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L'Europe, le monde et l'histoire

L’Europe, le monde et l’histoire

Entretien avec Serge Gruzinski, lauréat 2019 du Prix Paule Dumesnil, décerné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Le 29 novembre dernier, l’historien Serge Gruzinski a reçu le Prix Paule Dumesnil, décerné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, “pour l’ensemble de son œuvre sur la colonisation en Amérique, et en particulier pour son dernier ouvrage intitulé : La machine à remonter le temps. Quand l’Europe s’est mise à écrire l’histoire du monde” (Editions Fayard, 2017). Dans cet ouvrage, comme dans l’entretien qu’il nous a accordé, il s’appuie sur la colonisation du Mexique par Hernan Cortès pour mener une réflexion plus vaste sur la façon dont l’Europe, entrant dans la modernité, s’est mise à écrire l’histoire du monde. Comme il l’explique, ces événements éclairent singulièrement le défi que représente, pour notre continent, le sentiment de n’être plus le centre de l’histoire mondiale.

mardi 10 décembre 2019

<i>Les Aventuriers du pouvoir</i> : un regard d'écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Les Aventuriers du pouvoir : un regard d’écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Entretien avec Jean-Marie Rouart, de l’Académie française
Et si nos hommes politiques constituaient une matière romanesque de première qualité ? C’est ce que l’on est conduit à penser à la lecture du recueil dans lequel les éditions Robert Laffont ont réuni quelques-uns des ouvrages consacrés par Jean-Marie Rouart aux “aventuriers du pouvoir”. Outre ses anciennes biographies de Napoléon, Mornis et Berny, ce volume comprend une série inédite de “portraits acides” de figures marquantes de la Ve République : de Gaulle, Giscard, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Macron et bien d’autres aux ambitions plus modestes ou contrariées. Sous la plume, souvent féroce, mais toujours élégante, de Jean-Marie Rouart, tous prennent chair et deviennent de nouveaux personnages, hauts en couleurs, de notre roman national. A travers ces portraits, Jean-Marie Rouart brosse, par petites touches, un portrait psychologique de la France contemporaine ainsi qu’une fresque un brin mélancolique d’un demi-siècle de vie politique.

mardi 19 novembre 2019

Le peuple, acteur méconnu de l'histoire

Le peuple, acteur méconnu de l’histoire

Entretien avec Gérard Noiriel, auteur d’Une Histoire populaire de la France
Lauréat 2019 du Prix Eugène Colas, décerné par l’Académie française, pour son Histoire populaire de la France (Éditions Agone, 2018), l’historien Gérard Noiriel explique la perspective selon laquelle il a étudié, tout au long de sa carrière, la façon dont les classes populaires ont contribué, souvent en opposition avec les “grands hommes”, à l’histoire de notre pays. Dans une approche socio-historique dont il donne les clefs, loin de proposer une vision misérabiliste de l’histoire et en se gardant bien de tomber dans l’écueil de la concurrence mémorielle ou victimaire, il propose au contraire de rendre aux membres des classes populaires françaises leur dignité d’acteurs à part entière de notre histoire commune, de la guerre de Cent Ans à nos jours.

lundi 28 octobre 2019

La ville migrante. Marseille-Buenos Aires 1860-1930

La ville migrante. Marseille-Buenos Aires 1860-1930

Par Thibault Bechini, doctorant en histoire, lauréat d’une bourse Zellidja attribuée par l’Académie française
Au tournant des XIXe et XXe siècles, Marseille et Buenos Aires apparaissent comme deux villes qui se ressemblent. Malgré l’éloignement géographique, les contemporains leur trouvent un air de famille. Thibaut Bechini montre que l’installation de nombreux immigrés italiens dans l’une et l’autre joue un rôle majeur dans l’établissement de traits communs. Les techniques de construction, les manières d’habiter, la culture politique et sociale importées de la péninsule forment des caractéristiques partagées qui viennent prendre place dans un cadre plus large, commun lui aussi, celui de l’essor des grandes villes portuaires mondialisées et de leurs périphéries ouvrières.

lundi 21 octobre 2019

“La planète ne va pas si mal !”

“La planète ne va pas si mal !”

Allocution de Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.
Le géographe s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 14 octobre 2019

“Renaissance de Notre-Dame de Paris”

“Renaissance de Notre-Dame de Paris”

Allocutions de Xavier Darcos, de l’Académie française, chancelier de l’Institut de France, et Michel Zink, de l’Académie française et secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
Ces allocutions ont été prononcées à l’occasion de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”

lundi 14 octobre 2019

“La Russie et l'Europe”

“La Russie et l’Europe”

Allocution de Mme Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française.
L’historienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire russe et soviétique s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 7 octobre 2019

“Napoléon et l'Europe”

“Napoléon et l’Europe”

Allocution de Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’historien, spécialiste reconnu de l’Empire, s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 7 octobre 2019

Les mutations romaines de la <i>res publica</i>

Les mutations romaines de la res publica

Entretien avec Claudia Moatti, lauréate du Prix Millepierres pour son “histoire romaine de la chose publique”
Chacun le sait : le nom même de notre République fait référence à la res publica romaine. Mais comment interpréter cette référence insistante à une société pourtant foncièrement inégalitaire et pétrie d’idéaux aristocratiques ? Pour répondre à cette question Claudia Moatti, professeur à l’université Paris 8, a réalisé une minutieuse enquête sur la façon dont les romains eux-mêmes envisageaient la chose publique : Res publica. Histoire romaine de la chose publique (Éditions Fayard, 2019). Cet ouvrage distingué par le Prix Millepierres décerné par l’Académie française, met l’accent sur le caractère évolutif d’une notion qui, dès l’origine, subit de nombreuses inflexions au gré des enjeux et des rapports de forces politiques. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Claudia Moatti explique ainsi qu’après avoir été envisagée comme la somme dynamique des interactions entre citoyens, la res publica est progressivement devenue, à l’aube de l’avènement de l’Empire, une référence transcendante mobilisée pour disqualifier tout désaccord. Nul doute que cet ouvrage confirme combien le détour par l’antique continue d’éclairer les enjeux politiques et institutionnels qui sont ceux de notre propre République.

lundi 7 octobre 2019

Étendre la justice du roi, construire l'État

Étendre la justice du roi, construire l’État

Par Pierre-Anne Forcadet, historien du droit, lauréat la 1ère Médaille de la Commission des Antiquités de la France décernée sur approbation de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Le “siècle de saint Louis” est celui du déploiement nouveau d’une justice royale hiérarchisée et professionnelle. Plusieurs réformes successives permettent aux sujets du royaume d’avoir accès à la justice. L’appel judiciaire au parlement royal se systématise contre les jugements de justices concurrentes et scelle la supériorité de la justice royale, que l’on commence à qualifier de « souveraineté ». Les recours sont alors portés, pour une large part, contre le roi lui-même et ceux de ses agents qui commettent des exactions, mais également par les hommes contre leurs seigneurs laïcs ou ecclésiastiques. La justice royale apparaît de manière croissante comme un régulateur des relations féodales. Étendant son influence, elle participe à l’instauration d’un État de droit. La 1ère médaille de la commission des Antiquités de la France, a été décernée en 2019 à Pierre-Anne Forcadet, maître de conférences en histoire du droit à l’université d’Orléans, sur approbation de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, pour son ouvrage Conquestus fuit domino regi. Le recours au roi d’après les arrêts du Parlement de Paris (1223-1285), paru chez De Boccard en 2018.

lundi 16 septembre 2019

“L'école française au Vietnam de 1945 à 1975 : du colonial au diplomatique”

“L’école française au Vietnam de 1945 à 1975 : du colonial au diplomatique”

Par Nguyen Thuy Phuong, docteure en sciences de l’éducation, lauréate du prix Louis Cros décerné par l’académie des sciences morales et politiques
Dans le Vietnam actuel, les liens avec la France apparaissent ténus, malgré la longue durée de la période coloniale. Un certain nombre de Vietnamiens conservent toutefois un souvenir heureux de leur passage dans les lycées français, où ils ont trouvé une éducation jugée solide et enrichissante. Nguyen Thuy Phuong a étudié le fonctionnement de ces établissements au cours de la période troublée qui s’étend de 1945 à 1965. Elle montre comment la France maintenait alors sa présence dans la région au moyen des lycées français, y compris au Nord-Vietnam où le lycée Albert-Sarraut a fonctionné jusqu’en 1964. Après avoir servi de support à la mission civilisatrice coloniale, les écoles françaises sont ainsi apparues comme des outils de la diplomatie culturelle et du soft power français.

lundi 8 juillet 2019

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Entretien avec Nicole Bériou, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Comment être écouté et se faire entendre des simples gens ? Comment les entretenir efficacement de Dieu, des anges et des saints ? Comment les inciter à une authentique conversion ? Ces questions sont celles que se posaient les prédicateurs du Moyen Âge, dont la médiéviste Nicole Bériou souligne, dans un récent ouvrage (Religion et Communication, Éditions Droz, 2018), la volonté de parvenir à l’excellence dans l’art oratoire. En révélant notamment leur constant souci d’innovation, elle nous invite à porter “un autre regard sur la prédication Moyen Âge”, mais aussi sur l’ensemble de cette période, décidément plus inventive qu’on a longtemps voulu le dire.

lundi 1er juillet 2019

Cycle Rencontre avec un académicien : Philippe Taquet, « Vie et mort des dinosaures »

Cycle Rencontre avec un académicien : Philippe Taquet, « Vie et mort des dinosaures »

Rencontre avec Philippe Taquet, membre de l’Académie des sciences

Après un exposé didactique et grand public de 35 à 40 minutes sur son parcours et ses recherches en cours, Philippe Taquet se prête à un long jeu de questions/réponses avec l’auditoire.

L’ensemble du colloque est disponible sur le site de l’Académie : www.academie-sciences.fr


lundi 1er juillet 2019

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

Communication de M. Éric Danon, directeur général adjoint des affaires de politique et de sécurité.
Pour venir à bout du défi spécifique que représente le terrorisme islamiste, l’orateur estime que la France doit reconsidérer de manière pragmatique ses dispositifs antiterroristes. Il propose ainsi de porter les efforts dans trois directions, qui toutes comportent un volet extérieur. La première est la lutte contre la propagande salafiste, qui est indissociable d’un dialogue avec les pays d’origine des imams et d’une coopération avec les grands acteurs d’Internet. La deuxième est la poursuite des opérations contre les groupes terroristes, qui débordent d’ailleurs le seul cadre militaire, à l’instar de la coopération internationale pour assécher les circuits financiers du terrorisme. Enfin, la sécurité intérieure passe par une meilleure coordination des mesures antiterroristes, en France mais aussi entre partenaires européens. Sur tous ces points, Éric Danon insiste sur la nécessité des sociétés démocratiques occidentales de rester elles-mêmes car tout indique que la violence djihadiste est destinée à durer.

lundi 13 mai 2019

Quatre-Vingt-Quinze. La Terreur en procès

Quatre-Vingt-Quinze. La Terreur en procès

par Loris Chavanette, lauréat 2018 du prix Histoire de la Fondation Stéphane Bern-Institut de France
En 1795, la Révolution ne s’achève pas, elle recommence. Tel est le propos de Loris Chavanette, docteur en histoire et professeur de droit, qui a choisi la période thermidorienne pour examiner ce qu’il advient du droit en période révolutionnaire, dans le cadre de justices d’exception. Dans son livre Quatre-Vingt-Quinze. La Terreur en procès (CNRS Éditions, 2017), l’historien montre que sur les ruines de l’absolutisme révolutionnaire propre à la Terreur est née une difficile recherche d’équilibre démocratique et de modération, les thermidoriens tentant de redonner un espace politique et judiciaire aux idéaux de 1789. Loris Chavanette prépare actuellement une anthologie de la correspondance de Napoléon à paraître chez Robert Laffont dans la collection Bouquins et dirige un ouvrage collectif sur le Directoire en préparation chez CNRS éditions.

mardi 23 avril 2019

<i>Condamner à mort au Moyen Âge</i>

Condamner à mort au Moyen Âge

Entretien avec Claude Gauvard, professeur émérite d’histoire du Moyen Âge à l’université Paris
“Entre la rémission qui crée une mort fictive et le petit nombre d’individus jugés irrécupérables dans le royaume, sans compter la place importante des résolutions négociées, il est probable que les exécutions ont été moins fréquentes que ne le laisse supposer l’image d’un Moyen Âge violent et sanguinaire”, écrit Claude Gauvard, lauréate du Prix du Budget décerné par l’Académie des inscriptions et belles-lettres pour son ouvrage Condamner à mort au Moyen Âge (PUF, 2018). En explorant la façon dont étaient prononcées les peines capitales en France du XIIIe au XVe siècle, elle souligne que cette pratique n’a jamais été anodine. Elle met aussi en lumière combien la condamnation à mort comme peine publique découle de l’idée, empruntée au droit romain, qu’aucun crime ne doit rester impuni parce qu’il lèse la chose publique avant de léser la partie adverse. Si bien que la condamnation à mort aurait été, conjointement avec la grâce, un instrument au service du pouvoir royal et étatique alors en cours d’affirmation.

mardi 23 avril 2019

Une vie au service de la protohistoire

Une vie au service de la protohistoire

Rencontre avec Jean Guilaine, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
“Je mesure le privilège que j’ai eu de disposer de tout mon temps pour prospecter, fouiller, voyager, rapporter, écrire, enseigner et, bien sûr, appréhender ce basculement fondamental qu’assumèrent nos semblables en devenant agriculteurs”, confie l’archéologue Jean Guilaine dans ses Mémoires d’un protohistorien (Éditions Odile Jacob, mars 2019). Riches en péripéties, ses mémoires professionnels sont aussi un plaidoyer en faveur de l’archéologie et le récit d’un combat pour faire connaître et reconnaître l’importance des dix millénaires qui ont conduit des ultimes sociétés de chasseurs-cueilleurs jusqu’au monde urbanisé antique.

lundi 15 avril 2019

"Hommage à Michel Jouvet"

"Hommage à Michel Jouvet"

par Étienne Ghys secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences

Michel Jouvet est l’auteur d’une oeuvre fondatrice en neurobiologie, marquée par une profonde originalité de pensée et par les ouvertures qu’elle permet dans de nombreuses directions, en physiologie et évolution, en psychologie, anthropologie, philosophie. Il a révolutionné la connaissance du fonctionnement cérébral par la découverte du sommeil paradoxal défini comme troisième état de vigilance du système nerveux central, outre l’éveil et le sommeil à ondes lentes, ainsi que par son association préférentielle aux rêves. Expérimentateur jamais à court d’idées nouvelles, il a largement déchiffré, avec ses collaborateurs de diverses spécialités, la complexité neurophysiologique des états de vigilance.

- Ouverture par Pierre Corvol et Claude Debru.
- “L’histoire sans fin du sommeil paradoxal”, par Pierre-Hervé Luppi.
- “Voir les rêves”, par Isabelle Arnulf.
- “Cause de la narcolepsie, un syndrome associé à une anomalie profonde du sommeil paradoxal”, par Emmanuel Mignot.


lundi 8 avril 2019

Le cerveau fin stratège

Le cerveau fin stratège

Olivier Houdé, membre de l’Académie des sciences morale et politiques, présente une nouvelle théorie de l’intelligence humaine
Les théories de l’intelligence ont longtemps été structurées par l’opposition entre deux visions antagonistes mettant l’accent, pour l’une sur la rationalité, pour l’autre sur l’intuition. Les recherches menées par Olivier Houdé à la tête du Laboratoire de Psychologie du Développement et de l’Education de l’Enfant (LaPsyDé) de la Sorbonne l’ont conduit à une nouvelle hypothèse, présentée dans son dernier livre (L’intelligence humaine n’est pas un algorithme, Éditions Odile Jacob, 2019) : l’intelligence humaine reposerait sur la capacité à solliciter l’une et l’autre de ces facultés au gré des circonstances et des besoins, autrement dit à agir en “fin stratège”.

lundi 8 avril 2019

Le cerveau humain, matière à mémoires

Le cerveau humain, matière à mémoires

Stanislas Dehaene

vendredi 22 mars 2019

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