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Des taux d'intérêt nuls voire négatifs peuvent-ils favoriser le financement de l'économie ?

Des taux d’intérêt nuls voire négatifs peuvent-ils favoriser le financement de l’économie ?

Dans cette nouvelle chronique, Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et membre de l’Académie des sciences morales et politiques s’interroge sur l’incongruité que représente les taux d’intérêt nuls voire négatifs durables tels que ceux que l’on connaît actuellement.

mercredi 18 juillet 2018

“L'Église, le Vatican et sa communication”

“L’Église, le Vatican et sa communication”

Communication de Philippe Levillain, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
L’orateur a commencé son exposé par une évocation de Vatican II (1962-1965), car c’est à cette occasion que, de son point de vue, l’opinion publique s’est introduite à l’intérieur de l’Église catholique, du moins à son sommet. Une évolution qu’il juge regrettable car “à la verticalité du message dont l’Église est censée être le relais, on opposa l’horizontalité de l’instant, du moment, de la vérité brutale des mots. Finalement, à la tentation du perfectus, on substitua le progressus, le renouvellement substantiel permanent”. D’où les efforts importants de la papauté pour adapter sa communication, notamment via la médiatisation accrue des papes qui, depuis Jean-Paul II, ne s’expriment plus seulement à travers les anciens canaux formels mais n’hésitent pas à se livrer aux questions des journalistes et même à mettre en scène leur personnalité et leurs voyages, devenant ainsi des “figures familières d’une opinion mondialisée”.

mercredi 11 juillet 2018

Celui qui disait non, d'Adeline Baldacchino

Celui qui disait non, d’Adeline Baldacchino

Par Haïm Korsia, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Le 13 juin 1936 dans le port de Hambourg où Hitler vient baptiser un navire, August Landmesser, un jeune ouvrier allemand est seul à ne pas faire le salut nazi, geste ou plutôt non geste immortalisé sur la photo prise par un journaliste. Fascinée par cet homme, Adeline Baldacchino a mené l’enquête sur cet homme avant de lui redonner vie dans un roman (Celui qui disait non, Fayard, 2018). Haïm Korsia, membre de l’Académie des sciences morales et politiques et grand rabbin de France depuis 2014, explique pourquoi ce livre l’a particulièrement touché.

mercredi 11 juillet 2018

“Comment le djihadisme recrute grâce aux réseaux sociaux”

“Comment le djihadisme recrute grâce aux réseaux sociaux”

Communication de M. Gilles Keppel, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris
Dans son exposé, l’orateur a notamment rappelé qu’à chacune des phases du djihadisme contemporain, avaient correspondu un mode d’expression et des vecteurs de transmission distincts. Dans la première phase, qui commence autour de 1979 avec la révolution iranienne et l’intervention soviétique en Afghanistan, la mobilisation se fait essentiellement par l’écrit. L’apparition au grand jour d’Al-Qaida en 1998 inaugure une seconde phase, qui porte le djihad en dehors du monde musulman. Ses textes de propagande sont désormais diffusés via Internet et c’est à la télévision que sont rendus publics ses “exploits”. Les attentats, soigneusement planifiés, sont l’objet d’une mise en scène spectaculaire : les images du 11 septembre tournent en boucle, de longues semaines, sur les télévisions. À cette date, l’avènement des réseaux sociaux a déjà ouvert la voie à un nouveau type de djihad, dont l’organisation n’est plus hiérarchique mais cherche à susciter de multiples initiatives locales, au cœur même des pays occidentaux. Les auteurs des attentats qui frappent la France depuis 2012 s’inscrivent dans cette logique.

jeudi 5 juillet 2018

“Le cinéma, les séries télévisées, la bande dessinée : fabriques d'opinion”

“Le cinéma, les séries télévisées, la bande dessinée : fabriques d’opinion”

Communication de M. Hubert Védrine, ancien ministre
Dans cette communication prononcée, le 18 juin 2018 l’orateur a souligné que, si pour une bonne part, films, séries et bandes dessinées sont avant tout une transposition du monde dans lequel vivent leurs créateurs, ils ne sont pas, pour autant, un reflet passif et neutre car la puissance subjuguante de l’image porte en elle-même une force de conviction. Ainsi lorsque Hergé, dans le Lotus bleu, attira l’attention sur les événements qui se produisaient en Chine dans les années 1930, il modifia certainement la perception qu’en avaient ses contemporains. Et Hollywood ne fut pas pour rien dans l’arrimage de l’Europe de l’Ouest du côté américain durant toute la guerre froide. Aujourd’hui, plusieurs générations d’Occidentaux ont grandi dans un bain d’images, avec des héros de pellicule ou de papier, qui leur sont aussi familiers que l’étaient aux Grecs les dieux de l’Olympe. Il est naturel qu’ils en aient hérité non des opinions précises, mais une certaine représentation du monde. Il n’est toutefois pas exclu que, dans les années à venir, l’Occident subisse sur ce terrain la concurrence des pays émergents.

mercredi 27 juin 2018

“Le rôle de la politique monétaire dans la genèse de la crise de 2007-2008'

“Le rôle de la politique monétaire dans la genèse de la crise de 2007-2008’

Dans cette nouvelle chronique, Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et membre de l’Académie des sciences morales et politiques s’interroge sur le rôle que la politique monétaire a joué dans la genèse de la crise financière de 2007-2008. Lors du déclenchement de celle-ci, on l’exonérait volontiers de toute responsabilité en soulignant qu’elle avait accompli sa mission de maintenir l’inflation à moins de 2 % par an. Mais pour Jacques de Larosière, c’est oublier un peu vite qu’une politique monétaire accommodante avait alors permis aux agents économiques de s’endetter au-delà du raisonnable…

mercredi 27 juin 2018

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

Physiologie du goût, de Jean Anthelme Brillat-Savarin

par Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques.
Le plaisir de la lecture se poursuit longtemps lorsqu’il est partagé ! Nous avons donc demandé aux académiciens de présenter, en toute liberté de choix, un livre qui les a marqués, intéressés, enchantés ou même simplement divertis. C’est Jean-Robert Pitte, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques et président de Canal Académie qui inaugure cette nouvelle rubrique, en présentant Physiologie du goût de Jean Anthelme Brillat-Savarin. Publié en 1825, cet ouvrage fait l’éloge de la gastronomie (française), cette “science nouvelle […] qui nourrit, restaure, conserve, persuade, console, et, non contente de jeter à pleine main des fleurs sur la carrière de l’individu, contribue encore puissamment à la force et à la prospérité des empires” !

mercredi 20 juin 2018

“L'École pratique des hautes études (1868-2018) : l'érudition dans le débat public et ses rapports avec l'opinion.”

“L’École pratique des hautes études (1868-2018) : l’érudition dans le débat public et ses rapports avec l’opinion.”

Communication de M. Hubert Bost, président de l’École pratique des hautes études (EPHE)
Cette communication a été prononcée, le 11 juin 2018. Elle concluait la journée d’étude organisée conjointement par l’Académie des sciences morales et politiques et l’École pratique des hautes études, à l’occasion du 150e anniversaire de cette dernière, sur le thème “De l’érudition à l’opinion”. L’orateur a notamment souligné que “si l’EPHE a joué un rôle dans l’opinion, ce n’est pas dans le domaine des débats d’idées animés par la presse et les médias, mais plutôt dans sa contribution aux évolutions fondamentales et lentes, par sa manière de reposer et de penser à nouveaux frais certaines questions en revenant aux sources”. Et de citer, à titre d’exemple, le rôle joué crucial joué par l’École dans le développement de nouvelles disciplines - la sémantique (Bréal), la sociologie (Mauss), l’anthropologie (Lévi-Strauss) - ou le renouvellement des plus anciennes.

mercredi 20 juin 2018

L'œuvre d'Alain Besançon : un puissant antidote à la sombre séduction des idéologies

L’œuvre d’Alain Besançon : un puissant antidote à la sombre séduction des idéologies

L’historien revient sur son itinéraire intellectuel à l’occasion de la publication d’un recueil de ses essais par les Belles Lettres

mercredi 6 juin 2018

“L'opinion et les intellectuels : exorde à ceux qui nous détestent”.

“L’opinion et les intellectuels : exorde à ceux qui nous détestent”.

Communication d’Alain Minc devant l’Académie des sciences morales et politiques
Dans son intervention, l’orateur est revenu sur la dialectique du peuple et des élites, dans laquelle il voit le moteur de la contestation populiste et dont il situe l’apparition dans le débat politique contemporain au moment du référendum sur le traité de Maastricht, avant qu’elle ne s’impose définitivement avec la victoire du « non » français au traité constitutionnel européen de 2005. Pour Alain Minc, ce cadre mérite toutefois d’être remis en cause. En effet, selon lui, la notion de « peuple », représenterait une pure construction ne prenant corps que dans l’opposition à des élites également fantasmées. Il insiste, dans ce sens, sur le caractère psychologique de la césure entre le « peuple » et les « élites », qui de son point de vue dépasse les enjeux purement matériels. Il passe en revue ce qui pourrait s’opposer à ce « mythe du peuple » – les classes sociales, le communautarisme, la nation, la construction européenne même – pour conclure que la solution se trouve sans doute dans l’émergence de ce qu’il qualifie de « populisme mainstream », associant au renouvellement des formes de la vie politique la défense des idées portées par les anciens partis de gouvernement.

mercredi 6 juin 2018

“Le journal Le Monde, prescripteur d'opinion”

“Le journal Le Monde, prescripteur d’opinion”

Communication de Jean-Marie Colombani, journaliste, directeur du Monde entre 1994 et 2007
A l’issue d’une présentation de l’histoire du Monde et d’une analyse de son statut de “journal de référence”, l’orateur a estimé qu’il n’est pas sûr qu’un magistère comme celui exercé par Le Monde dans le passé soit encore possible à l’heure des chaînes d’information continue et des réseaux sociaux, qui imposent à l’ensemble des médias leur tempo et une dictature de l’émotion. Il est toutefois convaincu que, dans ce contexte, les médias de presse écrite peuvent tirer leur épingle du jeu, en revenant aux règles fondamentales du métier : la mise en perspective, la hiérarchisation des faits et l’approfondissement... sans renoncer, comme dans le cas du Monde, à déranger. Une conviction ainsi résumée : “À défaut d’être prescripteur d’opinion, il lui faut, au moins, être prescripteur de débats.”

mardi 15 mai 2018

« La frénésie anti-identitaire »

« La frénésie anti-identitaire »

Par Alain Finkelkraut (Académie française)
1er volet des Conversations chez M. Thiers organisées à la Fondation Dosne Thiers à l’occasion des journées du patrimoine 2017. Débat animés par François d’Orcival

mardi 20 mars 2018

“Histoire de la presse : les journalistes dans les drames contemporains”

“Histoire de la presse : les journalistes dans les drames contemporains”

Communication de Patrick Eveno, professeur émérite à l’université Paris 1
Au fil d’une vaste évocation historique de l’Affaire Dreyfus à nos jours, l’orateur s’est inscrit en faux contre l’idée selon laquelle les médias seraient un instrument efficace de manipulation des masses. En effet, s’il n’est pas douteux que les organes d’information contribuent à alimenter l’opinion publique, c’est faire peu de cas de leur réception que de leur attribuer un pouvoir de persuasion tel qu’il annihilerait toute capacité d’appréciation chez les citoyens. S’agissant de la période contemporaine, il a aussi souligné que l’explosion d’Internet, puis des réseaux sociaux depuis les années 2000, impose un paysage médiatique polycentrique, dans lequel les citoyens sont de plus en plus partie prenante des circuits de l’information, en même temps qu’il contraint médias et journalistes à se remettre en cause. Si bien que leur défi sera d’inventer un modèle économique viable pour la presse et de retrouver la confiance du public, sans se modeler sur les caprices de l’opinion, de manière à jouer pleinement leur rôle dans le bon fonctionnement de la démocratie.

jeudi 15 février 2018

“Napoléon ou la maîtrise de l'opinion publique”

“Napoléon ou la maîtrise de l’opinion publique”

Communication de Jean Tulard, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Comme l’a rappelé Jean Tulard, aux yeux de Napoléon, l’opinion publique peut être utilement prise en compte, pourvu toutefois qu’elle soit clairement subordonnée au politique. Ainsi, devant le Conseil d’État, l’Empereur déclaré, en 1804 : “Je respecterai les jugements de l’opinion publique quand ils seront légitimes, mais elle a des caprices qu’il faut savoir mépriser. C’est au gouvernement de l’éclairer et non de la suivre dans ses écarts. J’ai pour moi la volonté de la Nation et une armée de 500 000 hommes.” Le pouvoir du premier consul, puis de l’empereur, dérive des seuls plébiscites, censés exprimer irrévocablement la voix de la Nation. Toutefois, la réussite la plus nette de Napoléon face à l’opinion publique n’est pas de l’avoir muselée, mais d’avoir durablement imposé sa légende. Dès la campagne d’Italie, Bonaparte se révèle un maître en communication. Il se crée une image à la fois héroïque et immédiatement reconnaissable, à travers sa tenue et ses postures. Elle se décline aussi bien dans les grandes peintures académiques que dans la gravure populaire. La construction de cette mythologie se poursuit au-delà de la chute de l’Empire, à destination de la postérité, ce qui arrachera ce cri à Chateaubriand : “Vivant il a manqué le monde, mort il le possède.”

jeudi 8 février 2018

“Des Lumières à l'opinion publique : politique extérieure et société, XVIIIe-XXe siècles”.

“Des Lumières à l’opinion publique : politique extérieure et société, XVIIIe-XXe siècles”.

Communication de Georges-Henri Soutou, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Après avoir brossé, sur trois siècles, un ample tableau de l’évolution des relations entre opinion publique et politique extérieure, l’orateur s’est interrogé sur la part que devraient faire nos sociétés à l’opinion publique dans les choix de politique extérieure, à l’heure où les populations entendent de plus en plus être consultées, du fait des répercussions de ces décisions sur leurs vies. Faire émerger au sein de l’opinion publique des options réalistes, « les canaliser dans un processus politique et [...] les mettre en pratique dans un système international enserré par une multitude d’accords et de règles multilatéraux ou même supranationaux » n’a pourtant rien d’évident. Faut-il, comme le suggèrent certains, soustraire ces questions au jugement populaire ? Généraliser, au contraire, la transparence ? Prendre modèle sur les votations suisses, qui munissent l’électeur d’argumentaires pro et contra, ou bien faire jouer la démocratie participative, via Internet ? Pour G.-H. Soutou, une chose est sûre : nos modes de fonctionnement actuels ne sont plus adaptés, et il faudra inévitablement choisir.

vendredi 2 février 2018

“Opinion publique, que faire, quoi faire ?”.

“Opinion publique, que faire, quoi faire ?”.

Communication de Bernard Bourgeois, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Bernard Bourgeois, normalien, agrégé de philosophie, professeur émérite de l’Université Paris I - Panthéon Sorbonne, est l’un des plus éminents spécialistes de la philosophie allemande et notamment de l’idéalisme celles de Fichte et d’Hegel.

jeudi 18 janvier 2018

“Qu'est-ce que l'opinion publique ?”.

“Qu’est-ce que l’opinion publique ?”.

Communication de Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

jeudi 11 janvier 2018

Vivre le temps des troubles

Vivre le temps des troubles

Les préconisations de Thierry de Montbrial pour relever les défis de notre temps

jeudi 4 janvier 2018

“Quelles sont les évolutions nécessaires pour assurer la pérennité de l'Union monétaire européenne ?”

“Quelles sont les évolutions nécessaires pour assurer la pérennité de l’Union monétaire européenne ?”

Communication de M. Herman Van Rompuy, ancien président du Conseil européen.

jeudi 14 décembre 2017

“Le retour du nucléaire militaire”

“Le retour du nucléaire militaire”

Entretien académique présenté par Georges-Henri Soutou et Jean Baechler
La fin de la guerre froide avait semblé devoir marquer un déclin du nucléaire dans les systèmes de défense. L’actualité des derniers mois, notamment les dossiers brûlants du nucléaire iranien et nord-coréen, montre qu’il n’en est rien. La dissuasion nucléaire doit toutefois s’adapter à un nouveau contexte, marqué par l’émergence de nouvelles puissances et d’acteurs non étatiques comme les organisations terroristes.

jeudi 30 novembre 2017

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