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“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

“La différence entre politique extérieure et relations internationales : le cas de la France”

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
S’inspirant de “l’avis au roi” du cardinal de Richelieu (1629), dans lequel celui-ci développait le programme de politique le plus à même de briser la domination de la maison d’Autriche sur l’Europe, Jean Baechler a distingué entre des stratégies imposées par les contraintes d’un système de jeu extérieur, qui relèvent d’une véritable approche en termes de “relations internationales”, et d’autres définies sous la pression de facteurs internes, qui composent une simple “politique extérieure”. Les premières sont accordées à la logique et à la rationalité du système de jeu, pas les secondes. Elles alternent au cours de l’histoire de France, même si de manière générale les systèmes de jeu successifs dans lesquels le pays s’est retrouvé engagé lui ont dicté des choix rationnels.

lundi 15 juillet 2019

<i>“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”</i>

“France et Italie : les relations troublées entre les sœurs latines”

Communication de Massimo De Leonardis, professeur à l’Université du Sacré-Cœur de Milan.
Après avoir brossé une vaste fresque des relations, souvent tumultueuses, entretenues par la France et l’Italie depuis la création du Royaume d’Italie en 1861, l’orateur s’est interrogé sur les frictions actuelles. Selon lui, la clé des relations franco-italiennes est avant tout culturelle. En effet, tandis que l’Italie s’accepte comme une “puissance moyenne”, aux ambitions surtout régionales, la France continue de se voir en “puissance européenne au rayonnement global”, bien qu’en ayant de moins en moins les moyens. Il résulte de ce décalage, côté français, un certain sentiment de supériorité, ressenti comme tel de l’autre côté des Alpes, où l’on soupçonne volontiers l’arrogant voisin gallican d’utiliser le projet européen à des fins intéressées. Mais c’est aussi dans la culture que peut se réaliser le dépassement de ces stéréotypes. Ainsi l’orateur a-t-il annoncé qu’était envisagée la renaissance d’un Comité franco-italien de études historiques, qui pourrait, en ce domaine, faire œuvre utile.

lundi 8 juillet 2019

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Un autre regard sur la prédication au Moyen Âge

Entretien avec Nicole Bériou, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres
Comment être écouté et se faire entendre des simples gens ? Comment les entretenir efficacement de Dieu, des anges et des saints ? Comment les inciter à une authentique conversion ? Ces questions sont celles que se posaient les prédicateurs du Moyen Âge, dont la médiéviste Nicole Bériou souligne, dans un récent ouvrage (Religion et Communication, Éditions Droz, 2018), la volonté de parvenir à l’excellence dans l’art oratoire. En révélant notamment leur constant souci d’innovation, elle nous invite à porter “un autre regard sur la prédication Moyen Âge”, mais aussi sur l’ensemble de cette période, décidément plus inventive qu’on a longtemps voulu le dire.

lundi 1er juillet 2019

“Les yeux du Saint-Siège sur les relations internationales de la France”

“Les yeux du Saint-Siège sur les relations internationales de la France”

Communication de Philippe Levillain, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Plutôt que de retracer la riche histoire des relations entre la France et le Saint-Siège, Philippe Levillain a souligné que le Vatican envisageait notre pays comme “un lieu d’appréciation des convulsions contemporaines entre Jérusalem et Athènes, entre la Foi et la Raison, au cœur de la civilisation européenne depuis des siècles”. L’orateur a distingué trois grandes époques au long des huit dernières décennies. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, “la France joue un rôle clef dans le projet européen du pape Pie XII”. Mais c’est aussi un temps de tensions, au sujet de la décolonisation, anticipée par le Saint-Siège en promouvant les élites locales. Le retour au pouvoir du général de Gaulle ouvre un “âge d’or” même si le Vatican n’épouse pas le point de vue gaullien sur l’Europe et mise sur l’ONU tout en se démarquant, lui aussi, d’un atlantisme étroit, tandis que la législation française sur les mœurs contribue, par la suite, à distendre les liens. Avec l’élection de Jean-Paul II (1978) “l’axe de la civilisation chrétienne se déplace vers l’Est” et, suite à l’opposition française à la mention des origines chrétiennes de l’Europe, la France est regardée comme “la terre d’un humanisme chrétien en voie de déshérence”. Sur ce point, toutefois, le défi concerne tout l’Occident et la singularité française est de moins en moins ressentie comme telle.

lundi 1er juillet 2019

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

“Grande-Bretagne-France : alliance possible, entente difficile”

Communication de John Rogister, professeur émérite de l’université de Durham, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur a brossé une large fresque des relations franco-britannique de “l’Entente cordiale” de 1904 à nos jours, où, sur fond de Brexit, elles sont fort tributaires des sentiments partagés des Britanniques à l’égard de l’Union européenne. A ce sujet, John Rogister a souligné que la ratification du traité de Lisbonne, malgré le rejet par les électeurs français et néerlandais du traité constitutionnel, a été regardée comme une illustration du “déficit démocratique” de l’Union européenne, de la part d’un peuple attaché par ailleurs à ses traditions parlementaires. D’où une situation paradoxale : alors que les liens entre la Grande-Bretagne et le continent, singulièrement la France, se sont intensifiés depuis quatre décennies, l’opinion britannique est divisée entre l’affirmation de sa liberté et l’appartenance à un espace auquel son intégration, sur bien des points, ne fait aucun doute.

lundi 24 juin 2019

“La politique européenne de la France”

“La politique européenne de la France”

Communication de Maxime Lefèbvre, ancien ambassadeur, chargé de mission prospective auprès de l’Union européenne.
“La France s’est européanisée dans la construction européenne, mais elle ne cesse pas d’avoir des intérêts, des priorités, des préférences, des sensibilités”, estime Maxime Lefebvre, qui invite à articuler, pour l’avenir, trois impératifs : redresser la France, continuer de nourrir des ambitions pour l’Europe et conserver à une capacité d’action autonome.

lundi 17 juin 2019

Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Mesnard par Claudine Tiercelin.

Lecture de la notice sur la vie et les travaux de Jean Mesnard par Claudine Tiercelin.

Allocution prononcée sous la Coupole le 27 mai 2019
Sacrifiant au « rituel » de la présentation de son prédécesseur, Claudine Tiercelin s’est inspirée de l’enseignement de Jean Mesnard, qui recommandait, toujours, de partir des faits – que lui-même établissait avec une érudition très sûre, dépouillant des masses considérables d’archives, grâce à quoi il fit revivre nombre de figures intellectuelles du Grand Siècle tombées dans l’oubli. Après avoir évoqué l’universitaire accompli, le maître incontesté des études pascaliennes et, plus généralement, l’éminent spécialise du XVIIe siècle, elle a retenu deux points de son œuvre, par lesquels il rejoint ses contemporains : sa théorisation de la culture et sa conception du savoir et de l’université.

vendredi 7 juin 2019

Les boîtes à idées de Marianne : naissance des think tanks de relations internationales en France (1935-1985)

Les boîtes à idées de Marianne : naissance des think tanks de relations internationales en France (1935-1985)

Par Sabine Jansen, historienne, laureate du prix Jean Sainteny décerné par l’Académie des sciences morales et politiques
Un organisme français, l’Institut français des relations internationales (IFRI), occupe aujourd’hui la deuxième place au classement mondial des think tanks. Quels sont les ingrédients de ce succès ? L’historienne Sabine Jansen, en retraçant l’histoire de cette organisation, montre comment le Centre d’études de politique étrangère, sorte de bureau d’études au service du gouvernement, s’est mué en think tank à la fin des années 1970. Elle explique comment s’est opérée l’ouverture au monde de l’entreprise et la création d’un modèle hybride de diplomatie économique et politique, et met en lumière le rôle pionnier joué par Thierry de Montbrial, à présent membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

vendredi 7 juin 2019

<i>Singe toi-même !</i> Une défense de la singularité humaine.

Singe toi-même ! Une défense de la singularité humaine.

Entretien avec le neurobiologiste Alain Prochiantz, membre de l’Académie des sciences
En mettant en avant que l’homme et ses plus proches cousins - chimpanzés et bonobos - partagent plus de 98 % de génomes, certains de nos contemporains tendent à relativiser, voire nier, la singularité de Sapiens dans le règne animal. C’est à ces théories, parfois sous-tendues par une idéologie anti-humaniste, que répond, dans un ouvrage aussi vif que précis (Singe toi-même !, Éditions Odile Jacob, 2019), le neurobiologiste Alain Prochiantz en soulignant que si l’homme est bien un singe, il n’est décidément pas du tout un singe comme les autres.

lundi 3 juin 2019

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

“La politique internationale de la France dans le domaine du terrorisme”

Communication de M. Éric Danon, directeur général adjoint des affaires de politique et de sécurité.
Pour venir à bout du défi spécifique que représente le terrorisme islamiste, l’orateur estime que la France doit reconsidérer de manière pragmatique ses dispositifs antiterroristes. Il propose ainsi de porter les efforts dans trois directions, qui toutes comportent un volet extérieur. La première est la lutte contre la propagande salafiste, qui est indissociable d’un dialogue avec les pays d’origine des imams et d’une coopération avec les grands acteurs d’Internet. La deuxième est la poursuite des opérations contre les groupes terroristes, qui débordent d’ailleurs le seul cadre militaire, à l’instar de la coopération internationale pour assécher les circuits financiers du terrorisme. Enfin, la sécurité intérieure passe par une meilleure coordination des mesures antiterroristes, en France mais aussi entre partenaires européens. Sur tous ces points, Éric Danon insiste sur la nécessité des sociétés démocratiques occidentales de rester elles-mêmes car tout indique que la violence djihadiste est destinée à durer.

lundi 13 mai 2019

<i>Le Musée du Crime :</i> la mémoire du 36 quai des Orfèvres

Le Musée du Crime : la mémoire du 36 quai des Orfèvres

Jean Tulard nous convie au mythique musée de la Préfecture de police de Paris
Adresse mythique de la PJ, le 36, quai des Orfèvres a aussi été le siège du Musée et des archives de la préfecture de police de Paris que dirigea, de 1944 à 1970, Hélène Tulard, mère de l’historien Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. En présentant, dans son dernier ouvrage (Le Musée du Crime, Éditions Hémisphères, 2019), une série de chroniques rédigées par celle-ci, Jean Tulard brosse une fresque pittoresque de l’histoire du crime et de ceux qui le combattent dans la capitale. Bienvenue dans le “Musée du crime” !

vendredi 26 avril 2019

“Deux parlements pour un objectif : la coopération entre l'Assemblée nationale et le Bundestag allemand”

“Deux parlements pour un objectif : la coopération entre l’Assemblée nationale et le Bundestag allemand”

Communication de Wolfgang Schäuble, président du Bundestag allemand, membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques
Prenant pour point de départ de son propos la récente création de l’Assemblée parlementaire franco-allemande réunissant des parlementaires issus de l’Assemblée nationale et du Bundestag, Wolfgang Schäuble a précisé les objectifs de cette chambre : “intégrer le point de vue légitime de l’autre dans notre propre perspective, pour élaborer ainsi ce qui nous est commun”. Puis, élargissant son propos, il a livré une réflexion sur les défis qu’affrontent les démocraties occidentales. Il a notamment appelé à sortir d’une approche purement matérialiste des politiques publiques, car “le bonheur des gens dépend aussi de la capacité à mener sa vie d’une manière telle que l’on est en harmonie avec soi-même ; que l’on bénéficie d’attaches, que l’on se sent enraciné, abrité ; que l’on s’appuie sur un socle, un chez-soi”. Celui-ci est en grande partie représenté par les États-nations, mais il est temps, a estimé W. Schäuble, de travailler à compléter les identités nationales par une identité européenne, qui soit l’expression d’une communauté d’histoire et de culture mais aussi de la volonté, pour les Européens de peser dans l’ordre mondial.

mardi 23 avril 2019

Le modèle français en échec : la République helvétique (1798-1803)

Le modèle français en échec : la République helvétique (1798-1803)

Communication de Robert Kopp, professeur de littérature française à l’université de Bâle et correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
A travers le rappel du bref épisode historique qu’a constitué, de 1798 à 1803, la République helvétique calquée sur les institutions du Directoire français, l’orateur a montré comment celui-ci avait contribué à façonner le rapport de la Confédération helvétique avec son voisin français et plus généralement avec le reste de l’Europe, jusqu’à nos jours. En effet, bien que revendiquée au XIXe siècle par les radicaux comme la matrice du futur État fédéral, ce régime éphémère a été généralement associé à l’imposition d’un modèle exogène, synonyme de perte d’indépendance. Pour Robert Kopp, c’est précisément en cela que la République helvétique représente “un moment de catalyse, qui a précipité certains traits du fédéralisme helvétique”. En effet, “confrontée à son contraire”, la Suisse a “pris conscience, au prix d’une guerre civile, de ce qu’elle était, de ce qu’elle pouvait être et de ce qu’elle ne voulait pas être”. Ce discernement s’est en particulier appliqué aux trois principes fondamentaux qui, depuis le Moyen-Âge, définissent l’identité politique de la Suisse et que heurtait de front la République helvétique : sa neutralité, son refus du centralisme et ses libertés locales.

vendredi 29 mars 2019

Au-delà des frontières : surmonter la crise identitaire

Au-delà des frontières : surmonter la crise identitaire

Entretien avec Andreï Makine, de l’Académie française
Comment expliquer qu’un jeune français d’aujourd’hui puisse imaginer avec jubilation l’exil forcé des millions de personnes qu’il juge responsables de la décadence de la France ? C’est la question qui taraude le narrateur du dernier roman d’Andreï Makine (Au-delà des frontières, Grasset, 2019) destinataire du manuscrit du Grand Déplacement, rédigé de la main d’un jeune auteur en roie au trouble identitaire qui saisit nombre de nos contemporains. Mais son enquête le conduira à un questionnement plus fondamental. Et si la crise identitaire contemporaine recouvrait une crise existentielle, liée à la vacuité de l’époque et à la fugacité des vies humaines ? Et si, pour surmonter notre trouble et accéder enfin à la sérénité et au bonheur, il fallait renoncer à la vanité narcissique des jeux sociaux pour retrouver l’essentiel ?

vendredi 22 mars 2019

“L'intérêt national”

“L’intérêt national”

Communication de par Thierry de Montbrial, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Spécialiste reconnu des relations internationales, Thierry de Montbrial fait le constat qu’à rebours d’une longue tradition inaugurée par Richelieu et portée en particulier au XXe siècle par le général de Gaulle, l’intérêt national est victime en France, depuis une dizaine d’années, d’une “étrange ellipse”. Certes, les présidents continuent de se référer à des “intérêts vitaux”, mais ils ont tendance à les confondre plus ou moins avec le statut de puissance nucléaire. Les autres dimensions de l’intérêt national sont tues, dissoutes dans la notion plus vague d’influence globale, quand elles ne sont pas niées. Pour l’orateur, le temps est donc venu d’une refondation de la politique extérieure française autour d’une conception renouvelée de l’intérêt national. Pour lui, loin de se limiter aux seules sphères économiques ou stratégiques, celui-ci doit être appréhendé comme un “bien public” dont la définition requiert l’engagement de toutes les forces de la nation car, comme l’avait bien perçu Samuel Huntington, “nous devons savoir qui nous sommes, avant de pouvoir savoir quels sont nos intérêts”.

lundi 18 février 2019

Claire Auzuret, lauréate du prix de recherche Caritas : expériences d'une chercheuse en sociologie de la pauvreté

Claire Auzuret, lauréate du prix de recherche Caritas : expériences d’une chercheuse en sociologie de la pauvreté

Travailler sur la pauvreté et plus précisément sur les itinéraires de sortie de la pauvreté, angle mort des travaux de sociologie : tel est l’objectif que s’est fixée Claire Auzuret pour sa thèse de doctorat, récompensée par le prix 2018 de la fondation de recherche Caritas – Institut de France. Pour expliquer le basculement des personnes et des familles dans et hors de la pauvreté, la jeune sociologue croise plusieurs dimensions d’analyse et prend pleinement en compte les différents aspects du sentiment de pauvreté. Elle raconte ici les obstacles rencontrés dans sa recherche des personnes à interroger, notamment la méfiance face à l’institution, mais aussi l’émotion partagée lors du récit de parcours douloureux.

lundi 4 février 2019

“L'opinion et la crédulité”

“L’opinion et la crédulité”

Communication de Gérald Bronner, professeur de sociologie, Université Paris-Diderot
Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de “sociétés du savoir” grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les “minorités active” motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la “démagogie cognitive” qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.

mercredi 9 janvier 2019

“L'opinion et la crédulité”

“L’opinion et la crédulité”

Communication de Gérald Bronner, professeur de sociologie, Université Paris-Diderot
Par son intervention, l’orateur s’est penché sur les causes du vif contraste existant entre les espoirs nourris, au début des années 2000, en l’avènement de “sociétés du savoir” grâce à la généralisation d’Internet et l’écho favorable que rencontrent aujourd’hui les théories du complot et plus généralement un certain nombre de discours irrationnels. Décrivant les caractéristiques d’un marché de l’information désormais dérégulé, il a souligné combien celui-ci favorisait les “minorités active” motivées à faire entendre leurs convictions et faisait primer l’instantanéité sur le recul dans le traitement de l’information. De façon plus grave, il a également mis en garde contre les dangers de la “démagogie cognitive” qui permet à certains acteurs d’exploiter les biais cognitifs auxquels nous sommes tous sujets. D’où la conviction que la lutte contre la crédulité passe, de façon déterminante, par une meilleure connaissance des failles de notre cerveau dans la réception et l’analyse des informations qui lui sont proposées de façon massive.

mercredi 9 janvier 2019

Séance de rentrée solennelle 2018 de l'Académie des beaux-arts

Séance de rentrée solennelle 2018 de l’Académie des beaux-arts

Avec un discours de Laurent Petitgirard, Secrétaire Perpétuel de l’Académie, sur le thème “Interpréter, est-ce créer ?”
Le mercredi 21 novembre 2018, sous la Coupole du Palais de l’Institut de France, l’Académie des beaux-arts a proclamé à l’occasion de sa Séance solennelle annuelle le palmarès des prix qu’elle a décernés au cours de l’année écoulée. Une cinquantaine de prix ont ainsi été remis à des artistes de tous âges, confirmés ou au seuil de leur carrière, en dessin, peinture, sculpture, gravure, architecture, composition musicale, photographie ainsi qu’à des ouvrages d’art. En encourageant ainsi la création artistique dans toutes ses expressions, elle participe au renouvellement des générations d’artistes et se positionne comme un acteur majeur du mécénat et du rayonnement culturel français. Au cours de cette séance, un hommage a été rendu aux membres disparus en 2018 et le Secrétaire Perpétuel de l’Académie, Laurent Petitgirard, a prononcé un discours sur le thème “Interpréter, est-ce créer ?”. L’ensemble vocal Les Métaboles et l’Orchestre Colonne ont ponctué musicalement cette séance.

jeudi 13 décembre 2018

“L'opinion européenne et son baromètre”

“L’opinion européenne et son baromètre”

Communication de Dominique Reynié, professeur de science politique à Sciences Po Paris et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique, devant l’Académie des sciences morales et politiques, le 19 novembre 2018.
Est-il pertinent de transposer l’opinion publique, réalité née dans un cadre national, au niveau européen ? Oui, a répondu l’orateur car dans la mesure où, l’Europe constitue un “espace politiquement ordonné”, elle est naturellement propice à l’éclosion d’opinions communes sur les compétences prises en charge par l’Union européenne (comme l’euro) et plus généralement sur son avenir. Ainsi, en l’état actuel, la tendance marquante de l’opinion européenne est la progression continue dans les urnes de partis antisystèmes et eurocritiques, que devraient encore confirmer les élections de mai 2019 au Parlement européen. Ce serait pourtant faire erreur, selon Dominique Reynié, de l’interpréter de manière univoque, comme un regain nationaliste. Car les sondages montrent, dans le même temps, un attachement majoritaire au maintien dans l’Union européenne. Ainsi, les Européens aspireraient avant tout à une puissance publique capable dans les protéger dans le contexte anxiogène de la mondialisation, que ce soit au niveau des États comme de l’Union.

mercredi 28 novembre 2018

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