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“L'intérêt national”

“L’intérêt national”

Communication de par Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Spécialiste reconnu des relations internationales, Thierry de Montbrial fait le constat qu’à rebours d’une longue tradition inaugurée par Richelieu et portée en particulier au XXe siècle par le général de Gaulle, l’intérêt national est victime en France, depuis une dizaine d’années, d’une “étrange ellipse”. Certes, les présidents continuent de se référer à des “intérêts vitaux”, mais ils ont tendance à les confondre plus ou moins avec le statut de puissance nucléaire. Les autres dimensions de l’intérêt national sont tues, dissoutes dans la notion plus vague d’influence globale, quand elles ne sont pas niées. Pour l’orateur, le temps est donc venu d’une refondation de la politique extérieure française autour d’une conception renouvelée de l’intérêt national. Pour lui, loin de se limiter aux seules sphères économiques ou stratégiques, celui-ci doit être appréhendé comme un “bien public” dont la définition requiert l’engagement de toutes les forces de la nation car, comme l’avait bien perçu Samuel Huntington, “nous devons savoir qui nous sommes, avant de pouvoir savoir quels sont nos intérêts”.

lundi 18 février 2019

Claire Auzuret, lauréate du prix de recherche Caritas : expériences d'une chercheuse en sociologie de la pauvreté

Claire Auzuret, lauréate du prix de recherche Caritas : expériences d’une chercheuse en sociologie de la pauvreté

Travailler sur la pauvreté et plus précisément sur les itinéraires de sortie de la pauvreté, angle mort des travaux de sociologie : tel est l’objectif que s’est fixée Claire Auzuret pour sa thèse de doctorat, récompensée par le prix 2018 de la fondation de recherche Caritas – Institut de France. Pour expliquer le basculement des personnes et des familles dans et hors de la pauvreté, la jeune sociologue croise plusieurs dimensions d’analyse et prend pleinement en compte les différents aspects du sentiment de pauvreté. Elle raconte ici les obstacles rencontrés dans sa recherche des personnes à interroger, notamment la méfiance face à l’institution, mais aussi l’émotion partagée lors du récit de parcours douloureux.

lundi 4 février 2019

“L'opinion et la crédulité”

“L’opinion et la crédulité”

Communication de Gérald Bronner, professeur de sociologie, Université Paris-Diderot
Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de “sociétés du savoir” grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les “minorités active” motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la “démagogie cognitive” qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.

mercredi 9 janvier 2019

“L'opinion et la crédulité”

“L’opinion et la crédulité”

Communication de Gérald Bronner, professeur de sociologie, Université Paris-Diderot
Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de “sociétés du savoir” grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les “minorités active” motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la “démagogie cognitive” qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.

mercredi 9 janvier 2019

Séance de rentrée solennelle 2018 de l'Académie des beaux-arts

Séance de rentrée solennelle 2018 de l’Académie des beaux-arts

Avec un discours de Laurent Petitgirard, Secrétaire Perpétuel de l’Académie, sur le thème “Interpréter, est-ce créer ?”
Le mercredi 21 novembre 2018, sous la Coupole du Palais de l’Institut de France, l’Académie des beaux-arts a proclamé à l’occasion de sa Séance solennelle annuelle le palmarès des prix qu’elle a décernés au cours de l’année écoulée. Une cinquantaine de prix ont ainsi été remis à des artistes de tous âges, confirmés ou au seuil de leur carrière, en dessin, peinture, sculpture, gravure, architecture, composition musicale, photographie ainsi qu’à des ouvrages d’art. En encourageant ainsi la création artistique dans toutes ses expressions, elle participe au renouvellement des générations d’artistes et se positionne comme un acteur majeur du mécénat et du rayonnement culturel français. Au cours de cette séance, un hommage a été rendu aux membres disparus en 2018 et le Secrétaire Perpétuel de l’Académie, Laurent Petitgirard, a prononcé un discours sur le thème “Interpréter, est-ce créer ?”. L’ensemble vocal Les Métaboles et l’Orchestre Colonne ont ponctué musicalement cette séance.

jeudi 13 décembre 2018

“L'opinion européenne et son baromètre”

“L’opinion européenne et son baromètre”

Communication de Dominique Reynié, professeur de science politique à Sciences Po Paris et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, devant l’Académie des sciences morales et politiques, le 19 novembre 2018.
Est-il pertinent de transposer l’opinion publique, réalité née dans un cadre national, au niveau européen ? Oui, a répondu l’orateur car dans la mesure où, l’Europe constitue un “espace politiquement ordonné”, elle est naturellement propice à l’éclosion d’opinions communes sur les compétences prises en charge par l’Union européenne (comme l’euro) et plus généralement sur son avenir. Ainsi, en l’état actuel, la tendance marquante de l’opinion européenne est la progression continue dans les urnes de partis antisystèmes et eurocritiques, que devraient encore confirmer les élections de mai 2019 au Parlement européen. Ce serait pourtant faire erreur, selon Dominique Reynié, de l’interpréter de manière univoque, comme un regain nationaliste. Car les sondages montrent, dans le même temps, un attachement majoritaire au maintien dans l’Union européenne. Ainsi, les Européens aspireraient avant tout à une puissance publique capable dans les protéger dans le contexte anxiogène de la mondialisation, que ce soit au niveau des États comme de l’Union.

mercredi 28 novembre 2018

Journal d'un observateur

Journal d’un observateur

Alain Duhamel chroniqueur de la Ve République
Durant soixante ans, de l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle à l’élection d’Emmanuel Macron, le journaliste Alain Duhamel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, a analysé et commenté la politique française. Réunis dans son Journal d’un observateur (Éditions de l’Observatoire, septembre 2018), ses souvenirs professionnels représentent ainsi une inégalable chronique de la Ve République et un témoignage de premier plan sur les profondes transformations de notre vie publique.

mercredi 14 novembre 2018

“Le général de Gaulle et l'opinion”

“Le général de Gaulle et l’opinion”

Communication prononcée par Alain Duhamel devant l’Académie des sciences morales et politiques, le 5 novembre 2018.
Pour le journaliste politique l’appel à la Résistance du 18 juin, du reste quasi-confidentiel sur le moment, a posé le cadre des rapports de Charles de Gaulle avec l’opinion publique : un homme seul s’adresse directement au peuple, comme s’il portait la voix de la France. Il s’en faut pourtant de beaucoup qu’il ait toujours été entendu comme tel. Sa popularité́ considérable à la Libération n’empêche pas son renvoi dans l’opposition dès 1946 et la liquidation du dossier algérien, menée avec l’appui de l’opinion, laisse place à un progressif détachement. En regard, Alain Duhamel a présenté la politique originale de communication de Charles de Gaulle : une “stratégie de conquête et de séduction de l’opinion menée tambour battant et relevant en permanence du rapport de forces et d’un exercice d’autorité”. Le général, qui n’aime guère la presse, a perçu tout le parti qu’il pouvait tirer de l’audiovisuel. “Il a compris le premier que présidentialisation, personnalisation et télévision rimaient.”

mercredi 14 novembre 2018

“La Ve est-elle la République des sondages ?”

“La Ve est-elle la République des sondages ?”

Communication de Jérôme Jaffré, politologue devant l’Académie des sciences morales et politiques.
Pour l’intervenant, l’importance des sondages dans notre vie politique trouve son origine dans l’élection présidentielle au suffrage universel direct. L’installation de la présidentielle au centre de la vie du régime (elle devient la voie royale de la conquête du pouvoir) rend en effet incontournable le recours aux sondages. Ils sont l’outil par lequel se mesure le degré de “présidentialité” d’un candidat (à distinguer de sa popularité) ou bien la relation que le chef de l’État entretient avec le peuple durant son mandat (enjeu décisif pour sa réélection). Ils sont également sollicités pour les législatives, dont le rôle est de donner une majorité au président. À partir de 1981, Jérôme Jaffré relève une complète intégration des sondages aux processus politiques, dans les luttes internes aux partis (ils permettent de contester l’appareil) comme dans les mouvements sociaux (ils sont le complément des manifestations). En conclusion, Jérôme Jaffré a tempéré ce constat. Les sondages ne sont qu’un élément de stratégie politique, à utiliser avec discernement. Il est excessif d’affirmer que la Ve République est celle des sondages, mais il faut reconnaître que depuis plus de cinquante ans elle a vécu avec eux en osmose.

mercredi 31 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

« Le vin et la gastronomie, quelle histoire ! », par Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques
Animées par François d’Orcival, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018 (2e partie).

mercredi 24 octobre 2018

Conversations chez M. Thiers

Conversations chez M. Thiers

« L’école en reconstruction » par Xavier Darcos, de l’Académie française, chancelier de l’Institut de France.
Rencontres animées par François d’Orcival, (Académie des sciences morales et politiques), organisées à la Fondation Dosne-Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2018.

mercredi 17 octobre 2018

“La fabrique des sondages”.

“La fabrique des sondages”.

Communication de M. Brice Teinturier, politologue, directeur général délégué d’IPSOS France devant l’Académie des sciences morales et politiques
Après avoir souligné que l’analyse de l’opinion ne s’appuie plus sur les seuls sondages en raison de l’explosion des données rendues disponibles par les technologies numériques, l’orateur a centré son propos sur les sondages électoraux et les controverses sur leur pertinence en démocratie, qui ne sont pas étrangères, a avancé l’orateur, à l’image que nous nous faisons de ce régime. Ainsi, nous serions critiques envers les sondages parce que nous aurions peine à admettre que la démocratie a plus à voir avec l’opinion qu’avec la connaissance. Tout le paradoxe est que les sondages et les enquêtes, tout en travaillant sur l’opinion, relèvent du domaine de la connaissance et contribuent, comme tels, à objectiver le débat public, en bousculant les croyances qui nourrissent les argumentaires politiques. L’expérience de Brice Teinturier est du reste que les décideurs comme les citoyens tiennent très inégalement compte de ces informations. Et s’il est vrai qu’une proportion non négligeable d’électeurs, au cours des derniers scrutins, a fait le choix d’un “vote utile”, il ne voit pas au nom de quoi celui-ci aurait moins de valeur qu’un “vote de conviction” car on ne saurait trouver mauvais, dans une démocratie, que des citoyens puissent réviser leurs décisions.

mardi 9 octobre 2018

“Le nouveau Léviathan : l'opinion publique ou de la démocratie périodique à la démocratie permanente”

“Le nouveau Léviathan : l’opinion publique ou de la démocratie périodique à la démocratie permanente”

Communication de Jacques Julliard devant l’Académie des sciences morales et politiques
Pour l’orateur, l’émergence d’une démocratie permanente commence au début du XXe siècle avec l’entrée en crise de la démocratie représentative telle que l’incarnait la IIIe République, qui n’admettait d’autre consultation du peuple souverain que l’élection de ses députés à intervalles réguliers. Un système alors concurrencé par les manifestations organisées pour peser sur son action et, plus récemment, par l’essor des sondages d’opinion : « la cote des hommes politiques est désormais considérée comme un instrument de mesure légitime, en concurrence avec l’élection ». Cette évolution n’est pas qu’une question de mentalité ; elle tient aussi à des facteurs technologiques : « La démocratie d’opinion est d’abord fille de la révolution informatique comme naguère la démocratie parlementaire l’a été du chemin de fer puis de l’automobile. » Si bien qu’il faut maintenant compter aussi avec l’instantanéité des réseaux sociaux…

mardi 2 octobre 2018

Anatomie d'un effondrement religieux

Anatomie d’un effondrement religieux


mercredi 19 septembre 2018

“Réforme du droit de la responsabilité civile”

“Réforme du droit de la responsabilité civile”

Discours du garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas devant l’Académie des sciences morales et politiques. Réponses de François Terré, membre de l’Académie, et Jean-Sébastien Borghetti, professeur de droit privé à l’université Paris 2.
Le garde des sceaux, ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas s’est rendu à l’Académie le 13 mars 2017. Après l’allocution d’accueil du président Michel Pébereau, il a exposé en grande salle des séances, devant un public de 80 personnes environ, les grands enjeux de la réforme du droit de la responsabilité civile, qu’il a qualifiée d’historique. Les cinq articles qui traitent de la matière dans le Code civil étaient en effet demeurés pour ainsi dire en l’état depuis 1804, alors même que les occasions où la responsabilité civile est engagée se sont multipliées. Le ministre a rendu hommage aux travaux qui ont éclairé la réflexion de la Direction des affaires civiles de la Chancellerie, notamment ceux du groupe constitué autour de François Terré sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques. François Terré et Jean-Sébastien Borghetti, professeur de droit privé à Paris 2, ont répondu au ministre. Cette réforme prend place dans une plus vaste entreprise de modernisation du droit des obligations, qui a déjà donné lieu en 2016 à la réforme du droit des contrats, elle aussi inspirée par une équipe animée par François Terré.

lundi 20 août 2018

“L'enseignement de l'économie dans les lycées”

“L’enseignement de l’économie dans les lycées”

Colloque organisé sous l’égide de l’Académie des sciences morales et politiques, le 27 février 2017
Après l’introduction de Michel Pébereau et George de Menil, les intervenants ont fait part de leurs propositions pour un enseignement plus dynamique et plus en phase avec l’économie telle qu’elle se vit actuellement. Exemples à l’appui, Martin Hellwig (Institut Max Planck, Bonn), a rappelé que la science économique n’était pas une théorie mais un langage pour développer des modèles de compréhension de la réalité, d’où l’importance de bien définir le cadre conceptuel dans lequel se déploient les analyses. Des pédagogies employées dans l’enseignement supérieur et qui pourraient avantageusement être utilisées au lycée ont été présentées : Leo Guthart (ancien enseignant à la Harvard Business School) a témoigné de la révélation qu’avait été pour lui la “méthode des cas” (Case Method) et Jean-Marc Tallon (École d’économie de Paris) a donné l’exemple de jeux développés dans les centres d’économie expérimentale. Yann Coatanlem (président du Club Praxis) a évoqué un certain nombre d’aspects de la vie des entreprises qui devraient être davantage intégrés aux programmes, comme la comptabilité. Chacune des communications a été suivie d’échanges au cours duquel des enseignants de SES présents ont pu faire part de leur expérience de terrain. Au terme de la matinée, George de Menil a conclu qu’une amélioration était souhaitable et possible dans l’enseignement de l’économie au lycée, mais qu’au-delà des programmes, elle nécessitait une réflexion plus globale, étendue aux méthodes et aux modes d’évaluation.

lundi 20 août 2018

“Entretiens autour de Félix Ravaisson (1813-1900)”

“Entretiens autour de Félix Ravaisson (1813-1900)”

Présentés par Bertrand Saint-Sernin et Jean-Louis Vieillard-Baron.
Le 16 octobre dernier, des « Entretiens autour de Félix Ravaisson (1813-1900) » se sont tenus à l’Institut de France à l’occasion des cent cinquante ans de la parution de son ouvrage, La Philosophie en France au dix-neuvième siècle. Initiateurs de cette rencontre, Bertrand Saint-Sernin, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, et de Jean-Louis Vieillard-Baron, professeur de philosophie à l’université de Poitiers et à l’Institut catholique de Paris, souhaitaient ainsi rendre hommage au grand philosophe spiritualiste du XIXe siècle, inspirateur de Bergson et membre de l’Académie des Inscriptions et belles lettres et de l’Académie des sciences morales et politiques. Ces “entretiens” comprennent les interventions suivantes :
- “Spiritualisme et action selon Ravaisson”, par Bertrand Saint-Sernin.
- “Ravaisson, philosophe de la grâce et de la ressemblance”, par Alexandra Roux.
- “De l’habitude au sacrifice. L’itinéraire spéculatif de Ravaisson”, par Andrea Bellantone.
- “Y a-t-il trop d’esprit dans le monde ?”, par Jean-Louis Vieillard-Baron.

mardi 31 juillet 2018

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

par Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.
Le plaisir de la lecture se poursuit longtemps lorsqu’il est partagé ! Nous avons donc demandé aux académiciens de présenter, en toute liberté de choix, un livre qui les a marqués, intéressés, enchantés ou même simplement divertis. C’est Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques et président de Canal Académie qui inaugure cette nouvelle rubrique, en présentant Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin. Publié en 1825, cet ouvrage fait l’éloge de la gastronomie (française), cette “science nouvelle […] qui nourrit, restaure, conserve, persuade, console, et, non contente de jeter à pleine main des fleurs sur la carrière de l’individu, contribue encore puissamment à la force et à la prospérité des empires” !

mercredi 20 juin 2018

“L'École pratique des hautes études (1868-2018) : l'érudition dans le débat public et ses rapports avec l'opinion.”

“L’École pratique des hautes études (1868-2018) : l’érudition dans le débat public et ses rapports avec l’opinion.”

Communication de M. Hubert Bost, président de l’École pratique des hautes études (EPHE)
Cette communication a été prononcée, le 11 juin 2018. Elle concluait la journée d’étude organisée conjointement par l’Académie des sciences morales et politiques et l’École pratique des hautes études, à l’occasion du 150e anniversaire de cette dernière, sur le thème “De l’érudition à l’opinion”. L’orateur a notamment souligné que “si l’EPHE a joué un rôle dans l’opinion, ce n’est pas dans le domaine des débats d’idées animés par la presse et les médias, mais plutôt dans sa contribution aux évolutions fondamentales et lentes, par sa manière de reposer et de penser à nouveaux frais certaines questions en revenant aux sources”. Et de citer, à titre d’exemple, le rôle joué crucial joué par l’École dans le développement de nouvelles disciplines - la sémantique (Bréal), la sociologie (Mauss), l’anthropologie (Lévi-Strauss) - ou le renouvellement des plus anciennes.

mercredi 20 juin 2018

“Le journal Le Monde, prescripteur d'opinion”

“Le journal Le Monde, prescripteur d’opinion”

Communication de Jean-Marie Colombani, journaliste, directeur du Monde entre 1994 et 2007
A l’issue d’une présentation de l’histoire du Monde et d’une analyse de son statut de “journal de référence”, l’orateur a estimé qu’il n’est pas sûr qu’un magistère comme celui exercé par Le Monde dans le passé soit encore possible à l’heure des chaînes d’information continue et des réseaux sociaux, qui imposent à l’ensemble des médias leur tempo et une dictature de l’émotion. Il est toutefois convaincu que, dans ce contexte, les médias de presse écrite peuvent tirer leur épingle du jeu, en revenant aux règles fondamentales du métier : la mise en perspective, la hiérarchisation des faits et l’approfondissement... sans renoncer, comme dans le cas du Monde, à déranger. Une conviction ainsi résumée : “À défaut d’être prescripteur d’opinion, il lui faut, au moins, être prescripteur de débats.”

mardi 15 mai 2018

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