Le Théâtre du Châtelet : une tradition de l’audace

avec Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre du Châtelet
Avec Marianne Durand-Lacaze
journaliste

Jean-Luc Choplin présente le Théâtre du Châtelet, une institution dans le monde du théâtre, de la musique et de la danse qui ose l’alliance de l’éclectisme et de l’originalité pour le plus grand plaisir du public. Au carrefour des arts : entretien avec Jean-Luc Choplin à la tête du Théâtre du Châtelet, partenaire de Canal Académie.

Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : foc505
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Jean-Luc Choplin, directeur du Théâtre du Châtelet, 9 octobre 2008
© Canal Académie

On pourrait croire de prime abord, qu'il n'y a pas de lien entre le Théâtre du Châtelet et les Académies de l'Institut de France. Pourtant quelques artistes, écrivains, peintres, musiciens ont traversé la Seine sur la passerelle du Pont des arts pour relier l'une ou l'autre de ces deux institutions. Les noms de Jean Cocteau de l'Académie française, de Marcel Landowski, de Gérard Garouste, d'André Messager, de l'Académie des beaux-arts, sont liés à l'histoire de ce théâtre, véritable lieu de mémoire de la création musicale et chorégraphique.


Les Ballets russes sont revenus au Châtelet en 1917 avec Parade, sur un thème de Jean Cocteau et une musique d'Erik Satie, dans des décors et costumes de Pablo Picasso et une chorégraphie de Léonide Massine.


En septembre 1989, dans le cadre des commandes publiques de la Ville de Paris, l'ancien rideau de scène est remplacé par une création du peintre Gérard Garouste de l'Académie des beaux-arts.


Le compositeur Marcel Landowski, secrétaire perpétuel de l'Académie des beaux-arts en 1986 puis chancelier de l’Institut de France en 1994, fut président du Théâtre musical de Paris-Châtelet (1979-1991).


L'originalité du Théâtre du Châtelet, la qualité au service de l'audace


Depuis 1862, le Théâtre du Châtelet propose au public des créations sophistiquées. Au début du XXe siècle, il accueillait aussi bien la première saison russe en 1913 avec la venue de Diagilev ou Nijinski, comme le musical de Broadway, et plus tard, les opérettes de l'après-guerre de Francis Lopez, données jusque dans les années soixante-dix. Puis à partir de 1975, le Théâtre renoue avec la combinaison des créations sophistiquées, ouvertes sur le monde et le théâtre à grand spectacle, populaire. Jean-Luc Choplin, son actuel directeur, cherche à faire tomber les frontières entre les genres musicaux sur la scène du Châtelet. Il a proposé ainsi au cinéaste David Cronenberg, de monter un véritable opéra, en juillet dernier, composé par Howard Shore, à partir de l'un de ses films devenu culte, The Fly. Le cinéma, la vidéo, le rock s'introduisent dans le domaine des spectacles lyriques proposés par le Théâtre du Châtelet.


Jean-Luc Choplin a programmé pour 2008/2009, Welcome to the Voice, l'exemple même d'une proposition rare, d'une création scénique très singulière. L'opéra de Steve Nieve sur un livret de Muriel Teodori avec Sting, Elvis Costello, Sylvia Schwartz, Anna Gaber, Marie-Ange Todorovitch, Sonya Yoncheva, Joe Sumner, est emblématique de la programmation de Jean-Luc Choplin : l'intelligence du sujet et la réunion de voix mythiques du rock et de jeunes voix lyriques. En attendant le début des représentations à partir du 20 novembre 2008, Welcome to the Voice est une surprise attendue. Depuis quelques années, le compositeur et la librettiste travaillent avec Sting sur cet opéra. C'est l'histoire d'amour "utopique" d'un ouvrier qui tombe amoureux d'une voix lyrique, d'une voix humaine et de celle qui l'incarne. Y-a-t-il une manière d'être heureux? Telle est la question que Steve Nieve et Muriel Teodori ont voulu partager avec le public à travers cette création scénique. Pour le Théâtre du Châtelet, les artistes préparent une nouvelle partition de cet opéra qu'on connaît essentiellement, pour l'instant, par le disque Deutsche Grammophon. En 2000, Muriel Teodori avait mis en scène une lecture de l'opéra au Town Hall de New-York.





- Jean-Luc Choplin a dirigé et développé les fêtes musicales de la Sainte Baume, de 1976 à 1980. Il a offert à des artistes d'horizons différents de travailler ensemble, de confronter leurs regards et de créer des œuvres originales. Pour lui, comme pour les artistes John Cage, Henri Pousseur, Trisha Brown, Yvonne Rainier, Heiner Muller et Robert Wilson, le cadre extraordinaire du monastère de la Sainte Baume fut pendant pendant quelques années, un laboratoire interdisciplinaire. Est-ce là qu'il a acquis un goût sûr et prononcé pour le mélange des genres ?


Après un bref passage aux côtés de l'Orchestre Philharmonique de Lorraine, il se fixe dans le sud de la France. De la musique au ballet, il n'y a qu'un pas, de deux, évidemment, qu'il exécute en transformant le Ballet Roland Petit en Ballet National, à Marseille. Parallèlement, il dirige la politique culturelle du Conseil régional de la région Provence-Côte d'Azur sous l'autorité de Michel Pezet. Il permet la création de plusieurs institutions de formation professionnelle dans les domaines du lyrique et de la danse.


En 1984, il rejoint l'Opéra de Paris en tant qu'administrateur général de la danse. En 1989, il intègre Dysneyland-Paris et en 1995, le CEO de la Walt Disney Company à Los Angeles pour développer des projets artistiques.


De retour à Paris, à la demande de Noëlle Meyer, il devient consultant artistique pour le groupe Galeries Lafayette.
Après un détour de deux ans dans la capitale londonienne au service de la Salder's Wells, une des plus anciennes institutions britanniques, il est nommé directeur général du Théâtre du Châtelet en janvier 2004 où il exerce ses talents de découvreur et de re-découvreur d'œuvres rares et originales.


Pour en savoir plus

- Théâtre du Châtelet

Écoutez nos émissions concernant le Théâtre du Châtelet :
- Laurent Alvaro et The Fly Opera
- The Fly et Jean-Antoine Lepesant
- Jean-Christophe Spinosi et Véronique

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