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Pandémie de Covid-19 : quelles conséquences géopolitiques ?

Pandémie de Covid-19 : quelles conséquences géopolitiques ?

Entretien avec Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
En raison de son amplitude mondiale, la pandémie de Covid-19 aura nécessairement des conséquences sur l’ordre international et les rapports de forces géopolitiques. Mais lesquelles ? Les collapsologues y voient le facteur déclenchant de l’effondrement de la société industrielle, les souverainistes une nouvelle preuve de l’incurie de l’Union européenne, les européistes une confirmation de l’impuissance des États nationaux, les populistes l’amorce de la fin de la mondialisation, les déclinistes, une nouvelle preuve de notre déclin… Loin de ces prophéties univoques, Thierry de Montbrial, président de l’Institut français des relations internationales, nous invite à “déconfiner” notre réflexion, à la libérer de tout enfermement idéologique de façon à saisir, avec finesse et réalisme, la complexité radicale de notre monde.

mardi 12 mai 2020

La Chine face à l'épidémie de Covid-19

La Chine face à l’épidémie de Covid-19

Entretien avec la sinologue Marianne Bastid-Bruguière, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Depuis que l’épidémie de Covid-19 s’est déclenchée en Chine, ce pays se trouve au cœur d’un grand nombre de questions et probablement aussi d’une forte interrogation sur les responsabilités de la crise mondiale en cours. Les dirigeants chinois ont-ils bien géré l’épidémie ? Ont-ils fait preuve de transparence et d’esprit de coopération ou ont-ils, au contraire, cherché à dissimuler la gravité de la situation à leurs partenaires étrangers ? Et quelles sont les conséquences possibles de cette épreuve sur l’évolution du régime, sur sa diplomatie et son économie ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Marianne Bastid-Bruguière répond dans un entretien enregistré alors que la France entre dans sa quatrième de confinement.

mercredi 15 avril 2020

<i>Réinventer les aurores</i> : plaidoyer pour la République

Réinventer les aurores : plaidoyer pour la République

Entretien avec le grand rabbin Haim Korsia, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
“Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores / Étonnons-nous des soirs mais vivons les matins.” Ces deux vers d’Apollinaire donnent son ton et son titre au livre qu’Haïm Korsia, grand rabbin de France et membre de l’Académie des sciences morales et politiques, consacre au malaise français et aux moyens de le surmonter (Réinventer les aurores, Fayard 2020). Quand certains doutent, se résignent ou se désolent, cet ancien aumônier général israélite, se souvient de la devise volontariste de l’armée de l’air : “Unis pour faire face”. Puisant dans la sagesse immémoriale des textes bibliques et talmudiques il propose au pays une espérance active. Pour Haïm Korsia, il existe bel et bien, pour la France, une voie de renouveau : retrouver le dynamisme d’un idéal républicain capable de se réinventer au cœur même des crises.

mercredi 8 avril 2020

Quelle place pour la protection internationale des minorités dans la période d'entre-deux guerres ?

Quelle place pour la protection internationale des minorités dans la période d’entre-deux guerres ?

Par Benjamin Lloret, lauréat du prix René Cassin décerné par l’Académie des Sciences Morales et Politique pour sa thèse La protection internationale des minorités. Le regard de la doctrine française de l’entre-deux guerres.
A l’issue d’un parcours universitaire en droit international public et en histoire du droit, Benjamin Lloret se consacre à la réalisation d’une thèse de doctorat dans le cadre d’une cotutelle internationale entre l’université Paris 2 Panthéon Assas et l’université barcelonaise Pompeu Fabra. À travers ce travail, intitulé La protection internationale des minorités. Le regard de la doctrine française de l’entre-deux guerres, le jeune juriste étudie la manière dont la SDN, nouvellement créée, traite de la question de la protection des minorités, au cœur de cette courte et intense période de reconstitution politique du monde moderne. Bien que l’entre-deux guerres constitue une période centrale dans la construction et consolidation du droit international, ainsi que dans la protection des droits de l’Homme, cette période ne commence que très récemment à être étudiée par les juristes du droit international.

mardi 24 mars 2020

“L'Islam et le pouvoir”

“L’Islam et le pouvoir”

Par Rémi Brague, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Après avoir rappelé qu’en arabe quinze termes désignent le pouvoir avec un éventail de sens allant de la capacité d’agir jusqu’à l’influence, l’autorité judiciaire, la domination, l’auteur a toutefois souli-gné qu’une formule rituelle résume la conception islamique du pouvoir : « Il n’est de force et de puissance qu’en Dieu ». L’important est le contexte : si la formule connote l’échec des hommes à maîtriser les événements, elle est ambiguë, car elle signifie tout à la fois « en Dieu » et « par le moyen de Dieu ». Tout le problème est là : comment peut-il y avoir dans le monde créé par Dieu un autre pouvoir que celui de Dieu ? Et au cas où il existerait, comment s’articule-t-il avec le pouvoir de Dieu ?

mardi 17 mars 2020

<i>Pourquoi croyons-nous ?</i>

Pourquoi croyons-nous ?

Entretien avec le philosophe Claude Debru, membre de l’Académie des sciences
Douter de tout ou tout croire, ce sont des solutions également commodes, qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir”, estimait le mathématicien Henri Poincaré. D’où la nécessité de prendre au sérieux la question de la croyance. C’est ce qu’ont fait le philosophe Claude Debru et le psychana-lyste Frédéric-Pierre Isoz dans un récent ouvrage explorant, sous la forme d’une réflexion dialo-guée, les raisons pour lesquelles la croyance s’enracine profondément dans le psychisme humain (Pourquoi croyons-nous ?, Editions Odile Jacob, 2020). Si leurs points de vue divergent souvent, un accord s’y dessine toutefois quant à la nécessité de ne plus réduire les relations qu’entretiennent la croyance et la raison à une opposition aussi vaine que stérile.

mardi 17 mars 2020

“La transmission du pouvoir dans la Bible”

“La transmission du pouvoir dans la Bible”

Par Haïm Korsia, membre de l’Académie
On a parfois l’impression que la Bible est une histoire de guerre du pouvoir. Qu’est-ce que le pouvoir dans la Bible ? C’est la capacité d’un homme ou d’un groupe d’hommes et de femmes à conduire les Hébreux vers le destin que le Créateur leur a proposé, à définir les moyens d’y parvenir, à édicter et faire respecter les règles pour accomplir ce projet divin. Le pouvoir est donc un pouvoir de droit divin. Mais de quel pouvoir s’agit-il ? De pouvoir spirituel ? matériel ? politique ? S’agit-il de dominer, diriger, guider ?

mardi 10 mars 2020

<i>Saint Dominique de l'ordre des frères prêcheurs</i>

Saint Dominique de l’ordre des frères prêcheurs

Entretien avec l’historienne Nicole Bériou, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Si saint François d’Assise participe d’un imaginaire familier à la plupart des Européens, son contemporain saint Dominique reste une figure méconnue. Afin de réparer cet injuste oubli, les historiens Nicole Bériou et Bernard Hodel ont récemment publié une somme commentée des témoignages écrits consacrés au fondateur de l’ordre des Prêcheurs, aujourd’hui appelés Dominicains (Saint Dominique de l’ordre des frères prêcheurs, Editions du Cerf, 2019). Au fil des textes traduits du latin et de l’italien ancien, on découvre un homme soucieux d’apporter des réponses originales aux défis de son temps : exacerbation des rivalités religieuses, montée de l’inquiétude spirituelle et morale, tensions sociales, contestation des élites et de l’ordre établi. Si bien que, comme souvent s’agissant des figures médiévales, il nous apparaît tout à la fois lointain et très proche de nous.

mardi 10 mars 2020

“Peut-il y avoir encore un pouvoir souverain ?”

“Peut-il y avoir encore un pouvoir souverain ?”

Communication de M. Olivier Beaud, professeur à l’Université Paris II Panthéon-Assas à l’Académie des sciences morales et politiques
Toute une littérature juridique actuelle nous invite à penser un État post-moderne, un néo-constitutionnalisme mondial mais Olivier Beaud estime, à l’instar de son confrère britannique Martin Loughlin, que la figure de l’État n’est ni périmée ni moribonde et que la théorie de État reste pour l’instant sans alternative, n’ayant perdu ni son objet, ni son territoire. Certes, le pouvoir souverain évolue en droit et en fait. En droit, il n’est plus imperméable : l’État accepte de voir son pouvoir limité au profit d’une autorité européenne ou internationale. Il est plus menacé par les faits : l’État est-il encore capable de transcender les forces économiques et sociales qui le menaceraient dans sa souveraineté ? Une logique de réseaux supplanterait donc une logique de territoires. Toutefois, pour Olivier Beaud, tant que le pouvoir souverain n’est pas menacé en droit, seul son non-usage pourrait comporter le risque de conduire à son abandon. Mais ceci relève de la politique.

mardi 3 mars 2020

<i>Du Siècle rouge au Siècle vert</i>

Du Siècle rouge au Siècle vert

Entretien avec Régis Debray, lauréat 2019 du Grand Prix de littérature décerné par l’Académie française
“Nous avions connu les Internationales de l’espoir, nous découvrons l’internationale de l’angoisse”, écrit Régis Debray dans un essai analysant de façon acérée le changement de civilisation que représente, selon lui, le tropisme écologique de nos contemporains (Le Siècle vert. Editions Gallimard, 2020). Fort de son expérience des séductions idéologiques, il s’y attache à faire la part entre l’écologie et son double idéologique, voire religieux ou sectaire : l’écologisme. L’enjeu n’est pas anodin puisqu’il s’agit de trouver une voie équilibrée et raisonnée entre “le khmer vert et la fleur bleue” ou, pour le dire autrement, de préserver la nature sans renoncer à l’histoire.

mardi 3 mars 2020

<i>La Russie et la France</i> : quatre siècles de rendez-vous manqués

La Russie et la France : quatre siècles de rendez-vous manqués

Entretien avec Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française
Les relations entre la France et la Russie sont aujourd’hui empreintes d’incompréhensions et de tensions que l’on explique volontiers, côté français, par la personnalité de Vladimir Poutine. Et si les difficultés et les malentendus étaient plus anciens ? Et s’ils trouvaient leur source dans l’histoire ? Brossés avec brio par Hélène Carrère d’Encausse, les quatre siècles de relations entretenues par la Russie et la France de Pierre le Grand à Lénine ressemblent en effet à une suite de rendez-vous manqués qu’il convient d’analyser pour mieux se comprendre et nouer, enfin, une relation apaisée avec ce grand pays des confins de l’Europe.

mardi 25 février 2020

“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

Communication de M. Olivier Dard, directeur d’études à l’EHESS
Dans son allocution, l’auteur a présenté les principales idées contenues dans trois ouvrages majeurs de Bertrand de Jouvenel. D’abord Du Pouvoir dans lequel, s’inquiétant de la dérive possiblement despotique de la “souveraineté illimitée de la loi”, Jouvenel propose notamment d’imposer une véritable suprématie du droit, à l’image du rôle joué aux États-Unis par la Cour Suprême et de retrouver le sens de la liberté, assimilée à la dignité de la personne. Ensuite De la souveraineté et Du Principat où il poursuit sa critique des formes modernes d’organisation politique, trop dépourvues selon lui de contre-pouvoirs et de corps intermédiaires stables.

mercredi 5 février 2020

Le droit positif, facteur d'aggravation du sans-abrisme ?

Le droit positif, facteur d’aggravation du sans-abrisme ?

Par Anne-Sophie Ranaivo, lauréate du deuxième prix de recherche Caritas décerné par la Fondation de recherche Caritas-Institut de France
A la suite de travaux déjà menés par des sociologues, des anthropologues ou des chercheurs en sciences politiques, la thèse Sans domicile fixe et droit de la jeune juriste Anne-Sophie Ranaivo porte un regard neuf, car juridique, sur l’impact de la législation française relative aux personnes sans domicile fixe au sein de l’espace public. Outre ses recherches, la lauréate du deuxième prix de recherche Caritas s’appuie sur un travail empirique, notamment par sa participation à des maraudes. Elle redéfinit le terme de personne sans domicile fixe et s’interroge sur la propension du droit à pérenniser la très grande précarité de ces personnes sans-abri, en raison du caractère trop contraignant des moyens juridiques existants. En préconisant d’offrir en premier lieu un véritable logement aux personnes en difficulté, la doctrine du Housing House apparaît comme un moyen de faire face à cette menace.

mercredi 5 février 2020

Comprendre le vieillissement pour mieux s'y préparer

Comprendre le vieillissement pour mieux s’y préparer

Entretien avec le neurologue Yves Agid, au sujet de son ouvrage “Je m’amuse à vieillir”
En raison du formidable allongement de l’espérance de vie, notre pays compte déjà quelque 18 millions de personnes de plus de 60 ans et plus de 6 millions de 75 ans et plus. Il est donc urgent, pour les individus, la société et les institutions de comprendre ce qu’est vraiment la vieillesse. C’est ce à quoi s’attache le Professeur Yves Agid, membre de l’Académie des sciences. Fort de son expérience dans la prise en charge des personnes âgées, surtout celles qui souffrent, et d’un savoir-faire internationalement reconnu dans le domaine de la neurobiologie du vieillissement, normal et pathologique, il y combat aussi bien les poncifs négatifs sur la vieillesse que les fumeuses rêveries d’immortalité propagées par les prophètes transhumanistes. Pour Yves Agid, le vieillissement est avant tout celui du cerveau et l’on peut aborder cet âge avec joie stratégie à condition de bien saisir ses enjeux et surtout de s’y préparer individuellement et collectivement.

mercredi 5 février 2020

Jaune : histoire d'une couleur mal-aimée

Jaune : histoire d’une couleur mal-aimée

Entretien avec Michel Pastoureau au sujet du nouvel opus de son histoire des couleurs
Pourquoi donc le jaune est-il aujourd’hui la couleur la moins aimée des couleurs de base, loin derrière le bleu, le rouge ou le vert ? Pour Michel Pastoureau, qui lui consacre le nouveau volume de sa monumentale histoire des couleurs (Jaune. Histoire d’une couleur, Le Seuil, 2019), la réponse ne se trouve pas tant dans notre rétine que dans les profondeurs de notre imaginaire historique et symbolique. En effet, après avoir été célébré comme une couleur quasi sacrée dans l’Antiquité, le jaune a amorcé son déclin au Moyen Âge qui en a fait un symbole de maladie et de félonie avant que la sobriété chromatique promue par la Réforme protestante et les valeurs bourgeoises du XIXe siècle ne le rejettent en dehors de la bienséance. Pourtant un jaune positif persiste : celui des artistes d’avant-garde tels que les Fauves et bien sûr celui du célèbre “maillot jaune”. Michel Pastoureau se garde donc bien d’enterrer définitivement cette couleur en attente de rédemption. Comme en témoigne la soudaine irruption des “gilets jaunes” dans le champ politique et social, l’histoire des couleurs se poursuit sous nos yeux, si bien que le jaune est peut-être une couleur d’avenir.

mardi 28 janvier 2020

“Le déclin de la légitimité politique”

“Le déclin de la légitimité politique”

Communication de Pierre Manent, directeur d’études à l’EHESSS
L’orateur diagnostique le malaise qui affecte les vieilles démocraties qui ont été les fondatrices et les modèles du régime politique moderne, en Europe comme aux Etats-Unis. Il constate une division sociale et morale d’ampleur entre une classe instruite, souvent en anglais, qui participe au mouvement du monde et affiche une indépendance vis-à-vis de la nation, considérant tout lieu comme l’opportunité d’y exercer ses compétences ; et des couches sociales peu ou mal formées, pour lesquelles le mouvement du monde recèle des menaces, attachées à des formes de vie commune et souhaitant travailler au plus près du lieu où elles ont leurs habitudes de vie. Ces deux ensembles ont perdu leur capacité et leur désir de communiquer, ayant perdu le sentiment d’une chose commune à partager. Seule la conscience de classe prévaut, au mépris tranquille des uns répondant le ressentiment des autres.

lundi 20 janvier 2020

<i>Dictionnaire des saints et grands témoins du christianisme</i> : un outil contre l'amnésie historique (et spirituelle)

Dictionnaire des saints et grands témoins du christianisme : un outil contre l’amnésie historique (et spirituelle)

Entretien avec André Vauchez, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Noms de communes, d’hôpitaux, de gares, de rues et de stations de métro, sans oublier un nombre encore très important de prénoms usuels et de patronymes… Les noms des saints chrétiens em-plissent notre vie quotidienne et sont si familiers à nos oreilles que l’on ne s’interroge plus guère sur la vie qui fut la leur. Le Dictionnaire des saints et grandes figures du christianisme récemment pu-blié par les éditions du CNRS sous la direction d’André Vauchez et de Jean-Robert Armogathe, respectivement membre et correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, permet de remédier à cette amnésie. En 1400 pages, l’ouvrage présente les vies réelles de quelque 300 saints et figures marquantes des différentes églises chrétiennes des premiers siècles de notre ère à nos jours. Si bien que, par petite touche, biographie après biographie, c’est aussi une histoire de la sainteté - voire de la notion plus laïque d’exemplarité - qu’il nous propose. Témoins de leur foi et de leur temps, les saints d’hier et d’aujourd’hui portent aussi témoignage de l’évolution de nos sociétés.

lundi 20 janvier 2020

“Le concept de pouvoir”

“Le concept de pouvoir”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur souligne que le pouvoir est présent dans toutes les aventures humaines, du couple aux sphères du pouvoir politique. Toute relation de pouvoir combine quatre moments : une volonté équipée d’un argument, l’obéissance, la désobéissance, la sanction. Dès lors, il s’agit de comprendre les ressorts de l’obéissance. Ils sont au nombre de trois : il y a la peur, qui instaure une relation de pouvoir de l’ordre de la puissance, la fascination qui établit une relation de pouvoir fondée sur l’autorité et, enfin, le calcul qui induit un troisième mode de pouvoir : celui de la direction. Le pouvoir est donc un espace à trois dimensions : puissance, autorité, direction. A partir de cette définition, on peut identifier trois régimes politiques : le régime autocratique fondé sur une relation de puissance, la hiérocratie fondée sur l’autorité et la démocratie fondée sur la direction.

lundi 13 janvier 2020

« <i>Sapere aude</i> ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

« Sapere aude ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

Communication de Philippe Hayez, ancien directeur adjoint de la Direction Générale de la DGSE, professeur à Sciences Po.
Après avoir rappelé que par la loi du 24 juillet 2015, le législateur a reconnu une “politique publique de renseignement” l’orateur a examiné successivement trois questions permettant de démontrer que celle-ci peut être “tout autant un art qu’une science politique”. Pourquoi renseigner ? Comment renseigner en démocratie ? A quelles conditions peut-on continuer de s’appuyer sur le renseignement ? De la sorte, il exprime une conviction : instrument nécessaire à la survie des démocraties, le renseignement reste un outil corrosif voire dangereux auquel il faut accorder une attention exigeante, sans répulsion ni fascination.

lundi 6 janvier 2020

“L'Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

“L’Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

Communication de Georges-Henri Soutou devant l’Académie des sciences morales et poli-tiques
Pour l’orateur, l’Allemagne qui a été un extraordinaire laboratoire politico-idéologique depuis le XIXe siècle est sans doute en train de le redevenir. En effet, depuis les années 1990, l’Allemagne réunifiée paraissait être devenue un modèle de démocratie libérale apaisée, ouverte sur les évolutions de la société et le monde, faisant de l’économie sociale de marché un modèle envié par toute l’Europe. Toutefois, depuis la crise de 2008 et ses conséquences, ce modèle est remis en cause et la vie politique du pays est devenue imprévisible, telle un corps en surfusion qui attend une nouvelle cristallisation réorganisatrice.

mardi 17 décembre 2019

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