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"La conscience, point de vue d’un anthropologue"

Par Jean Baechler, de l’Académie des sciences morales et politiques dans le cadre du colloque Naissance, émergence et manifestations de la conscience (2/6)

Le lundi 5 décembre 2012, la Fondation Simone et Cino del Duca accueillait un colloque de l’association "Être humain". Durant cette journée intitulée "Naissance, émergence et manifestations de la conscience", Jean Baechler, sociologue, philosophe et historien, membre de l’Académie des sciences morales et politiques a tenu une conférence sur "la conscience, point de vue d’un anthropologue".


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La conscience, point de vue d'un anthropologue



Par Jean Baechler


Qu’est-ce que la conscience du point de vue de l’anthropologue ? Il faut que je commence par définir ce que j’entends par anthropologie. Ce mot a des acceptions variées, mais je le définis comme les sciences du règne humain, à la manière dont la biologie s’occupe du règne vivant et la cosmologie du règne inanimé. Je vais soutenir une thèse, non pas paradoxale mais qui peut peut-être vous heurter, à savoir qu’à mon sens, la conscience est un mot qui est à ce point chargé d’histoire cognitive, qu’il n’a plus de sens défini et par conséquent ou bien il faut à chaque fois définir le mot lorsqu’on croit bon de l’utiliser ou bien, et c’est ma position, il ne faut jamais l’utiliser sauf dans des occurrences extrêmement précises comme par exemple la conscience morale ou conscience de au sens de prendre conscience, qui peuvent être utilisés.


Il faudrait pouvoir le remplacer par un autre mot, mais je n’en ai pas trouvé, je parlerai par conséquent du dispositif humain : la conscience est le dispositif humain dont le vivant a doté une espèce d’un type particulier pour lui permettre d’assurer sa survie et d’atteindre sa ou ses destinations. Je développerai cette thèse et vous verrez que le mot de conscience n’émerge que comme utile voire indispensable que dans deux ou trois occurrences extrêmement précises pour tout le reste, on peut complètement s’en passer.


Pour soutenir cette thèse, il faut répondre à trois questions : quelle conception de la nature humaine est retenue dans ce cadre ? Notre espèce est définie par le fait que sa nature est un ensemble de virtualité que l’on peut considérer comme génétiquement déterminé, des virtualités dont les actualisations sont culturelles. Une illustration commode de cette position peut être trouvée dans la distinction entre langage et langue. Nous sommes manifestement programmé pour le langage, mais par pour parler telle langue. Nous sommes programmés pour parler mais pas pour parler français. Le seul moyen d’apprendre à(...)


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