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Le code de l’Inquisiteur !

Des traités pour distinguer incubes et succubes, par Bertrand Galimard Flavigny

Les rapports avec le démon sont-ils susceptibles de criminalité ? Ouvrez les manuscrits du XVIIIe siècle, et faites le point sur un code de démonologie à l’intention des inquisiteurs ! Et suivez les explications de Bertrand Galimard Flavigny, bibliophile averti.


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Selon le R.P. Louis-Marie Sinistrari d’Ameno (1622-1701), « il existe sur terre des créatures raisonnables autres que l’homme, ayant comme lui un corps et une âme, naissant et mourant comme lui, rachetées par N.-S. Jésus-Christ et capables du salut ou de la damnation ». En 115 points, il prouve que le crime de démonialité diffère de celui de bestialité.


Tout est parti d’un manuscrit en latin sur papier fort du XVIIe siècle, relié en parchemin d’Italie, découvert en 1874, dans une librairie londonienne. Il avait pour titre De Daemonialitate, et Incubis, et Succubis. Etait-il inédit ? Son acquéreur qui avait pour nom Isidore Liseux, était non seulement bibliophile, mais encore éditeur. Il se mit, naturellement, en recherches bibliographiques, et réussit à mettre la main sur la première édition d’un autre ouvrage, intitulé De Delictis et Poenis imprimé à Venise en 1700. Cet ouvrage, véritable code de l’inquisiteur, est un traité complet de tous les crimes, délits et péchés inimaginables.La démonialité n’y occupe que cinq pages. La seconde édition, à Rome en 175 4, n’en donne pas plus. Fort de ses recherches Liseux traduisit en français le texte du manuscrit découvert à Londres, et le fit imprimer en regard du texte latin d’origine. Cette édition datée de 1875 fut tirée sur papier de Hollande, à 598 exemplaires. Une seconde édition ne contenant que la traduction française sortit en 1882. L’auteur décrit par le menu – en 16 points - la manière qu’emploie le Démon pour s’unir charnellement aux hommes ou aux femmes. Il révèle encore que « de la copulation de l’homme, mâle ou femelle, naissent quelquefois des hommes ; et c’est de la sorte que doit naître l’Antéchrist… ».
En cas de suspicion, le juge ecclésiastique se devait de constater le délit de ses propres yeux. Mais précisait notre inquisiteur : «Quant aux peines afférentes à la Démonialité, aucune loi civile ni canonique, que je sache, n'edicte de peine contre un crime de ce genre». Cependant, comme un tel crime suppose pacte et(...)


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