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Les chauffeurs d’Orgères
Par le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny
En compagnie de notre bibliophile, revivez le procès des brigands d’Orgères en 1800. Les détails donnés par l’auteur, un certain P. Leclair, ont séduit notre spécialiste des livres anciens...d’autant plus que ce récit s’accompagne d’un dictionnaire d’argot pour comprendre le langage des voleurs ! Tremblez, bonnes gens !
Le procès des chauffeurs et assassins d’Orgères fut rapporté par un certain P. Leclair, dans un petit ouvrage paru, en 1800, à Chartres chez Lacombe, « imprimeur des tribunaux civils et de la police correctionnelle ». Ce récit est à la fois celui d’une aventure, d’une étude sociale, d’une traque policière et d’un traité lexical. Des ingrédients nombreux qui donnent à cet ouvrage un sel que beaucoup d’autres ne possèdent pas.
Quelques uns d’entre nous se souviennent peut-être de leur manuel d’histoire de France, dans lequel des vignettes montraient un malheureux fermier ligoté sur une chaise, tandis que d’affreux brigands poussaient ses pieds dans le feu de la cheminée pour lui faire avouer où il avait caché son magot ; d’où le nom de « chauffeurs » donné à ces malfrats. Aujourd’hui, on les appelle les saucissonneurs. Ils sont du même acabit. Ces chauffeurs-là sévissaient durant la période post-révolutionnaire sous le Directoire. L’une de ces bandes hantait la forêt d’Orgères près de Chartres. Il fallait en finir.
Richard, l’un des Cinq-Cents, s'exprimait alors en ces termes : « Des brigands, connus sous le nom de chauffeurs, désolent les campagnes et troublent la tranquillité publique. Ce ne sont point des malfaiteurs isolés que l'instinct du crime ou la soif des richesses, arment contre l'homme paisible. Ce sont des rassemblements conduits par des chefs formant une confédération formidable, qui entrent dans les maisons, s'emparent de tout ce qu'ils trouvent, forcent par des tourments inouïs les citoyens à leur découvrir ce qui échappe à leurs recherches, attaquent sur les routes les voitures publiques et les courriers, mutilent ou égorgent les malheureuses victimes livrées à leur férocité ». C’est à ce moment, que le Directoire fit appel à Fouché comme ministre de la police.
Curieusement, L’Histoire des brigands, chauffeurs et assassins d’Orgères par Leclair parut alors que le procès était en cours. L’ensemble des pièces du procès fut, en revanche, réuni et imprimé à Chartres chez Durand et Labalte, de 1800 à 1801, en 6 volumes, le dernier étant les(...)
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