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Napoléon et l’armistice de Pleiswitz (1813)

Par Thierry Lentz

A l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, le musée de l’Armée a organisé, en partenariat avec l’Université permanente de la ville de Paris, un cycle de conférences autour des suspensions d’armes ou armistices les plus importants de l’histoire moderne ou contemporaine de la France. Thierry Lentz choisit d’aborder un armistice peu connu et pourtant fatal à Napoléon, l’armistice de Pleiswitz signé en 1813.


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En 1813, après la désastreuse campagne de Russie, Napoléon décide de repartir en guerre pour parer la menace russe et prussienne. En fait, l’enjeu de cette campagne de 1813 est le maintien des Bonaparte sur leur trône, c’est-à-dire la sauvegarde de l’édifice napoléonien.

La campagne débute au printemps. En trois semaines de conflit, les russes et les prussiens subissent deux défaites à Lützen et à Bautzen. La situation semble se retourner quelques mois après la défaite de Russie. Pourtant, c’est là que Napoléon commet « ce que Jominy a appelé sa plus grande erreur pendant sa carrière de général en chef ». En effet, dans l’incapacité d’exploiter ses victoires, Napoléon accepte de signer un armistice avec les coalisés. Il faut dire que les premiers combats ont été très meurtriers. En outre, Napoléon est affecté par la perte de deux de ses proches, le général Duroc et le maréchal Bessières. Il en vient à penser qu’une suspension provisoire des hostilités permettrait d’attendre. Il espère ainsi gagner du temps pour gagner la guerre.

La position de l’Autriche l’engage aussi vers l’arrêt des hostilités : neutre pour l’instant, son entrée dans le conflit est à craindre. Sans parler des nouvelles de France, où le sentiment national devient hostile au régime impérial. Aussi, le 4 juin 1813, Napoléon accepte qu’un armistice soit négocié, mais à la seule condition qu’il soit suivi d’un congrès.

Les hostilités sont d’abord suspendues jusqu’au 20 juillet. Napoléon accepte ensuite, à Dresde, la médiation de l'Autriche et les soit disant bons offices de son beau[ère François Ier et de Metternich. C’est dans ce contexte que s’ouvre le 29 juillet le congrès de Prague. On se donne onze jours pour faire la paix. Ce congrès n’est qu’un jeu de dupe. Auparavant, Metternich s'était entendu avec le tsar Alexandre pour faire traîner les pourparlers afin de donner à Schwarzenberg tout le temps de rassembler et organiser les forces autrichiennes. En réalité, dès juin les coalisés avaient décidé le démantèlement de l’empire napoléonien. François Ier ne voulait toutefois pas(...)


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