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Rencontre avec Hubert Védrine

Pour son dernier livre "Continuer l’histoire"

Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002, a travaillé vingt-deux ans avec François Mitterrand, dont quatorze ans à l’Elysée. Sa connaissance des relations internationales fait de lui un personnage écouté et reconnu. "Continuer l’histoire", son dernier essai, affronte gaillardement la complexité des relations internationales.


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Il est de plus en plus difficile, prévient Védrine, de mener une politique étrangère sérieuse (…) fondée sur une vraie vision du monde et de nos intérêts.

Raison de plus pour s'initier aux règles du jeu. Dès 1989, l'intellectuel américain Francis Fukuyama prophétisait la fin de l'Histoire par l'avènement planétaire de la démocratie et du marché. Mais du 11 septembre 2001 à l'Irak, le risque de «choc des civilisations» apparut comme une hypothèse moins irénique.



Plus réaliste que dogmatique, Védrine appelle l'Occident à faire le deuil de ses illusions : « Il serait temps de comprendre que vouloir exporter nos régimes aboutit presque immanquablement à l'inverse du but recherché ». La démocratie ne se « greffe » pas, elle ne « pousse » pas non plus naturellement. La démocratie ne peut se développer, selon lui, que de manière « endogène ».

Dans cet entretien, Hubert Védrine prend le temps d'expliquer des situations complexes, qu’il s’agisse du blocage des institutions européennes ou de la crise au Proche-Orient.

A « l’unilatéralisme provocant » d'un George Bush, Védrine oppose sans surprise le multilatéralisme. Mais attention : pour que celui-ci ne soit pas une « mutualisation des impuissances » et « une défausse commode », il plaide - au-delà d’une réforme de l’ONU et des organisations économiques internationales - pour un renforcement du pouvoir des Etats. Son propos sur l'Europe prend alors d’autant plus de relief : favorable à « une fédération d’Etats-nation », selon l'expression de Jacques Delors, Védrine l'appelle à « clarifier son identité », faute de quoi « l'idée européenne risque de s'éteindre et de mourir ».

Une idée émerge : l'Occident n'exerce plus de monopole sur le destin des hommes. « Un monde multipolaire, relève-t-il, ne transite plus par l'Europe et les Etats-Unis ». L'Histoire pourrait très bien continuer sans nous.
Un entretien tonique et profond qui nous invite à en prendre conscience.


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