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Castor et loutre : deux espèces semi-aquatiques à observer en bords de Loire

Avec Emannuelle Sarat, ingénieur à l’ONCFS en charge de la coordination du réseau mammifère du bassin de la Loire
Longtemps chassés pour leur fourrure et leur chair, la loutre et le castor sont depuis de nombreuses années deux espèces semi-aquatiques protégées. Si le castor a bien colonisé à nouveau la Loire et ses versants, la loutre refait une apparition plus discrète. Emmanuelle Sarat, ingénieur à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage revient sur la politique de conservation mise en œuvre par l’État et sur les études actuellement menées sur ces deux espèces semi-aquatiques.


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Référence : ecl793
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/ecl793.mp3
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Date de mise en ligne : 10 février 2013

Chassé pour sa chair dès le Moyen Âge puis pour sa fourrure et son castoréum au XIXe siècle [1] pour ses propriétés pharmaceutiques, le castor a été protégé dès 1909, devenant ainsi le premier animal en France à bénéficier d’une mesure de sauvegarde. Mais il faut attendre les années 1960 pour réintroduire des familles dans le bassin de la Loire.
Aujourd’hui, le castor a repris du poil de la bête... ! Ses huttes et terriers refont surface sur toute la Loire et ses affluents, abritant à chaque fois de quatre à six individus. Ce rongeur qui peut mesurer jusqu’à 1,20 mètre et peser 30kg sectionne les bois tendres à proximité de son habitat. Les « coupes sauvages » réalisées par l’animal pourraient laisser supposer une dégradation du milieu. Il n’en est rien. Les arbres bourgeonnent à nouveau, s’épanouissent et les espaces ainsi éclaircis font apparaître une végétation nouvelle. Quant aux inondations de prairies provoquées par les barrages, des solutions sont actuellement à l’étude pour laisser l’eau s’écouler par des systèmes de siphon. Mais il semble que le castor ait une dent contre ce procédé et rebouche le tout par des branchages ! Il faut dire que ces retenues d’eau lui permettent de se déplacer plus facilement en toute sécurité. Les ingénieurs doivent donc rivaliser d’ingéniosité pour trouver une solution qui contente à la fois l’homme et l’animal.

Considéré comme un poisson au Moyen-âge, le castor était consommé le vendredi.
Considéré comme un poisson au Moyen-âge, le castor était consommé le vendredi.
Castor d’Europe. © S. Richier

Le ragondin, un cousin éloigné

Peut-être avez-vous déjà observé un autre rongeur proche des cours d’eau qui ressemble à s’y méprendre au castor... Il s’agit du ragondin. Importé d’Amérique du sud pour le commerce de la fourrure, il s’est échappé des élevages et a rapidement colonisé le milieu. Aujourd’hui considéré comme nuisible, le ragondin est une espèce chassable. Il est donc important de ne pas faire la confusion entre les deux espèces ! « La première distinction est bien sûr la queue dont la forme est radicalement différente. Ensuite, seule la tête du castor est hors de l’eau à la différence du ragondin dont on peut voir à la surface la tête et le dos » précise notre invitée Emmanuelle Sarat.

Le ragondin peut être confondu avec le castor.
Le ragondin peut être confondu avec le castor.

La loutre : une discrète

Autre animal étudié par la scientifique : la loutre. Bien qu’elle ait fait l’objet d’une interdiction de chasse en 1972, les pièges à mâchoire la concernant n’ont été interdits qu’en 1994. Sa fourrure était en effet très recherchée et permettait à certains d’arrondir sérieusement leurs fins de mois.
Plusieurs tentatives de réintroductions on été réalisés dans la Moselle, hélas sans succès. La loutre a donc peu à peu refait son apparition dans le bassin de la Loire par les simples mesures d’interdiction de chasse.

Le réseau « Mammifères du bassin de la Loire » est coordonné par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature.
Le réseau « Mammifères du bassin de la Loire » est coordonné par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature.
© S. Richier

Solitaire, parcourant de grandes distances chaque jour, elle dort très rarement dans le même gîte plusieurs jours d’affilée. Et contrairement à une croyance populaire, observer une loutre dans un cours d’eau ne signifie pas que les eaux soient de bonne qualité. « Cela signifie d’abord et surtout qu’il y a du poisson ! » s’amuse Emmanuelle Sarat.

La loutre recolonise peu à peu le bassin de la Loire, mais son retour reste plus discret que celui du castor.
La loutre recolonise peu à peu le bassin de la Loire, mais son retour reste plus discret que celui du castor.
Loutre d’Europe.© S. Richier, Centre Loutre Hunawhir

Aujourd’hui, notre invitée travaille non seulement à l’étude de la loutre et du castor mais également à l’étude des vertébrés exotiques envahissants sur le bassin de la Loire. Parmi eux, on compte le ragondin et le rat musqué, mais aussi le raton laveur, l’Ibis sacré qui a colonisé le golfe du Morbihan ou encore le Wallaby que l’on croise désormais dans la forêt de Rambouillet !

Emmanuelle Sarat lors d'une formation "mammifères du bassin de la Loire", organisé par l'ONCFS.
Emmanuelle Sarat lors d’une formation "mammifères du bassin de la Loire", organisé par l’ONCFS.
© A. Ulmer

Poursuivez par l’écoute de cette émission en compagnie d’Emmanuelle Sarat, ingénieur à l’ONCFS en charge de la coordination du réseau mammifère du bassin de la Loire.



- Cette émission est coproduite par Canal Académie et l’ONCFS à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Etablissement public.


En savoir plus :

- Visitez le site de l’ONCFS
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[1] Le castoréum est une sécrétion permettant au castor de marquer son territoire et d’imperméabiliser son pelage.






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