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Claude Lévi-Strauss à New York raconté par une amie intime, Claudine Herrmann

Avec Claudine Herrmann

Claude Lévi-Strauss vit à New York pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est une époque de grand foisonnement intellectuel et culturel. Il commence à travailler sur sa fameuse thèse : "Les structures élémentaires de la parenté". Claudine Herrmann, qui l’a connu à cette période, nous parle du grand penseur. "Il me faisait l’impression de posséder un savoir universel."


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Après une période passée au Brésil, Claude Lévi-Strauss est de retour en France en 1939. Rapidement contraint à retourner de l'autre côté de l'Atlantique à cause de la guerre en raison de ses origines juives- il s'installe à New York. Il travaille sur les Structures élémentaires de la parenté. Là-bas, il côtoie toute l’intelligentsia qui a fui l’Europe et Hitler : les Max Ernst, André Breton et autre Marcel Duchamp.

Notre invitée, Claudine Herrmann [rofesseur, écrivain et avocate- nous fait partager le souvenir de moments passés en compagnie du grand anthropologue. D'anecdotes en passages de vie, elle nous plonge dans l'incroyable univers de Lévi-Strauss. De 1943 à la fin de la guerre, elle le voit à la Public Library où il s'attelle à rassembler les composants de ce qui deviendra l'un de ses plus grands ouvrages Les structures élémentaires de la parenté. Elle se souvient aussi qu'il passait du temps au théâtre chinois, à des conférences, chez les antiquaires ou en compagnie de ses amis.
Qui sont ses amis ? «Il était très lié avec Jakobson et les surréalistes.» A l'époque, New York est un centre d'activité culturelle et intellectuelle phénoménale. Lévi-Strauss s'intéresse aux objets ayant un lien avec la culture indienne et qu'il peut se procurer à des prix abordables tels que les statues ou les têtes réduites. Il chine beaucoup, notamment en compagnie de Breton. Plus tard, de retour en France, ils continueront ce rituel aux puces de Clignancourt.

Claudine Herrmann entre en classe de philosophie en 1943. Elle rencontre Claude Lévi-Strauss lors d'un dîner qui suit une conférence. Ce dernier propose son aide, si elle éprouve une difficulté. «J'étais un peu perdue et je lui ai téléphoné. En cinq minutes, tout était simple. Alors j'ai compris quelque chose : tout problème peut être expliqué clairement. »

Figure emblématique de la vie new-yorkaise, Lévi-Strauss est d'abord connu pour sa thèse, puis ensuite pour ses activités en tant que conseiller culturel. «A 34 ans il avait déjà une grande réputation. Il était connu de tous les émigrants», raconte Claudine Hermann.
Il se retrouve très vite seul face à une montagne de travail. «Il élaborait son ouvrage, une thèse considérable.» Il fait appel à Claudine. «Je l'aidais à écrire quelques fiches pour(...)


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