Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Des confessions très suspectes

Avec le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny

Pour bien faire, le pamphlet doit être bref, comme son nom l’indique. A condition de faire un peu d’étymologie. Le pamphlet vient de « palme-feuillet », c’est-à-dire la feuille qui se tient dans la paume de la main. Si bref doit-il être ce petit texte est par définition incisif. Il pique comme une pointe et cela doit faire mal. C’est une arme de combat. Ils furent nombreux à la manier cette arme, davantage en politique.


Bookmark and Share

« Les gens laborieux, écrivait Paul-Louis Courier de Méré (1772-1825), n’ont pas le loisir de feuilleter une centaine de pages ». Courier savait de quoi il parlait ; il fut l’auteur du Pamphlet des pamphlets publié en 1824 qui donna son nom à ce genre littéraire, car à l’origine le mot servait à désigner les brochures. Cet auteur s’adressant à un interlocuteur anonyme qui lui demandait ce que c'était qu'un pamphlet, et le sens de ce mot qui, sans lui être nouveau, avait besoin pour lui de quelque explication : c'est, répondit-il, un écrit de peu de pages, d'une feuille ou deux seulement. Le Dictionnaire de l’Académie, dans sa 5° édition daté de 1798, le définissait comme étant un « Mot Anglois, qui s'emploie quelquefois dans notre langue, et qui signifie Brochure ». L’édition suivante parue en 1832, ajouta à cette définition : « Il se prend souvent en mauvaise part. » Il reste que la devise de Courier était « Peu de matière et beaucoup d’art ».



On n’avait toutefois pas attendu Courier pour composer des pamphlets, au sens où il l’entendait. Songeons simplement aux Philippiques de Démosthène, voire les Provinciales de Pascal et pourquoi pas Mazarinades, en fait des libelles, autrement dit des « écrits injurieux ». Le pamphlet, prit son mauvais tour durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, et Voltaire y prit une bonne part. Souvenons-nous de « L’horrible danger de la lecture » en fait un plaidoyer pour la diffusion des œuvres et des idées. Ce texte composé en 1765, figure dans les Mélanges IV, dans le tome 25 de ses Œuvres. Camille Desmoulins le suivit à partir de son intervention dans les jardins du Palais Royal, avec Jacques Pierre Brissot démasqué qui date de 1792 puis L’Histoire des Brissotins, l’année suivante qui lui sera fatale.

Epargnons-nous les textes pornographiques mettant en scène la reine Marie-Antoinette que l’on qualifie de pamphlet faute de mieux ; mais qui en ont toute l’apparence, car leur fondement était politique. Il s’agissait, par tous les moyens, de discréditer la famille royale. Maurice Lever en a publié plus d’une dizaine dans son(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires