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“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

“Bertrand de Jouvenel : pouvoir, souveraineté, principat”

Communication de M. Olivier Dard, directeur d’études à l’EHESS
Dans son allocution, l’auteur a présenté les principales idées contenues dans trois ouvrages majeurs de Bertrand de Jouvenel. D’abord Du Pouvoir dans lequel, s’inquiétant de la dérive possiblement despotique de la “souveraineté illimitée de la loi”, Jouvenel propose notamment d’imposer une véritable suprématie du droit, à l’image du rôle joué aux États-Unis par la Cour Suprême et de retrouver le sens de la liberté, assimilée à la dignité de la personne. Ensuite De la souveraineté et Du Principat où il poursuit sa critique des formes modernes d’organisation politique, trop dépourvues selon lui de contre-pouvoirs et de corps intermédiaires stables.

mercredi 5 février 2020

Le droit positif, facteur d'aggravation du sans-abrisme ?

Le droit positif, facteur d’aggravation du sans-abrisme ?

Par Anne-Sophie Ranaivo, lauréate du deuxième prix de recherche Caritas décerné par la Fondation de recherche Caritas-Institut de France
A la suite de travaux déjà menés par des sociologues, des anthropologues ou des chercheurs en sciences politiques, la thèse Sans domicile fixe et droit de la jeune juriste Anne-Sophie Ranaivo porte un regard neuf, car juridique, sur l’impact de la législation française relative aux personnes sans domicile fixe au sein de l’espace public. Outre ses recherches, la lauréate du deuxième prix de recherche Caritas s’appuie sur un travail empirique, notamment par sa participation à des maraudes. Elle redéfinit le terme de personne sans domicile fixe et s’interroge sur la propension du droit à pérenniser la très grande précarité de ces personnes sans-abri, en raison du caractère trop contraignant des moyens juridiques existants. En préconisant d’offrir en premier lieu un véritable logement aux personnes en difficulté, la doctrine du Housing House apparaît comme un moyen de faire face à cette menace.

mercredi 5 février 2020

Comprendre le vieillissement pour mieux s'y préparer

Comprendre le vieillissement pour mieux s’y préparer

Entretien avec le neurologue Yves Agid, au sujet de son ouvrage “Je m’amuse à vieillir”
En raison du formidable allongement de l’espérance de vie, notre pays compte déjà quelque 18 millions de personnes de plus de 60 ans et plus de 6 millions de 75 ans et plus. Il est donc urgent, pour les individus, la société et les institutions de comprendre ce qu’est vraiment la vieillesse. C’est ce à quoi s’attache le Professeur Yves Agid, membre de l’Académie des sciences. Fort de son expérience dans la prise en charge des personnes âgées, surtout celles qui souffrent, et d’un savoir-faire internationalement reconnu dans le domaine de la neurobiologie du vieillissement, normal et pathologique, il y combat aussi bien les poncifs négatifs sur la vieillesse que les fumeuses rêveries d’immortalité propagées par les prophètes transhumanistes. Pour Yves Agid, le vieillissement est avant tout celui du cerveau et l’on peut aborder cet âge avec joie stratégie à condition de bien saisir ses enjeux et surtout de s’y préparer individuellement et collectivement.

mercredi 5 février 2020

Jaune : histoire d'une couleur mal-aimée

Jaune : histoire d’une couleur mal-aimée

Entretien avec Michel Pastoureau au sujet du nouvel opus de son histoire des couleurs
Pourquoi donc le jaune est-il aujourd’hui la couleur la moins aimée des couleurs de base, loin derrière le bleu, le rouge ou le vert ? Pour Michel Pastoureau, qui lui consacre le nouveau volume de sa monumentale histoire des couleurs (Jaune. Histoire d’une couleur, Le Seuil, 2019), la réponse ne se trouve pas tant dans notre rétine que dans les profondeurs de notre imaginaire historique et symbolique. En effet, après avoir été célébré comme une couleur quasi sacrée dans l’Antiquité, le jaune a amorcé son déclin au Moyen Âge qui en a fait un symbole de maladie et de félonie avant que la sobriété chromatique promue par la Réforme protestante et les valeurs bourgeoises du XIXe siècle ne le rejettent en dehors de la bienséance. Pourtant un jaune positif persiste : celui des artistes d’avant-garde tels que les Fauves et bien sûr celui du célèbre “maillot jaune”. Michel Pastoureau se garde donc bien d’enterrer définitivement cette couleur en attente de rédemption. Comme en témoigne la soudaine irruption des “gilets jaunes” dans le champ politique et social, l’histoire des couleurs se poursuit sous nos yeux, si bien que le jaune est peut-être une couleur d’avenir.

mardi 28 janvier 2020

“Le déclin de la légitimité politique”

“Le déclin de la légitimité politique”

Communication de Pierre Manent, directeur d’études à l’EHESSS
L’orateur diagnostique le malaise qui affecte les vieilles démocraties qui ont été les fondatrices et les modèles du régime politique moderne, en Europe comme aux Etats-Unis. Il constate une division sociale et morale d’ampleur entre une classe instruite, souvent en anglais, qui participe au mouvement du monde et affiche une indépendance vis-à-vis de la nation, considérant tout lieu comme l’opportunité d’y exercer ses compétences ; et des couches sociales peu ou mal formées, pour lesquelles le mouvement du monde recèle des menaces, attachées à des formes de vie commune et souhaitant travailler au plus près du lieu où elles ont leurs habitudes de vie. Ces deux ensembles ont perdu leur capacité et leur désir de communiquer, ayant perdu le sentiment d’une chose commune à partager. Seule la conscience de classe prévaut, au mépris tranquille des uns répondant le ressentiment des autres.

lundi 20 janvier 2020

<i>Dictionnaire des saints et grands témoins du christianisme</i> : un outil contre l'amnésie historique (et spirituelle)

Dictionnaire des saints et grands témoins du christianisme : un outil contre l’amnésie historique (et spirituelle)

Entretien avec André Vauchez, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Noms de communes, d’hôpitaux, de gares, de rues et de stations de métro, sans oublier un nombre encore très important de prénoms usuels et de patronymes… Les noms des saints chrétiens em-plissent notre vie quotidienne et sont si familiers à nos oreilles que l’on ne s’interroge plus guère sur la vie qui fut la leur. Le Dictionnaire des saints et grandes figures du christianisme récemment pu-blié par les éditions du CNRS sous la direction d’André Vauchez et de Jean-Robert Armogathe, respectivement membre et correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, permet de remédier à cette amnésie. En 1400 pages, l’ouvrage présente les vies réelles de quelque 300 saints et figures marquantes des différentes églises chrétiennes des premiers siècles de notre ère à nos jours. Si bien que, par petite touche, biographie après biographie, c’est aussi une histoire de la sainteté - voire de la notion plus laïque d’exemplarité - qu’il nous propose. Témoins de leur foi et de leur temps, les saints d’hier et d’aujourd’hui portent aussi témoignage de l’évolution de nos sociétés.

lundi 20 janvier 2020

“Le concept de pouvoir”

“Le concept de pouvoir”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur souligne que le pouvoir est présent dans toutes les aventures humaines, du couple aux sphères du pouvoir politique. Toute relation de pouvoir combine quatre moments : une volonté équipée d’un argument, l’obéissance, la désobéissance, la sanction. Dès lors, il s’agit de comprendre les ressorts de l’obéissance. Ils sont au nombre de trois : il y a la peur, qui instaure une relation de pouvoir de l’ordre de la puissance, la fascination qui établit une relation de pouvoir fondée sur l’autorité et, enfin, le calcul qui induit un troisième mode de pouvoir : celui de la direction. Le pouvoir est donc un espace à trois dimensions : puissance, autorité, direction. A partir de cette définition, on peut identifier trois régimes politiques : le régime autocratique fondé sur une relation de puissance, la hiérocratie fondée sur l’autorité et la démocratie fondée sur la direction.

lundi 13 janvier 2020

« <i>Sapere aude</i> ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

« Sapere aude ! Le renseignement, une politique nationale indispensable et exigeante »

Communication de Philippe Hayez, ancien directeur adjoint de la Direction Générale de la DGSE, professeur à Sciences Po.
Après avoir rappelé que par la loi du 24 juillet 2015, le législateur a reconnu une “politique publique de renseignement” l’orateur a examiné successivement trois questions permettant de démontrer que celle-ci peut être “tout autant un art qu’une science politique”. Pourquoi renseigner ? Comment renseigner en démocratie ? A quelles conditions peut-on continuer de s’appuyer sur le renseignement ? De la sorte, il exprime une conviction : instrument nécessaire à la survie des démocraties, le renseignement reste un outil corrosif voire dangereux auquel il faut accorder une attention exigeante, sans répulsion ni fascination.

lundi 6 janvier 2020

“L'Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

“L’Allemagne en surfusion. Le temps des incertitudes et des recompositions”

Communication de Georges-Henri Soutou devant l’Académie des sciences morales et poli-tiques
Pour l’orateur, l’Allemagne qui a été un extraordinaire laboratoire politico-idéologique depuis le XIXe siècle est sans doute en train de le redevenir. En effet, depuis les années 1990, l’Allemagne réunifiée paraissait être devenue un modèle de démocratie libérale apaisée, ouverte sur les évolutions de la société et le monde, faisant de l’économie sociale de marché un modèle envié par toute l’Europe. Toutefois, depuis la crise de 2008 et ses conséquences, ce modèle est remis en cause et la vie politique du pays est devenue imprévisible, telle un corps en surfusion qui attend une nouvelle cristallisation réorganisatrice.

mardi 17 décembre 2019

Un nouveau regard sur Hermès Trismégiste et l'hermétisme

Un nouveau regard sur Hermès Trismégiste et l’hermétisme

Entretien avec Jean-Pierre Mahé, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
On a longtemps considéré que les textes épars produits pendant près de six cents ans, depuis le début de l’âge hellénistique jusqu’au troisième siècle de notre ère, sous le nom d’Hermès Trismé-giste constituaient une philosophie constellée de contradictions née de la rencontre tumultueuse entre les traditions grecques, égyptiennes et hébraïques. Dans un récent ouvrage (Hermès Trismé-giste. Paralipomènes Tome V, Les Belles Lettres, 2019) prolongeant, grâce à de nouvelles sources, notamment coptes et arméniennes, les travaux accomplis, dans les années 40 et 50, par son con-frère André-Jean Festugière, Jean-Pierre Mahé propose une interprétation différente : ces écrits n’exposeraient pas un système philosophique, mais une voie, c’est-à-dire une progression mentale, où les valeurs s’affirment et se transforment à chaque étape au fil d’une remontée vers l’intellect divin.

mardi 17 décembre 2019

“ Les interventions militaires de la France sont-elles encore utiles et efficaces ?”

“ Les interventions militaires de la France sont-elles encore utiles et efficaces ?”

Communication du général Henri Bentegeat , ancien chef d’état-major des armées, devant l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur part du constat que, pour une série de raisons de diverses natures, l’interventionnisme déployé depuis 25 ans par notre pays est aujourd’hui jugé risqué et coûteux pour des résultats incertains. C’est la question de l’efficacité voire de l’utilité et de l’acceptabilité de nos engagements qui est posée. Y répondre est une impérieuse nécessité car, comme l’avait bien perçu Clausewitz, lorsqu’une nation est confrontée à la guerre, une communion parfaite entre le Prince, le Chef militaire et le Peuple s’impose.

mardi 10 décembre 2019

“La France, puissance polaire”

“La France, puissance polaire”

Communication de M Hervé Gaymard, ancien ministre, président du conseil départemental de Savoie, devant l’Académie des sciences morales et politiques
Dans cette intervention, l’orateur éclaire les enjeux et dresse les lignes de force de ce que pourrait être une politique polaire de la France, appelée à assumer son rôle de puissance polaire lors de sa présidence de la Réunion des Parties consultatives sur le Traité sur l’Antarctique (RCTA) en juin 2021. Il estime indispensable que la France se dote d’un Livre Blanc clarifiant ses positions et qu’elle décline une politique ambitieuse de recherche polaire car “les questions polaires constituent donc une partie intégrante d’une politique globale de la France”.

lundi 2 décembre 2019

“La France et les Nations Unies : une histoire critique”

“La France et les Nations Unies : une histoire critique”

Communication Alain Dejammet, Ambassadeur de France devant l’Académie des sciences morales et politiques
L’ancien ambassadeur de France aux Nations Unies souligne la distance qui existe entre la légende dorée et la réalité des relations entre la France et les Nations Unies. Cette légende serait due à la fortune actuelle du multilatéralisme dont la France serait la championne et au fait que l’ONU en serait le théâtre désigné, ce qui consacrerait l’idée d’un couple franco-onusien. Or, selon lui, la réalité est plus complexe…

lundi 25 novembre 2019

La science au secours de la démocratie

La science au secours de la démocratie

Entretien avec Philippe Kourilsky, membre de l’Académie des sciences
Vingt ans après la chute du mur de Berlin, alors interprété comme le triomphe du modèle démocratique occidental, celui-ci apparaît frappé par une profonde crise de sens et de confiance dont témoigne, parmi d’autres symptômes, l’essor de régimes politiques plus ou moins autoritaires au sein des nouvelles puissances émergentes. Faisant le constat de ce périlleux désenchantement, le biologiste Philippe Kourilsky ne s’y résigne pas. Se définissant comme “scientifique et démocrate”, il propose, dans son dernier ouvrage (De la science et de la démocratie, Editions Odile Jacob, 2019) de mobiliser la méthode et les concepts scientifiques contemporains, comme la robustesse et la complexité, au service d’une profonde régénération de nos démocraties. Au-delà des solutions innovantes proposées, c’est un débat qu’il a ainsi le courage de lancer.

lundi 25 novembre 2019

<i>Les Aventuriers du pouvoir</i> : un regard d'écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Les Aventuriers du pouvoir : un regard d’écrivain sur la politique française de Morny à Macron

Entretien avec Jean-Marie Rouart, de l’Académie française
Et si nos hommes politiques constituaient une matière romanesque de première qualité ? C’est ce que l’on est conduit à penser à la lecture du recueil dans lequel les éditions Robert Laffont ont réuni quelques-uns des ouvrages consacrés par Jean-Marie Rouart aux “aventuriers du pouvoir”. Outre ses anciennes biographies de Napoléon, Mornis et Berny, ce volume comprend une série inédite de “portraits acides” de figures marquantes de la Ve République : de Gaulle, Giscard, Mitterand, Chirac, Sarkozy, Macron et bien d’autres aux ambitions plus modestes ou contrariées. Sous la plume, souvent féroce, mais toujours élégante, de Jean-Marie Rouart, tous prennent chair et deviennent de nouveaux personnages, hauts en couleurs, de notre roman national. A travers ces portraits, Jean-Marie Rouart brosse, par petites touches, un portrait psychologique de la France contemporaine ainsi qu’une fresque un brin mélancolique d’un demi-siècle de vie politique.

mardi 19 novembre 2019

Le peuple, acteur méconnu de l'histoire

Le peuple, acteur méconnu de l’histoire

Entretien avec Gérard Noiriel, auteur d’Une Histoire populaire de la France
Lauréat 2019 du Prix Eugène Colas, décerné par l’Académie française, pour son Histoire populaire de la France (Éditions Agone, 2018), l’historien Gérard Noiriel explique la perspective selon laquelle il a étudié, tout au long de sa carrière, la façon dont les classes populaires ont contribué, souvent en opposition avec les “grands hommes”, à l’histoire de notre pays. Dans une approche socio-historique dont il donne les clefs, loin de proposer une vision misérabiliste de l’histoire et en se gardant bien de tomber dans l’écueil de la concurrence mémorielle ou victimaire, il propose au contraire de rendre aux membres des classes populaires françaises leur dignité d’acteurs à part entière de notre histoire commune, de la guerre de Cent Ans à nos jours.

lundi 28 octobre 2019

“L'acte II d'Emmanuel Macron”

“L’acte II d’Emmanuel Macron”

Allocution d’Alain Duhamel, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Le politologue et journaliste s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 14 octobre 2019

“L'influence française sur le droit international”

“L’influence française sur le droit international”

Par Serge Sur, professeur émérite à l’université Panthéon-Assas
L’orateur a notamment souligné que l’influence française sur le droit international s’exerce à travers trois approches : celle des légistes qui sont des juristes organiques, au service de l’Etat ; celle des juristes, en principe indépendants, qui analysent le droit et formalisent des théories et des doctrines ; enfin, celle des visionnaires, ces publicistes qui recherchent le bon droit et militent pour sa reconnaissance. Si dans les instances internationales, l’influence de la France est en déclin (exception faite de son rôle au conseil de sécurité de l’ONU), et ce au profit de l’affirmation du droit coutumier et de la procédure anglo-saxonne, la place de la doctrine française est plus affermie sur le plan européen. Elle le doit à deux institutions - l’Annuaire français de droit international et la Société française pour le droit international - et à l’héritage de grandes figures visionnaires (de Bodin à Cassin) qui ont contribué à forger les grands concepts organisateurs du droit international.

lundi 14 octobre 2019

“La Russie et l'Europe”

“La Russie et l’Europe”

Allocution de Mme Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française.
L’historienne, auteur de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire russe et soviétique s’exprimait lors de l’édition 2019 des “Conversations chez M. Thiers”.

lundi 7 octobre 2019

Les mutations romaines de la <i>res publica</i>

Les mutations romaines de la res publica

Entretien avec Claudia Moatti, lauréate du Prix Millepierres pour son “histoire romaine de la chose publique”
Chacun le sait : le nom même de notre République fait référence à la res publica romaine. Mais comment interpréter cette référence insistante à une société pourtant foncièrement inégalitaire et pétrie d’idéaux aristocratiques ? Pour répondre à cette question Claudia Moatti, professeur à l’université Paris 8, a réalisé une minutieuse enquête sur la façon dont les romains eux-mêmes envisageaient la chose publique : Res publica. Histoire romaine de la chose publique (Éditions Fayard, 2019). Cet ouvrage distingué par le Prix Millepierres décerné par l’Académie française, met l’accent sur le caractère évolutif d’une notion qui, dès l’origine, subit de nombreuses inflexions au gré des enjeux et des rapports de forces politiques. Dans l’entretien qu’elle nous a accordé, Claudia Moatti explique ainsi qu’après avoir été envisagée comme la somme dynamique des interactions entre citoyens, la res publica est progressivement devenue, à l’aube de l’avènement de l’Empire, une référence transcendante mobilisée pour disqualifier tout désaccord. Nul doute que cet ouvrage confirme combien le détour par l’antique continue d’éclairer les enjeux politiques et institutionnels qui sont ceux de notre propre République.

lundi 7 octobre 2019

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