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Histoire et légendes de Bouvines

Histoire et légendes de Bouvines

Entretien avec Dominique Barthélemy, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
La bataille de Bouvines, remportée le 27 juillet 1214 par le roi Philippe Auguste sur un empereur allemand, un comte de Flandre et d’autres coalisés financés par l’Angleterre est sans conteste l’un des actes fondateurs de la dynastie capétienne et l’un des épisodes les plus célèbres du “roman national” français. Du XIIIe siècle jusqu’à nos jours, elle a été l’objet de multiples légendes que l’historien médiéviste Dominique Barthélemy confronte à la réalité des faits. À l’issue d’une enquête fouillée (La bataille de Bouvines. Histoire et légendes, Éditions Perrin, 2018), il décrit un affronte-ment certainement plus modeste et moins épique que celui construit et enrichi au gré des nécessi-tés politiques. Mais de la sorte, il clôt moins un dossier qu’il ne nous invite à poursuivre la réflexion sur l’idée que les Français se font d’eux-mêmes.

lundi 25 février 2019

Adolphe Godin de Lepinay, “l'homme oublié du Canal de Panama”

Adolphe Godin de Lepinay, “l’homme oublié du Canal de Panama”

Entretien avec Bernard Meunier, membre de l’Académie des sciences
Dans la mémoire française, le canal de Panama reste associé à un gigantesque ratage et surtout à un scandale politico-financier qui ruina les épargnants français et faillit même emporter la IIIe République. Or, comme le révèle Bernard Meunier, membre de l’Académie des sciences, cet immense gâchis aurait pu être évité si, dès le démarrage du chantier, les promoteurs du projet avaient retenu la solution technique du barrage à écluses qu’adopteront finalement les Américains et qui avait été proposée dès le début par un ingénieur français aussi discret que brillant : Adolphe Godin de Lepinay. En retraçant le parcours professionnel de celui-ci, l’auteur ne rend pas seulement justice à “l’homme oublié du Canal de Panama” (CNRS Éditions, 2018), il ressuscite tout une époque, portant son regard sur “la France de la seconde moitié du XIXe siècle, celle du développement des chemins de fer, des infrastructures, de l’industrie, de la période encore heureuse de l’expansion européenne, avant que ce continent ne sombre dans la folie des deux guerres mondiales”.

mercredi 9 janvier 2019

Charlène Selva, lauréate du prix Paul-Bertrand, G. Deflandre et M. Deflandre-Rigaud, Jean Cuvillier décerné par l'Académie des sciences : parcours d'une jeune chercheuse en biologie animale

Charlène Selva, lauréate du prix Paul-Bertrand, G. Deflandre et M. Deflandre-Rigaud, Jean Cuvillier décerné par l’Académie des sciences : parcours d’une jeune chercheuse en biologie animale

Issue d’une formation en paléontologie, Charlène Selva a réalisé une thèse au Museum national d’histoire naturelle destinée à mieux comprendre la morphologie et la fonction du système vestibulaire de l’oreille interne des mammifères souterrains. Partageant sa passion pour le monde inattendu de ces petits animaux, elle relate les aspects variés d’une première recherche, entre contacts humains et recherche de financement, séjour au synchrotron de Grenoble et collaborations internationales.

jeudi 20 décembre 2018

Rome des origines à la mort d'Auguste

Rome des origines à la mort d’Auguste

Entretien avec Alexandre Grandazzi, lauréat 2017 du Prix Chateaubriand
Professeur de littérature latine et civilisation romaine à l’université Paris-Sorbonne, Alexandre Grandazzi est l’auteur de Urbs (Perrin), une somme magistrale sur l’histoire de Rome, des origines à la mort de l’empereur Auguste. Évacuant implacablement les origines mythologiques, il explique, de manière bien plus passionnante, comment le site de Rome, mal placé, parsemé de simples cabanes en bois, a pu devenir la Ville par excellence, centre du monde connu durant l’Antiquité. À travers l’épopée d’un peuple entièrement tourné vers la guerre et la conquête, Alexandre Grandazzi retrace, siècle après siècle, victoire après victoire, la construction d’une cité devenue un mémorial de pierre et de marbre, célébrant l’identité romaine, conquérante et assimilatrice. Dans Urbs, nouveau monument à la gloire de Rome, l’auteur réunit la quasi totalité du savoir actuellement disponible sur la Ville éternelle et le met à la portée de l’honnête homme.

jeudi 20 décembre 2018

La révolution abolitionniste

La révolution abolitionniste

Entretien avec l’historien Olivier Grenouilleau, lauréat 2018 du Prix Guizot-Institut de France.
En France, l’histoire de l’abolition de l’esclavage se focalise le plus souvent sur l’action de Victor Schœlcher, grand artisan de la loi de 1848 Or, le sujet ne saurait se réduire à cet épisode, si remarquable soit-il. Il méritait une histoire globale faisant la part des nombreux facteurs philosophiques, spirituels, économiques, politiques, géopolitiques qui ont abouti à l’authentique révolution que représenta, aux XVIIIe et XIXe siècles, l’abolition d’une pratique se confondant jusque-là avec l’histoire de l’humanité. C’est à cette tâche immense que s’est consacré Olivier Grenouilleau, lauréat 2018 du Prix Guizot-Institut de France pour son livre La révolution abolitionniste (Gallimard 2017). Parmi d’autres éclairages remarquables, cet ouvrage permet de comprendre combien ce projet révolutionnaire se conjuguait, chez ses promoteurs, avec un réformisme de l’action.

mercredi 31 octobre 2018

David Attié et Sébastien Procureur, lauréats du prix Yvan Peyches 2018 décerné par l'Académie des sciences, racontent leur participation à l'aventure ScanPyramids

David Attié et Sébastien Procureur, lauréats du prix Yvan Peyches 2018 décerné par l’Académie des sciences, racontent leur participation à l’aventure ScanPyramids

Chercheurs au centre CEA de Saclay, David Attié et Sébastien Procureur ont joué un rôle majeur dans la découverte d’une grande cavité, jusque-là inconnue, au cœur de la pyramide de Kheops. Concepteurs d’un télescope à muons créé à Saclay, ils racontent comment cette technologie basée sur le rayonnement cosmique a été mise au service de la mission internationale ScanPyramids. Le déploiement des détecteurs sur le plateau de Gizeh fut une aventure technologique et humaine aux résultats inespérés.

mercredi 24 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

« Le vin et la gastronomie, quelle histoire ! », par Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques
Animées par François d’Orcival, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018 (2e partie).

mercredi 24 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

« La France et la Russie », par Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française
Animées par François d’Orcival, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018 (2e partie).

mercredi 24 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

- « Histoire et actualité de l’architecture », par Jean-Michel Wilmotte, membre de l’Académie des beaux-arts
Animées par François d’Orcival, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018 (2e partie).

mercredi 24 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

« Subconscience et cerveau » par Yves Agid, membre de l’Académie des sciences.
Rencontres animées par François d’Orcival, (Académie des sciences morales et politiques), organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018.

mercredi 17 octobre 2018

Bertin l'Aîné, combattant de la liberté de la presse

Bertin l’Aîné, combattant de la liberté de la presse

Entretien avec Jean-Paul Clément, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
Immortalisé par le célèbre portrait d’Ingres que l’on peut admirer au Louvre, Bertin l’Aîné est aujourd’hui mal connu après avoir pourtant été l’une des personnalités les plus influentes de la Restauration. Dans la biographie qu’il lui a consacrée, l’historien Jean-Paul Clément rappelle le rôle éminent joué par le fondateur du Journal des débats littéraires et politiques dans l’émergence, en France, d’un quatrième pouvoir. En contant la vie aventureuse de ce patron de presse courageux et opiniâtre qui, entre autres mésaventures, connut la prison sous le Consulat et l’exil sous l’Empire, l’auteur nous invite aussi à redécouvrir l’effervescence politique, intellectuelle et artistique de la première moitié du XIXe siècle français. On y croisera nombre de personnalités de premier plan telles Berlioz et Hugo, sans oublier bien sûr l’ami fidèle que fut, pour Bertin, Chateaubriand.

mercredi 26 septembre 2018

“Populisme et médias, le procès réciproque”

“Populisme et médias, le procès réciproque”

Par Chantal Delsol, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
À la racine de ce divorce, l’académicienne pointe une guerre idéologique doublée d’une lutte des classes, ce qui rend l’affrontement d’autant plus inexpiable. Au progressisme et à l’universalisme des élites, partagés par les médias, une partie des classes populaires oppose son besoin d’enracinement et la conservation des avantages acquis et de ses modes de vie, dans des proportions variables à droite ou à gauche. Ce clivage social, qui draine derrière lui ressentiment et mépris, fausse d’avance tout dialogue, en condamnant les deux camps à l’incompréhension. Il en résulte une situation dangereuse pour la démocratie, menacée dans son esprit, la politique se muant en guerre et l’adversaire en ennemi, si bien que Chantal Delsol, y voit un nouvel épisode de la « guerre civile européenne » que se livrent depuis deux siècles modernes et antimodernes.

mercredi 26 septembre 2018

Comment notre monde a cessé d'être chrétien

Comment notre monde a cessé d’être chrétien

Entretien avec Guillaume Cuchet, lauréat du Prix d’histoire des religions de la Fondation “Les amis de Pierre-Antoine Bernheim”
“Au milieu des années 1960, 94 % de la génération en France étaient baptisés et 25 % allaient à la messe tous les dimanches ; de nos jours, la pratique dominicale tourne autour de 2 % et les baptisés avant l’âge de 7 ans ne sont plus que 30 %.” Pour expliquer cet effondrement soudain, Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil et auteur de Comment notre monde a cessé d’être chrétien. Anatomie d’un effondrement (Le Seuil 2018), ne s’est pas contenté des explications sociologiques habituellement avancées. En se plongeant dans les statistiques rassemblées par le chanoine Boulard, auteur de la célèbre Carte religieuse de la France rurale, il a en effet mis en évidence que “les phénomènes religieux ont aussi des causes religieuses” et qu’en l’espèce - sans préjugé de sa nécessité - la réforme de Vatican II aurait joué un rôle de déclencheur et d’accélérateur de la crise en raison de ses effets très déstabilisant sur le clergé et les fidèles. De la sorte, il renouvelle et relance le débat sur l’un des phénomènes les plus marquants de notre histoire contemporaine.

mercredi 19 septembre 2018

La France, bénéficiaire de la guerre froide ?

La France, bénéficiaire de la guerre froide ?


mercredi 5 septembre 2018

La guerre froide de la France

La guerre froide de la France

Entretien avec l’historien Georges-Henri Soutou, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Dans l’imaginaire collectif, la guerre froide représente une période relativement simple des relations internationales, dans lequel le jeu diplomatique des États était entièrement déterminé par l’appartenance à l’un ou l’autre des deux blocs se faisant face. L’ouvrage que Georges-Henri Soutou a récemment consacré à La guerre froide de la France (Éditions Taillandier, 2018) démontre qu’il n’en est rien. Après avoir dépouillé méthodiquement les archives du Quai d’Orsay et des autres grandes chancelleries, l’historien démontre que, dans ce gigan-tesque affrontement idéologique et politique, la France - comme les autres acteurs - n’a ces-sé de faire valoir une vision spécifique au service de ses intérêts propres tant ceux-ci pou-vaient diverger de ceux des États-Unis ou de la Grande-Bretagne. En analysant ainsi les sub-tilités du positionnement français, l’auteur révèle ainsi combien le monde bipolaire de jadis comportait déjà une part de multipolarité dont notre pays a su habilement tirer parti, au point d’être, estime-t-il, l’un des bénéficiaires de la guerre froide.

mercredi 5 septembre 2018

“L'Église, le Vatican et sa communication”

“L’Église, le Vatican et sa communication”

Communication de Philippe Levillain, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur a commencé son exposé par une évocation de Vatican II (1962-1965), car c’est à cette occasion que, de son point de vue, l’opinion publique s’est introduite à l’intérieur de l’Église catholique, du moins à son sommet. Une évolution qu’il juge regrettable car “à la verticalité du message dont l’Église est censée être le relais, on opposa l’horizontalité de l’instant, du moment, de la vérité brutale des mots. Finalement, à la tentation du perfectus, on substitua le progressus, le renouvellement substantiel permanent”. D’où les efforts importants de la papauté pour adapter sa communication, notamment via la médiatisation accrue des papes qui, depuis Jean-Paul II, ne s’expriment plus seulement à travers les anciens canaux formels mais n’hésitent pas à se livrer aux questions des journalistes et même à mettre en scène leur personnalité et leurs voyages, devenant ainsi des “figures familières d’une opinion mondialisée”.

mercredi 11 juillet 2018

“Comment le djihadisme recrute grâce aux réseaux sociaux”

“Comment le djihadisme recrute grâce aux réseaux sociaux”

Communication de M. Gilles Keppel, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris
Dans son exposé, l’orateur a notamment rappelé qu’à chacune des phases du djihadisme contemporain, avaient correspondu un mode d’expression et des vecteurs de transmission distincts. Dans la première phase, qui commence autour de 1979 avec la révolution iranienne et l’intervention soviétique en Afghanistan, la mobilisation se fait essentiellement par l’écrit. L’apparition au grand jour d’Al-Qaida en 1998 inaugure une seconde phase, qui porte le djihad en dehors du monde musulman. Ses textes de propagande sont désormais diffusés via Internet et c’est à la télévision que sont rendus publics ses “exploits”. Les attentats, soigneusement planifiés, sont l’objet d’une mise en scène spectaculaire : les images du 11 septembre tournent en boucle, de longues semaines, sur les télévisions. À cette date, l’avènement des réseaux sociaux a déjà ouvert la voie à un nouveau type de djihad, dont l’organisation n’est plus hiérarchique mais cherche à susciter de multiples initiatives locales, au cœur même des pays occidentaux. Les auteurs des attentats qui frappent la France depuis 2012 s’inscrivent dans cette logique.

jeudi 5 juillet 2018

Décapitées : une enquête (historique) dans l'Italie de la première renaissance

Décapitées : une enquête (historique) dans l’Italie de la première renaissance

Entretien avec Élisabeth Crouzet-Pavan, correspondante de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
« La première se nommait Agnese Visconti, et elle avait été décapitée en 1391 ; la deuxième, Beatrice di Renda, morte en 1418, la troisième, Parasina Malatesta exécutée, en 1425. Quant à leurs maris, ils comptaient parmi les personnages les plus importants de l’Italie du temps. » Comment expliquer que ces aristocrates de la première Renaissance italienne aient été exécutées par leur mari alors qu’à cette époque l’adultère n’était pas puni de mort ? Pour résoudre cette énigme, Élisabeth Crouzet-Pavan et Jean-Claude Maire Vigueur ont mené l’enquête. Leurs recherches, révélant la dimension politique et symbolique de ces exécutions, jettent un éclairage nouveau sur les tensions institutionnelles, sociales et culturelles qui ont accompagné le passage du Moyen Âge à la Renaissance et sur la condition féminine à cette époque charnière de notre histoire (Décapitées, Éditions Albin Michel, mars 2018).

mercredi 20 juin 2018

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

par Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.
Le plaisir de la lecture se poursuit longtemps lorsqu’il est partagé ! Nous avons donc demandé aux académiciens de présenter, en toute liberté de choix, un livre qui les a marqués, intéressés, enchantés ou même simplement divertis. C’est Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques et président de Canal Académie qui inaugure cette nouvelle rubrique, en présentant Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin. Publié en 1825, cet ouvrage fait l’éloge de la gastronomie (française), cette “science nouvelle […] qui nourrit, restaure, conserve, persuade, console, et, non contente de jeter à pleine main des fleurs sur la carrière de l’individu, contribue encore puissamment à la force et à la prospérité des empires” !

mercredi 20 juin 2018

“Le journal Le Monde, prescripteur d'opinion”

“Le journal Le Monde, prescripteur d’opinion”

Communication de Jean-Marie Colombani, journaliste, directeur du Monde entre 1994 et 2007
A l’issue d’une présentation de l’histoire du Monde et d’une analyse de son statut de “journal de référence”, l’orateur a estimé qu’il n’est pas sûr qu’un magistère comme celui exercé par Le Monde dans le passé soit encore possible à l’heure des chaînes d’information continue et des réseaux sociaux, qui imposent à l’ensemble des médias leur tempo et une dictature de l’émotion. Il est toutefois convaincu que, dans ce contexte, les médias de presse écrite peuvent tirer leur épingle du jeu, en revenant aux règles fondamentales du métier : la mise en perspective, la hiérarchisation des faits et l’approfondissement... sans renoncer, comme dans le cas du Monde, à déranger. Une conviction ainsi résumée : “À défaut d’être prescripteur d’opinion, il lui faut, au moins, être prescripteur de débats.”

mardi 15 mai 2018

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