre. Remarqués par la critique, le succès n’est cependant pas au rendez-vous. Jean Vilar l’accueille comme stagiaire au festival d’Avignon, l’année de ses 18 ans, et lui donne définitivement le goût du spectacle sous toutes ses formes. Lazareff le forme au journalisme, dans ses jeunes années. Il écrit ainsi dans la Revue Tel Quel, l’hebdomadaire Arts puis dans Elle ou dans Le Journal du Dimanche et bien d’autres. Pour lui, la scène compte "d’abord et avant-tout", il choisit d’écrire pour le théâtre, la télévision, la chanson, le cinéma.

Avec Jean-Loup Dabadie, une part du patrimoine culturel français entre sous la Coupole. Parolier de Barbara, de Serge Reggiani, de Julien Clerc, de Polnareff, de Liane Foly, de Jessé Garon et de tant d’autres, il a reçu en ce mois de mars 2009, une Victoire de la musique. Auteur de scketches, il écrit pour les autres. Là encore la liste est longue, Guy Bedos pour n’en citer qu’un. Frédéric Vitoux rapporte dans son discours, le 12 mars 2009, devant ses confrères et de nombreux invités du monde du spectacle et de la télévision : Guy Bedos a eu un jour devant moi une formule frappante : « Les textes de Dabadie ne sentent jamais le papier. » Vos écrits attendent en effet de s’animer. Le texte n’est pas une finalité. Le texte est un prétexte. Tout doit se révéler sur scène. Et tout se justifie sur scène. En 1967, sa pièce de théâtre La Famille écarlate est un franc succès.

Le parolier, le dramaturge est aussi "un écrivain en cinéma".
Scénariste, on lui doit : La Poudre d’escampette, Le Sauvage, Vincent, François, Paul et les autres, On ira tous au paradis, La Gifle, Un éléphant ça trompe énormément, César et Rosalie... L’Académie française l’a récompensé plusieurs fois pour l’écriture de ses films César et Rosalie et La Gifle, avant de l’élire au 19e fauteuil. Le cinéaste René Clair de 1960 à 1981, a occupé le mythique 19e fauteuil. L’ illustre figure du cinéma français, lui aussi écrivain, rédigeait ses scénarios comme un exercice littéraire à part entière : une filiation qui devrait ne pas déplaire à Jean-loup Dabadie. Il est le 22 e titulaire du 19 e fauteuil occupé depuis 1635. Olivier Patru, Marie-Joseph Chénier, l’auteur du Chant du départ (le frère du poète André Chénier), François René de Chateaubriand, Paul Deschanel, René Clair et Pierre Moinot, sont quelques uns des académiciens qui l’ont précédé.

Sur son épée d’académicien, les trois roses du blason de la ville de Grenoble où il apprit à lire et écrire, côtoient les notes de sa célèbre chanson Ma préférence interprétée par Julien Clerc : hommage à la musique et à l’écriture.

Jean-Loup Dabadie de l'Académie française, entouré de ses amis, son confrère Frédéric Vitoux à gauche et de Guy Bedos à droite, le 12 mars 2009, sous la Coupole de l'Institut de France
Jean-Loup Dabadie de l’Académie française, entouré de ses amis, son confrère Frédéric Vitoux à gauche et de Guy Bedos à droite, le 12 mars 2009, sous la Coupole de l’Institut de France
© Canal Académie

Comme le rappelle son confrère Frédéric Vitoux dans son discours prononcé en réponse, Jean-Loup Dabadie aurait pu être professeur à la Sobonne ou qui sait ? au Collège de France, ou encore un romancier. Cet écrivain vivant de sa plume depuis l’âge de 20 ans, est-il un héritier de La Bruyère, se demande Frédéric Vitoux qui rapproche l’œuvre de Jean-Loup Dabadie de celle du librettiste Henri Meillhac.

Extrait du discours de Frédéric Vitoux :

« Vous vous emparez d’un personnage de la comédie humaine et sociale de votre temps : le mari humilié par sa femme et qui se venge dérisoirement ; le père de famille excédé par sa progéniture et incapable, en dépit de ses efforts, de la moindre autorité ; le mari trompé, heureux et naïf ; le riche industriel qui se lamente de payer des impôts ; le séducteur fanfaron et mufle ; le publiciste cynique qui remodèle sans état d’âme l’apparence d’un futur candidat à une élection présidentielle ; une apprentie comédienne face à un vieux producteur et j’en passe… Avec un sens aigu de la caricature, qui exige d’abord un sens aigu de l’observation, cela va de soi, vous poussez simplement vos personnages au bord du précipice, au bout d’eux-mêmes, vers ce que je pourrais appeler l’absurde révélateur. Et le comique, ou mieux l’hilarité naît qui, bien entendu, ne se serait pas épanouie à ce point si l’on ne s’était pas reconnu dans vos portraits, si l’on n’avait pas d’abord croisé vos personnages burlesques, tantôt pathétiques et tantôt odieux. Si vous n’aviez pas eu cette faculté de saisir la vie dans ses vibrations les plus ridicules et les plus émouvantes avant de la resserrer en un concentré de spectacle. »

Selon l’usage, Jean-Loup Dabadie a prononcé un discours en hommage à son prédécesseur l’écrivain Pierre Moinot élu en 1982 à l’Académie et disparu en 2007. Conseiller d’André Malraux, il travailla aussi au service de l’UNESCO et à l’ORTF.

Dans un discours chaleureux, le nouvel académicien évoque l’homme et l’œuvre, avec humour, légèreté, ponctué de quelques phrases aux mélodies poitevines. Il revisite sa carrière au service de l’État (à la Cour des Comptes), nous assurant que « ses romans visuels », son Mazarin ou sa Jeanne d’Arc, écrits pour la télévision, prouvent sa détestation pour le pouvoir et combien à travers tous ses livres, Pierre Moinot était à la recherche de l’homme. En témoignent ses romans, études, nouvelles ou dramatique comme La blessure, La Descente du fleuve, La Chasse royale, Armes et baggages.

Extraits du discours de Jean-Loup Dabadie :

« Le petit garçon adorait son pays, qui avec le temps avait oublié la mer et glissé vers la plaine. Plus tard, un des personnages de ses livres, donc de sa vie, parlerait de ces prés, de ces peupleraies douces et bruissantes « que la Sèvre traverse indolemment pour se perdre dans la résille infinie des marais ». En rentrant à la maison, il s’attardait souvent.
_Pierre ! Pierre ! Où qu’l’est passé, tcho saprai drôle ? Vins donc souper, que d’bader aux groles ! (Sacré garnement, viens souper, au lieu de bayer aux corneilles !)
_Grand-mère, y avise les geueurnolles ! (Je regarde les grenouilles !)
_Est-o qu’te veux me faire endéver ? Vins, t’auras do torteyâ ! Et dos craipes !
(Veux-tu me faire enrager ? Viens, tu auras du tourteau ! Et des crêpes !) Le grand-père Châtin était un paysan, il avait réussi à devenir « va devant », c’est-à-dire chef des ouvriers agricoles, ce qui lui donnait droit à s’asseoir en face du maître près du tiroir à pain, et à couper le pain comme lui.
Le grand-père Moinot, lui, était instituteur. Très gai, très soupe au lait, jouant de la clarinette, de la flûte et du piston, il était fier de son œuvre, un dictionnaire de patois, et défendait son idéal pacifiste dans le journal local sous le pseudonyme de Père la Colère.
Deux hommes différents qu’il aimait également, de tout son cœur. Il avait huit ans.
 »

Jean-Loup Dabadie de l'Académie française, entouré de son confrère Frédéric Vitoux et de son fils, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l'Institut de France
Jean-Loup Dabadie de l’Académie française, entouré de son confrère Frédéric Vitoux et de son fils, à la sortie de sa réception sous la Coupole, le 12 mars 2009 à l’Institut de France
© Canal Académie

En savoir plus

Sur le site Internet de l’Académie française :

- Jean-Loup Dabadie de l’Académie française
-  Pierre Moinot (1920-2007) de l’Académie française
- Frédéric Vitoux de l’Académie française
- Texte du Discours de réception de Jean-Loup Dabadie
- Texte de la Réponse de Frédéric Vitoux

- 1972 : prix Jean Le Duc de l’Académie française pour César et Rosalie
- 1974 : prix Jean Le Duc de l’Académie française pour La Gifle
- 1983 : Prix René Clair : Grand prix du cinéma de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre

A l’Académie française, les parrains de Jean-Loup Dabadie sont les académiciens Florence Delay et Erik Orsenna.






© Canal Académie - Tous droits rééservés

Notez cette émission :

Commentaires