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Le peuple, acteur méconnu de l'histoire

Le peuple, acteur méconnu de l’histoire

Entretien avec Gérard Noiriel, auteur d’Une Histoire populaire de la France
Lauréat 2019 du Prix Eugène Colas, décerné par l’Académie française, pour son Histoire populaire de la France (Éditions Agone, 2018), l’historien Gérard Noiriel explique la perspective selon laquelle il a étudié, tout au long de sa carrière, la façon dont les classes populaires ont contribué, souvent en opposition avec les “grands hommes”, à l’histoire de notre pays. Dans une approche socio-historique dont il donne les clefs, loin de proposer une vision misérabiliste de l’histoire et en se gardant bien de tomber dans l’écueil de la concurrence mémorielle ou victimaire, il propose au contraire de rendre aux membres des classes populaires françaises leur dignité d’acteurs à part entière de notre histoire commune, de la guerre de Cent Ans à nos jours.

lundi 28 octobre 2019

“L'acte II d'Emmanuel Macron”

“L’acte II d’Emmanuel Macron”

Allocution d’Alain Duhamel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Le politologue et journaliste s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 14 octobre 2019

“L'influence française sur le droit international”

“L’influence française sur le droit international”

Par Serge Sur, professeur émérite à l’université Panthéon-Assas
L’orateur a notamment souligné que l’influence française sur le droit international s’exerce à travers trois approches : celle des légistes qui sont des juristes organiques, au service de l’Etat ; celle des juristes, en principe indépendants, qui analysent le droit et formalisent des théories et des doctrines ; enfin, celle des visionnaires, ces publicistes qui recherchent le bon droit et militent pour sa reconnaissance. Si dans les instances internationales, l’influence de la France est en déclin (exception faite de son rôle au conseil de sécurité de l’ONU), et ce au profit de l’affirmation du droit coutumier et de la procédure anglo-saxonne, la place de la doctrine française est plus affermie sur le plan européen. Elle le doit à deux institutions - l’Annuaire français de droit international et la Société française pour le droit international - et à l’héritage de grandes figures visionnaires (de Bodin à Cassin) qui ont contribué à forger les grands concepts organisateurs du droit international.

lundi 14 octobre 2019

“La Russie et l'Europe”

“La Russie et l’Europe”

Allocution de Mme Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française.
L’historienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire russe et soviétique s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 7 octobre 2019

Les mutations romaines de la <i>res publica</i>

Les mutations romaines de la res publica

Entretien avec Claudia Moatti, lauréate du Prix Millepierres pour son “histoire romaine de la chose publique”
Chacun le sait : le nom même de notre République fait référence à la res publica romaine. Mais comment interpréter cette référence insistante à une société pourtant foncièrement inégalitaire et pétrie d’idéaux aristocratiques ? Pour répondre à cette question Claudia Moatti, professeur à l’université Paris 8, a réalisé une minutieuse enquête sur la façon dont les romains eux-mêmes envisageaient la chose publique : Res publica. Histoire romaine de la chose publique (Éditions Fayard, 2019). Cet ouvrage distingué par le Prix Millepierres décerné par l’Académie française, met l’accent sur le caractère évolutif d’une notion qui, dès l’origine, subit de nombreuses inflexions au gré des enjeux et des rapports de forces politiques. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Claudia Moatti explique ainsi qu’après avoir été envisagée comme la somme dynamique des interactions entre citoyens, la res publica est progressivement devenue, à l’aube de l’avènement de l’Empire, une référence transcendante mobilisée pour disqualifier tout désaccord. Nul doute que cet ouvrage confirme combien le détour par l’antique continue d’éclairer les enjeux politiques et institutionnels qui sont ceux de notre propre République.

lundi 7 octobre 2019

“La politique européenne de la France et le Brexit -2017-2019”

“La politique européenne de la France et le Brexit -2017-2019”

Par Pauline Schnapper, professeur à l’Université Sorbonne nouvelle - Paris III
L’oratrice a notamment a notamment souligné que si Londres espérait s’appuyer sur des relations bilatérales privilégiées avec Paris pour négocier des conditions de retrait favorables, cet espoir s’est révélé vain au fil des mois, déjoué par un front uni des 27 qui s’est révélé plus solide que prévu et par l’affermissement de la position française. En effet, face à l’enlisement de la situation politique à Londres, la France est progressivement passée d’une position plutôt conciliante à une position ferme visant à régler le plus vite possible le Brexit, quitte à se résoudre à une sortie sans accord.

lundi 30 septembre 2019

Étendre la justice du roi, construire l'État

Étendre la justice du roi, construire l’État

Par Pierre-Anne Forcadet, historien du droit, lauréat la 1ère Médaille de la Commission des Antiquités de la France décernée sur approbation de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Le “siècle de saint Louis” est celui du déploiement nouveau d’une justice royale hiérarchisée et professionnelle. Plusieurs réformes successives permettent aux sujets du royaume d’avoir accès à la justice. L’appel judiciaire au parlement royal se systématise contre les jugements de justices concurrentes et scelle la supériorité de la justice royale, que l’on commence à qualifier de « souveraineté ». Les recours sont alors portés, pour une large part, contre le roi lui-même et ceux de ses agents qui commettent des exactions, mais également par les hommes contre leurs seigneurs laïcs ou ecclésiastiques. La justice royale apparaît de manière croissante comme un régulateur des relations féodales. Étendant son influence, elle participe à l’instauration d’un État de droit. La 1ère médaille de la commission des Antiquités de la France, a été décernée en 2019 à Pierre-Anne Forcadet, maître de conférences en histoire du droit à l’université d’Orléans, sur approbation de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, pour son ouvrage Conquestus fuit domino regi. Le recours au roi d’après les arrêts du Parlement de Paris (1223-1285), paru chez De Boccard en 2018.

lundi 16 septembre 2019

“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
S’inspirant de “l’avis au roi” du cardinal de Richelieu (1629), dans lequel celui-ci développait le programme de politique le plus à même de briser la domination de la maison d’Autriche sur l’Europe, Jean Baechler a distingué entre des stratégies imposées par les contraintes d’un système de jeu extérieur, qui relèvent d’une véritable approche en termes de “relations internationales”, et d’autres définies sous la pression de facteurs internes, qui composent une simple “politique extérieure”. Les premières sont accordées à la logique et à la rationalité du système de jeu, pas les secondes. Elles alternent au cours de l’histoire de France, même si de manière générale les systèmes de jeu successifs dans lesquels le pays s’est retrouvé engagé lui ont dicté des choix rationnels.

lundi 15 juillet 2019

<i>“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”</i>

“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”

Communication de Massimo De Leonardis, professeur à l’Université du Sacré-Cœur de Milan.
Après avoir brossé une vaste fresque des relations, souvent tumultueuses, entretenues par la France et l’Italie depuis la création du Royaume d’Italie en 1861, l’orateur s’est interrogé sur les frictions actuelles. Selon lui, la clé des relations franco-italiennes est avant tout culturelle. En effet, tandis que l’Italie s’accepte comme une “puissance moyenne”, aux ambitions surtout régionales, la France continue de se voir en “puissance européenne au rayonnement global”, bien qu’en ayant de moins en moins les moyens. Il résulte de ce décalage, côté français, un certain sentiment de supériorité, ressenti comme tel de l’autre côté des Alpes, où l’on soupçonne volontiers l’arrogant voisin gallican d’utiliser le projet européen à des fins intéressées. Mais c’est aussi dans la culture que peut se réaliser le dépassement de ces stéréotypes. Ainsi l’orateur a-t-il annoncé qu’était envisagée la renaissance d’un Comité franco-italien de études historiques, qui pourrait, en ce domaine, faire œuvre utile.

lundi 8 juillet 2019

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Entretien avec Nicole Bériou, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Comment être écouté et se faire entendre des simples gens ? Comment les entretenir efficacement de Dieu, des anges et des saints ? Comment les inciter à une authentique conversion ? Ces questions sont celles que se posaient les prédicateurs du Moyen Âge, dont la médiéviste Nicole Bériou souligne, dans un récent ouvrage (Religion et Communication, Éditions Droz, 2018), la volonté de parvenir à l’excellence dans l’art oratoire. En révélant notamment leur constant souci d’innovation, elle nous invite à porter “un autre regard sur la prédication Moyen Âge”, mais aussi sur l’ensemble de cette période, décidément plus inventive qu’on a longtemps voulu le dire.

lundi 1er juillet 2019

“Les yeux du Saint-Siège sur les relations internationales de la France”

“Les yeux du Saint-Siège sur les relations internationales de la France”

Communication de Philippe Levillain, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Plutôt que de retracer la riche histoire des relations entre la France et le Saint-Siège, Philippe Levillain a souligné que le Vatican envisageait notre pays comme “un lieu d’appréciation des convulsions contemporaines entre Jérusalem et Athènes, entre la Foi et la Raison, au cœur de la civilisation européenne depuis des siècles”. L’orateur a distingué trois grandes époques au long des huit dernières décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, “la France joue un rôle clef dans le projet européen du pape Pie XII”. Mais c’est aussi un temps de tensions, au sujet de la décolonisation, anticipée par le Saint-Siège en promouvant les élites locales. Le retour au pouvoir du général de Gaulle ouvre un “âge d’or” même si le Vatican n’épouse pas le point de vue gaullien sur l’Europe et mise sur l’ONU tout en se démarquant, lui aussi, d’un atlantisme étroit, tandis que la législation française sur les mœurs contribue, par la suite, à distendre les liens. Avec l’élection de Jean-Paul II (1978) “l’axe de la civilisation chrétienne se déplace vers l’Est” et, suite à l’opposition française à la mention des origines chrétiennes de l’Europe, la France est regardée comme “la terre d’un humanisme chrétien en voie de déshérence”. Sur ce point, toutefois, le défi concerne tout l’Occident et la singularité française est de moins en moins ressentie comme telle.

lundi 1er juillet 2019

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

Communication de John Rogister, professeur émérite de l’université de Durham, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur a brossé une large fresque des relations franco-britannique de “l’Entente cordiale” de 1904 à nos jours, où, sur fond de Brexit, elles sont fort tributaires des sentiments partagés des Britanniques à l’égard de l’Union européenne. A ce sujet, John Rogister a souligné que la ratification du traité de Lisbonne, malgré le rejet par les électeurs français et néerlandais du traité constitutionnel, a été regardée comme une illustration du “déficit démocratique” de l’Union européenne, de la part d’un peuple attaché par ailleurs à ses traditions parlementaires. D’où une situation paradoxale : alors que les liens entre la Grande-Bretagne et le continent, singulièrement la France, se sont intensifiés depuis quatre décennies, l’opinion britannique est divisée entre l’affirmation de sa liberté et l’appartenance à un espace auquel son intégration, sur bien des points, ne fait aucun doute.

lundi 24 juin 2019

“La politique européenne de la France”

“La politique européenne de la France”

Communication de Maxime Lefèbvre, ancien ambassadeur, chargé de mission prospective auprès de l’Union européenne.
“La France s’est européanisée dans la construction européenne, mais elle ne cesse pas d’avoir des intérêts, des priorités, des préférences, des sensibilités”, estime Maxime Lefebvre, qui invite à articuler, pour l’avenir, trois impératifs : redresser la France, continuer de nourrir des ambitions pour l’Europe et conserver à une capacité d’action autonome.

lundi 17 juin 2019

Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Mesnard par Claudine Tiercelin.

Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Mesnard par Claudine Tiercelin.

Allocution prononcée sous la Coupole le 27 mai 2019
Sacrifiant au « rituel » de la présentation de son prédécesseur, Claudine Tiercelin s’est inspirée de l’enseignement de Jean Mesnard, qui recommandait, toujours, de partir des faits – que lui-même établissait avec une érudition très sûre, dépouillant des masses considérables d’archives, grâce à quoi il fit revivre nombre de figures intellectuelles du Grand Siècle tombées dans l’oubli. Après avoir évoqué l’universitaire accompli, le maître incontesté des études pascaliennes et, plus généralement, l’éminent spécialise du XVIIe siècle, elle a retenu deux points de son œuvre, par lesquels il rejoint ses contemporains : sa théorisation de la culture et sa conception du savoir et de l’université.

vendredi 7 juin 2019

Les boîtes à idées de Marianne : naissance des think tanks de relations internationales en France (1935-1985)

Les boîtes à idées de Marianne : naissance des think tanks de relations internationales en France (1935-1985)

Par Sabine Jansen, historienne, laureate du prix Jean Sainteny décerné par l’Académie des sciences morales et politiques
Un organisme français, l’Institut français des relations internationales (IFRI), occupe aujourd’hui la deuxième place au classement mondial des think tanks. Quels sont les ingrédients de ce succès ? L’historienne Sabine Jansen, en retraçant l’histoire de cette organisation, montre comment le Centre d’études de politique étrangère, sorte de bureau d’études au service du gouvernement, s’est mué en think tank à la fin des années 1970. Elle explique comment s’est opérée l’ouverture au monde de l’entreprise et la création d’un modèle hybride de diplomatie économique et politique, et met en lumière le rôle pionnier joué par Thierry de Montbrial, à présent membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

vendredi 7 juin 2019

<i>Singe toi-même !</i> Une défense de la singularité humaine.

Singe toi-même ! Une défense de la singularité humaine.

Entretien avec le neurobiologiste Alain Prochiantz, membre de l’Académie des sciences
En mettant en avant que l’homme et ses plus proches cousins - chimpanzés et bonobos - partagent plus de 98 % de génomes, certains de nos contemporains tendent à relativiser, voire nier, la singularité de Sapiens dans le règne animal. C’est à ces théories, parfois sous-tendues par une idéologie anti-humaniste, que répond, dans un ouvrage aussi vif que précis (Singe toi-même !, Éditions Odile Jacob, 2019), le neurobiologiste Alain Prochiantz en soulignant que si l’homme est bien un singe, il n’est décidément pas du tout un singe comme les autres.

lundi 3 juin 2019

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

Communication de M. Éric Danon, directeur général adjoint des affaires de politique et de sécurité.
Pour venir à bout du défi spécifique que représente le terrorisme islamiste, l’orateur estime que la France doit reconsidérer de manière pragmatique ses dispositifs antiterroristes. Il propose ainsi de porter les efforts dans trois directions, qui toutes comportent un volet extérieur. La première est la lutte contre la propagande salafiste, qui est indissociable d’un dialogue avec les pays d’origine des imams et d’une coopération avec les grands acteurs d’Internet. La deuxième est la poursuite des opérations contre les groupes terroristes, qui débordent d’ailleurs le seul cadre militaire, à l’instar de la coopération internationale pour assécher les circuits financiers du terrorisme. Enfin, la sécurité intérieure passe par une meilleure coordination des mesures antiterroristes, en France mais aussi entre partenaires européens. Sur tous ces points, Éric Danon insiste sur la nécessité des sociétés démocratiques occidentales de rester elles-mêmes car tout indique que la violence djihadiste est destinée à durer.

lundi 13 mai 2019

<i>Le Musée du Crime :</i> la mémoire du 36 quai des Orfèvres

Le Musée du Crime : la mémoire du 36 quai des Orfèvres

Jean Tulard nous convie au mythique musée de la Préfecture de police de Paris
Adresse mythique de la PJ, le 36, quai des Orfèvres a aussi été le siège du Musée et des archives de la préfecture de police de Paris que dirigea, de 1944 à 1970, Hélène Tulard, mère de l’historien Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. En présentant, dans son dernier ouvrage (Le Musée du Crime, Éditions Hémisphères, 2019), une série de chroniques rédigées par celle-ci, Jean Tulard brosse une fresque pittoresque de l’histoire du crime et de ceux qui le combattent dans la capitale. Bienvenue dans le “Musée du crime” !

vendredi 26 avril 2019

“Deux parlements pour un objectif : la coopération entre l'Assemblée nationale et le Bundestag allemand”

“Deux parlements pour un objectif : la coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand”

Communication de Wolfgang Schäuble, président du Bundestag allemand, membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques
Prenant pour point de départ de son propos la récente création de l’Assemblée parlementaire franco-allemande réunissant des parlementaires issus de l’Assemblée nationale et du Bundestag, Wolfgang Schäuble a précisé les objectifs de cette chambre : “intégrer le point de vue légitime de l’autre dans notre propre perspective, pour élaborer ainsi ce qui nous est commun”. Puis, élargissant son propos, il a livré une réflexion sur les défis qu’affrontent les démocraties occidentales. Il a notamment appelé à sortir d’une approche purement matérialiste des politiques publiques, car “le bonheur des gens dépend aussi de la capacité à mener sa vie d’une manière telle que l’on est en harmonie avec soi-même ; que l’on bénéficie d’attaches, que l’on se sent enraciné, abrité ; que l’on s’appuie sur un socle, un chez-soi”. Celui-ci est en grande partie représenté par les États-nations, mais il est temps, a estimé W. Schäuble, de travailler à compléter les identités nationales par une identité européenne, qui soit l’expression d’une communauté d’histoire et de culture mais aussi de la volonté, pour les Européens de peser dans l’ordre mondial.

mardi 23 avril 2019

Le modèle français en échec : la République helvétique (1798-1803)

Le modèle français en échec : la République helvétique (1798-1803)

Communication de Robert Kopp, professeur de littérature française à l’université de Bâle et correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
A travers le rappel du bref épisode historique qu’a constitué, de 1798 à 1803, la République helvétique calquée sur les institutions du Directoire français, l’orateur a montré comment celui-ci avait contribué à façonner le rapport de la Confédération helvétique avec son voisin français et plus généralement avec le reste de l’Europe, jusqu’à nos jours. En effet, bien que revendiquée au XIXe siècle par les radicaux comme la matrice du futur État fédéral, ce régime éphémère a été généralement associé à l’imposition d’un modèle exogène, synonyme de perte d’indépendance. Pour Robert Kopp, c’est précisément en cela que la République helvétique représente “un moment de catalyse, qui a précipité certains traits du fédéralisme helvétique”. En effet, “confrontée à son contraire”, la Suisse a “pris conscience, au prix d’une guerre civile, de ce qu’elle était, de ce qu’elle pouvait être et de ce qu’elle ne voulait pas être”. Ce discernement s’est en particulier appliqué aux trois principes fondamentaux qui, depuis le Moyen-Âge, définissent l’identité politique de la Suisse et que heurtait de front la République helvétique : sa neutralité, son refus du centralisme et ses libertés locales.

vendredi 29 mars 2019

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