Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

De quelques idées reçues

la chronique économique de Philippe Jurgensen

Cette chronique passe en revue quelques préjugés économiques, qui sont autant de baudruches à dégonfler. Jean-Jacques Rousseau disait « J’aime mieux être un homme à paradoxes qu’un homme à préjugés ». Même s’il a souvent poussé trop loin le paradoxe, il y a quelque chose à retenir de cette idée.


Bookmark and Share


Première idée reçue : La baisse du pouvoir d’achat expliquerait la faiblesse actuelle de la consommation, qui alimente la crise économique.
L’amputation du pouvoir d’achat a été réelle au début de 2008, avec la flambée des prix énergétiques et alimentaires qui a conduit l’inflation en France (mesurée « en glissement » sur douze mois) à 3,6 % en milieu d’année, chiffre supérieur à la hausse des rémunérations. Il n’en est plus du tout de même aujourd’hui, où la baisse de plus des deux tiers du prix du pétrole depuis son maximum du printemps dernier, complétée par la chute des cours des matières premières et des produits alimentaires, provoque un recul des prix. Après plusieurs mois de baisse en valeur absolue, l’inflation, toujours mesurée sur les douze derniers mois, est retombée à 1 % en France en fin d’année 2008. Pour l’ensemble de la zone €uro, elle est revenue à 1,6 %. Les projections pour les mois à venir sont une poursuite de ce refroidissement des prix, au point que certains craignent une spirale déflationniste, l’anticipation de nouvelles baisses à venir conduisant à différer les achats. Une telle perspective serait certes inquiétante ; mais la désinflation actuelle a au moins l’avantage de rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs, alors que la progression des rémunérations reste significative, puisque le salaire moyen des Français a progressé de 3,3 % en 2008, selon l’INSEE.

Le pouvoir d'achat

Certes, si l’on raisonne en moyenne annuelle, la hausse des prix a tout de même été de 2,8 % en 2008, ramenant la hausse du pouvoir d’achat global à 1 %. Mais, en 2009, malgré la crise qui ralentira la hausse des salaires (prévue à 3,1 %) et surtout accroîtra le chômage, amputant les revenus des sans-emploi, une inflation devenue proche de 0 laissera place à une progression un peu plus forte du pouvoir d’achat de l’ensemble des Français (+ 1,5 %, selon la prévision de l’INSEE).
Si l’on considère une plus longue période, on doit constater que le pouvoir d’achat a progressé, bon an mal an, à peu près au même rythme que la croissance, alors qu’on entend souvent déplorer la baisse supposée constante, ou au moins récurrente, de ce pouvoir d’achat. Les champions de ce genre de plainte sont les agriculteurs : l’opinion retient leurs(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires