François-Bernard Mâche et la violence du clavecin

Quand le clavecin souligne un chant d’oiseau, évoque le crépitement du feu, accompagne le grognement du cochon
Avec Priscille Lafitte
journaliste

Le compositeur et membre de l’Académie des beaux-arts, François-Bernard Mâche, a écrit sept oeuvres pour le clavecin. Il s’est approprié les sonorités de cet instrument à la lourde charge héréditaire, et les a intégrées dans son esthétique naturaliste.

Émission proposée par : Priscille Lafitte
Référence : carr219
Télécharger l’émission (50.8 Mo)

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Quand François-Bernard Mâche intègre le clavecin dans son esthétique naturaliste -en accompagnement d'un chant d'oiseau, du crépitement du feu ou du grognement d'un cochon... Dans cette émission, le compositeur explique son choix du clavecin moderne dont il chérit particulièrement les sonorités violentes et percutantes.



A propos de François-Bernard Mâche :
Compositeur, membre de l'Académie des beaux-arts, François-Bernard Mâche est également écrivain, hélléniste, ancien élève de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm dans la section Lettres.
Porté par la mythologie grecque, les structures linguistiques, les cultures musicales lointaines, François-Bernard Mâche s’est emparé de sons bruts enregistrés, devenant le chef de file d'une esthétique dite « naturaliste ».

Œuvres diffusées et commentées une à une :
- Korwar, pour clavecin moderne (16 pieds) et bande magnétique, 1972;
- Solstice, pour clavecin moderne (avec 16 pieds) et orgue positif (ou bande magnétique) 1975;
- Anaphores, pour clavecin moderne et percussion, 1981;
- Gunter Madu, pour clavecin moderne, 1990;
- Braises, concerto pour clavecin amplifié et orchestre, 1994;
- Ziggurat, pour clavecin moderne (inédit);
- Terza Prattica, œuvre d'après Monteverdi, 2003 (inédit).

Interprètes : Elisabeth Chojnacka, et pour Braises: l'orchestre philarmonique de Radio-France, direction Pascal Rophé.

Au début de l'émission:
- Manuel de Falla, Concerto pour clavecin et cinq instruments, Lento, 1926. Orchestre de Cambra Teatre Lliure, dir. Josep Pons. Llius Vidal, clavecin.


Elisabeth Chojnacka
photo IMG



«Notre génération assiste à la résurrection du clavecin. Depuis cent cinquante années, l'instrument avait été relégué au musée ou dans certains intérieurs dont il enrichissait les pièces de réception : objet de curiosité dont on ouvrait le couvercle pour offrir aux regards des visiteurs le paysage ou la scène mythologique qu'un peintre y avait autrefois fixé. Il a suffi d'une esthétique nouvelle, d'une transformation du goût, il a suffi de quelques artistes de génie pour animer depuis vingt-cinq ans ces tables, ces ivoires jaunis, ces fils de laiton, ces becs de plume. Le clavecin reprend sa place à l'orchestre de chambre, il autorise à nouveau un continuo, il tient encore rang de soliste. Non loin du piano auquel il avait jadis cédé la place, il fait figure d'instrument d'harmonie, personnel, complet. Dans la suite il a son mot à dire; dans un concerto, il lutte avec nos modernes instruments d'orchestre. Enfin, nos contemporains n'hésitent pas à lui confier telle de leur composition dont l'ambiance serait, au piano des romantiques, déplacée.» Norbert DUFOURCQ, Le clavecin, PUF, 1981.


Partition de "Korwar"
Editions Musicales Durand

Site Internet:
- Retrouvez la biographie complète de François-Bernard Mâche sur le site de l'Académie des beaux-arts
- Découvrez la discographie complète d'Elisabeth Chojnacka

Les autres émissions de Canal Académie:
- Ecoutez François-Bernard Mâche parler du Trousseau d'Harmonie, sous la coupole de l'Institut de France, le 26 octobre 2004, en cliquant ici .

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