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“L'Islam et le pouvoir”

“L’Islam et le pouvoir”

Par Rémi Brague, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Après avoir rappelé qu’en arabe quinze termes désignent le pouvoir avec un éventail de sens allant de la capacité d’agir jusqu’à l’influence, l’autorité judiciaire, la domination, l’auteur a toutefois souli-gné qu’une formule rituelle résume la conception islamique du pouvoir : « Il n’est de force et de puissance qu’en Dieu ». L’important est le contexte : si la formule connote l’échec des hommes à maîtriser les événements, elle est ambiguë, car elle signifie tout à la fois « en Dieu » et « par le moyen de Dieu ». Tout le problème est là : comment peut-il y avoir dans le monde créé par Dieu un autre pouvoir que celui de Dieu ? Et au cas où il existerait, comment s’articule-t-il avec le pouvoir de Dieu ?

mardi 17 mars 2020

“Peut-il y avoir encore un pouvoir souverain ?”

“Peut-il y avoir encore un pouvoir souverain ?”

Communication de M. Olivier Beaud, professeur à l’Université Paris II Panthéon-Assas à l’Académie des sciences morales et politiques
Toute une littérature juridique actuelle nous invite à penser un État post-moderne, un néo-constitutionnalisme mondial mais Olivier Beaud estime, à l’instar de son confrère britannique Martin Loughlin, que la figure de l’État n’est ni périmée ni moribonde et que la théorie de État reste pour l’instant sans alternative, n’ayant perdu ni son objet, ni son territoire. Certes, le pouvoir souverain évolue en droit et en fait. En droit, il n’est plus imperméable : l’État accepte de voir son pouvoir limité au profit d’une autorité européenne ou internationale. Il est plus menacé par les faits : l’État est-il encore capable de transcender les forces économiques et sociales qui le menaceraient dans sa souveraineté ? Une logique de réseaux supplanterait donc une logique de territoires. Toutefois, pour Olivier Beaud, tant que le pouvoir souverain n’est pas menacé en droit, seul son non-usage pourrait comporter le risque de conduire à son abandon. Mais ceci relève de la politique.

mardi 3 mars 2020

<i>La Russie et la France</i> : quatre siècles de rendez-vous manqués

La Russie et la France : quatre siècles de rendez-vous manqués

Entretien avec Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française
Les relations entre la France et la Russie sont aujourd’hui empreintes d’incompréhensions et de tensions que l’on explique volontiers, côté français, par la personnalité de Vladimir Poutine. Et si les difficultés et les malentendus étaient plus anciens ? Et s’ils trouvaient leur source dans l’histoire ? Brossés avec brio par Hélène Carrère d’Encausse, les quatre siècles de relations entretenues par la Russie et la France de Pierre le Grand à Lénine ressemblent en effet à une suite de rendez-vous manqués qu’il convient d’analyser pour mieux se comprendre et nouer, enfin, une relation apaisée avec ce grand pays des confins de l’Europe.

mardi 25 février 2020

“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

Communication de M. Olivier Dard, directeur d’études à l’EHESS
Dans son allocution, l’auteur a présenté les principales idées contenues dans trois ouvrages majeurs de Bertrand de Jouvenel. D’abord Du Pouvoir dans lequel, s’inquiétant de la dérive possiblement despotique de la “souveraineté illimitée de la loi”, Jouvenel propose notamment d’imposer une véritable suprématie du droit, à l’image du rôle joué aux États-Unis par la Cour Suprême et de retrouver le sens de la liberté, assimilée à la dignité de la personne. Ensuite De la souveraineté et Du Principat où il poursuit sa critique des formes modernes d’organisation politique, trop dépourvues selon lui de contre-pouvoirs et de corps intermédiaires stables.

mercredi 5 février 2020

“Le déclin de la légitimité politique”

“Le déclin de la légitimité politique”

Communication de Pierre Manent, directeur d’études à l’EHESSS
L’orateur diagnostique le malaise qui affecte les vieilles démocraties qui ont été les fondatrices et les modèles du régime politique moderne, en Europe comme aux Etats-Unis. Il constate une division sociale et morale d’ampleur entre une classe instruite, souvent en anglais, qui participe au mouvement du monde et affiche une indépendance vis-à-vis de la nation, considérant tout lieu comme l’opportunité d’y exercer ses compétences ; et des couches sociales peu ou mal formées, pour lesquelles le mouvement du monde recèle des menaces, attachées à des formes de vie commune et souhaitant travailler au plus près du lieu où elles ont leurs habitudes de vie. Ces deux ensembles ont perdu leur capacité et leur désir de communiquer, ayant perdu le sentiment d’une chose commune à partager. Seule la conscience de classe prévaut, au mépris tranquille des uns répondant le ressentiment des autres.

lundi 20 janvier 2020

“Le concept de pouvoir”

“Le concept de pouvoir”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur souligne que le pouvoir est présent dans toutes les aventures humaines, du couple aux sphères du pouvoir politique. Toute relation de pouvoir combine quatre moments : une volonté équipée d’un argument, l’obéissance, la désobéissance, la sanction. Dès lors, il s’agit de comprendre les ressorts de l’obéissance. Ils sont au nombre de trois : il y a la peur, qui instaure une relation de pouvoir de l’ordre de la puissance, la fascination qui établit une relation de pouvoir fondée sur l’autorité et, enfin, le calcul qui induit un troisième mode de pouvoir : celui de la direction. Le pouvoir est donc un espace à trois dimensions : puissance, autorité, direction. A partir de cette définition, on peut identifier trois régimes politiques : le régime autocratique fondé sur une relation de puissance, la hiérocratie fondée sur l’autorité et la démocratie fondée sur la direction.

lundi 13 janvier 2020

« <i>Sapere aude</i> ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

« Sapere aude ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

Communication de Philippe Hayez, ancien directeur adjoint de la Direction Générale de la DGSE, professeur à Sciences Po.
Après avoir rappelé que par la loi du 24 juillet 2015, le législateur a reconnu une “politique publique de renseignement” l’orateur a examiné successivement trois questions permettant de démontrer que celle-ci peut être “tout autant un art qu’une science politique”. Pourquoi renseigner ? Comment renseigner en démocratie ? A quelles conditions peut-on continuer de s’appuyer sur le renseignement ? De la sorte, il exprime une conviction : instrument nécessaire à la survie des démocraties, le renseignement reste un outil corrosif voire dangereux auquel il faut accorder une attention exigeante, sans répulsion ni fascination.

lundi 6 janvier 2020

“L'Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

“L’Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

Communication de Georges-Henri Soutou devant l’Académie des sciences morales et poli-tiques
Pour l’orateur, l’Allemagne qui a été un extraordinaire laboratoire politico-idéologique depuis le XIXe siècle est sans doute en train de le redevenir. En effet, depuis les années 1990, l’Allemagne réunifiée paraissait être devenue un modèle de démocratie libérale apaisée, ouverte sur les évolutions de la société et le monde, faisant de l’économie sociale de marché un modèle envié par toute l’Europe. Toutefois, depuis la crise de 2008 et ses conséquences, ce modèle est remis en cause et la vie politique du pays est devenue imprévisible, telle un corps en surfusion qui attend une nouvelle cristallisation réorganisatrice.

mardi 17 décembre 2019

“ Les interventions militaires de la France sont-elles encore utiles et efficaces ?”

“ Les interventions militaires de la France sont-elles encore utiles et efficaces ?”

Communication du général Henri Bentegeat , ancien chef d’état-major des armées, devant l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur part du constat que, pour une série de raisons de diverses natures, l’interventionnisme déployé depuis 25 ans par notre pays est aujourd’hui jugé risqué et coûteux pour des résultats incertains. C’est la question de l’efficacité voire de l’utilité et de l’acceptabilité de nos engagements qui est posée. Y répondre est une impérieuse nécessité car, comme l’avait bien perçu Clausewitz, lorsqu’une nation est confrontée à la guerre, une communion parfaite entre le Prince, le Chef militaire et le Peuple s’impose.

mardi 10 décembre 2019

“La France, puissance polaire”

“La France, puissance polaire”

Communication de M Hervé Gaymard, ancien ministre, président du conseil départemental de Savoie, devant l’Académie des sciences morales et politiques
Dans cette intervention, l’orateur éclaire les enjeux et dresse les lignes de force de ce que pourrait être une politique polaire de la France, appelée à assumer son rôle de puissance polaire lors de sa présidence de la Réunion des Parties consultatives sur le Traité sur l’Antarctique (RCTA) en juin 2021. Il estime indispensable que la France se dote d’un Livre Blanc clarifiant ses positions et qu’elle décline une politique ambitieuse de recherche polaire car “les questions polaires constituent donc une partie intégrante d’une politique globale de la France”.

lundi 2 décembre 2019

“La France et les Nations Unies : une histoire critique”

“La France et les Nations Unies : une histoire critique”

Communication Alain Dejammet, Ambassadeur de France devant l’Académie des sciences morales et politiques
L’ancien ambassadeur de France aux Nations Unies souligne la distance qui existe entre la légende dorée et la réalité des relations entre la France et les Nations Unies. Cette légende serait due à la fortune actuelle du multilatéralisme dont la France serait la championne et au fait que l’ONU en serait le théâtre désigné, ce qui consacrerait l’idée d’un couple franco-onusien. Or, selon lui, la réalité est plus complexe…

lundi 25 novembre 2019

La science au secours de la démocratie

La science au secours de la démocratie

Entretien avec Philippe Kourilsky, membre de l’Académie des sciences
Vingt ans après la chute du mur de Berlin, alors interprété comme le triomphe du modèle démocratique occidental, celui-ci apparaît frappé par une profonde crise de sens et de confiance dont témoigne, parmi d’autres symptômes, l’essor de régimes politiques plus ou moins autoritaires au sein des nouvelles puissances émergentes. Faisant le constat de ce périlleux désenchantement, le biologiste Philippe Kourilsky ne s’y résigne pas. Se définissant comme “scientifique et démocrate”, il propose, dans son dernier ouvrage (De la science et de la démocratie, Editions Odile Jacob, 2019) de mobiliser la méthode et les concepts scientifiques contemporains, comme la robustesse et la complexité, au service d’une profonde régénération de nos démocraties. Au-delà des solutions innovantes proposées, c’est un débat qu’il a ainsi le courage de lancer.

lundi 25 novembre 2019

<i>Les Aventuriers du pouvoir</i> : un regard d'écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Les Aventuriers du pouvoir : un regard d’écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Entretien avec Jean-Marie Rouart, de l’Académie française
Et si nos hommes politiques constituaient une matière romanesque de première qualité ? C’est ce que l’on est conduit à penser à la lecture du recueil dans lequel les éditions Robert Laffont ont réuni quelques-uns des ouvrages consacrés par Jean-Marie Rouart aux “aventuriers du pouvoir”. Outre ses anciennes biographies de Napoléon, Mornis et Berny, ce volume comprend une série inédite de “portraits acides” de figures marquantes de la Ve République : de Gaulle, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Macron et bien d’autres aux ambitions plus modestes ou contrariées. Sous la plume, souvent féroce, mais toujours élégante, de Jean-Marie Rouart, tous prennent chair et deviennent de nouveaux personnages, hauts en couleurs, de notre roman national. A travers ces portraits, Jean-Marie Rouart brosse, par petites touches, un portrait psychologique de la France contemporaine ainsi qu’une fresque un brin mélancolique d’un demi-siècle de vie politique.

mardi 19 novembre 2019

“L'acte II d'Emmanuel Macron”

“L’acte II d’Emmanuel Macron”

Allocution d’Alain Duhamel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Le politologue et journaliste s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 14 octobre 2019

“La Russie et l'Europe”

“La Russie et l’Europe”

Allocution de Mme Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française.
L’historienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire russe et soviétique s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 7 octobre 2019

Les mutations romaines de la <i>res publica</i>

Les mutations romaines de la res publica

Entretien avec Claudia Moatti, lauréate du Prix Millepierres pour son “histoire romaine de la chose publique”
Chacun le sait : le nom même de notre République fait référence à la res publica romaine. Mais comment interpréter cette référence insistante à une société pourtant foncièrement inégalitaire et pétrie d’idéaux aristocratiques ? Pour répondre à cette question Claudia Moatti, professeur à l’université Paris 8, a réalisé une minutieuse enquête sur la façon dont les romains eux-mêmes envisageaient la chose publique : Res publica. Histoire romaine de la chose publique (Éditions Fayard, 2019). Cet ouvrage distingué par le Prix Millepierres décerné par l’Académie française, met l’accent sur le caractère évolutif d’une notion qui, dès l’origine, subit de nombreuses inflexions au gré des enjeux et des rapports de forces politiques. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Claudia Moatti explique ainsi qu’après avoir été envisagée comme la somme dynamique des interactions entre citoyens, la res publica est progressivement devenue, à l’aube de l’avènement de l’Empire, une référence transcendante mobilisée pour disqualifier tout désaccord. Nul doute que cet ouvrage confirme combien le détour par l’antique continue d’éclairer les enjeux politiques et institutionnels qui sont ceux de notre propre République.

lundi 7 octobre 2019

“La politique européenne de la France et le Brexit -2017-2019”

“La politique européenne de la France et le Brexit -2017-2019”

Par Pauline Schnapper, professeur à l’Université Sorbonne nouvelle - Paris III
L’oratrice a notamment a notamment souligné que si Londres espérait s’appuyer sur des relations bilatérales privilégiées avec Paris pour négocier des conditions de retrait favorables, cet espoir s’est révélé vain au fil des mois, déjoué par un front uni des 27 qui s’est révélé plus solide que prévu et par l’affermissement de la position française. En effet, face à l’enlisement de la situation politique à Londres, la France est progressivement passée d’une position plutôt conciliante à une position ferme visant à régler le plus vite possible le Brexit, quitte à se résoudre à une sortie sans accord.

lundi 30 septembre 2019

“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
S’inspirant de “l’avis au roi” du cardinal de Richelieu (1629), dans lequel celui-ci développait le programme de politique le plus à même de briser la domination de la maison d’Autriche sur l’Europe, Jean Baechler a distingué entre des stratégies imposées par les contraintes d’un système de jeu extérieur, qui relèvent d’une véritable approche en termes de “relations internationales”, et d’autres définies sous la pression de facteurs internes, qui composent une simple “politique extérieure”. Les premières sont accordées à la logique et à la rationalité du système de jeu, pas les secondes. Elles alternent au cours de l’histoire de France, même si de manière générale les systèmes de jeu successifs dans lesquels le pays s’est retrouvé engagé lui ont dicté des choix rationnels.

lundi 15 juillet 2019

<i>“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”</i>

“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”

Communication de Massimo De Leonardis, professeur à l’Université du Sacré-Cœur de Milan.
Après avoir brossé une vaste fresque des relations, souvent tumultueuses, entretenues par la France et l’Italie depuis la création du Royaume d’Italie en 1861, l’orateur s’est interrogé sur les frictions actuelles. Selon lui, la clé des relations franco-italiennes est avant tout culturelle. En effet, tandis que l’Italie s’accepte comme une “puissance moyenne”, aux ambitions surtout régionales, la France continue de se voir en “puissance européenne au rayonnement global”, bien qu’en ayant de moins en moins les moyens. Il résulte de ce décalage, côté français, un certain sentiment de supériorité, ressenti comme tel de l’autre côté des Alpes, où l’on soupçonne volontiers l’arrogant voisin gallican d’utiliser le projet européen à des fins intéressées. Mais c’est aussi dans la culture que peut se réaliser le dépassement de ces stéréotypes. Ainsi l’orateur a-t-il annoncé qu’était envisagée la renaissance d’un Comité franco-italien de études historiques, qui pourrait, en ce domaine, faire œuvre utile.

lundi 8 juillet 2019

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

Communication de John Rogister, professeur émérite de l’université de Durham, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur a brossé une large fresque des relations franco-britannique de “l’Entente cordiale” de 1904 à nos jours, où, sur fond de Brexit, elles sont fort tributaires des sentiments partagés des Britanniques à l’égard de l’Union européenne. A ce sujet, John Rogister a souligné que la ratification du traité de Lisbonne, malgré le rejet par les électeurs français et néerlandais du traité constitutionnel, a été regardée comme une illustration du “déficit démocratique” de l’Union européenne, de la part d’un peuple attaché par ailleurs à ses traditions parlementaires. D’où une situation paradoxale : alors que les liens entre la Grande-Bretagne et le continent, singulièrement la France, se sont intensifiés depuis quatre décennies, l’opinion britannique est divisée entre l’affirmation de sa liberté et l’appartenance à un espace auquel son intégration, sur bien des points, ne fait aucun doute.

lundi 24 juin 2019

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