"Un siècle de Goncourt", avec Robert Kopp, correspondant de l’Institut

La saga du prix Goncourt, une histoire de la vie littéraire de la Belle Epoque à nos jours
Assurer à quelques romanciers une liberté matérielle, tel est le but que visaient Edmond et Jules Goncourt par la création d’une « Société littéraire » portant leur nom. Mais les dévaluations successives ont réduit à néant les montants des rentes et du prix. C’est, désormais, grâce à sa notoriété que le prix Goncourt génère des tirages si importants qu’il assure aux lauréats la liberté que voulaient leur procurer les frères Goncourt : un retournement spectaculaire. Écoutez Robert Kopp, correspondant de l’académie des sciences morales et politiques, présenter son livre intitulé "Un siècle de Goncourt", un "Gallimard Découvertes" utile pour se remémorer les nombreux lauréats !


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Émission proposée par : Anne Jouffroy
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Date de mise en ligne : 4 novembre 2012

Robert Kopp est professeur de littérature à l’université de Bâle et à l’université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste de l’histoire de la littérature et des idées des XIX° et XX° siècles, et en particulier des frères Goncourt. Il est correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques depuis 2001 (section Morale et Sociologie).

Déclassés, dilettantes, amoureux du XVIII° siècle, les Goncourt soutiennent le roman naturaliste

Robert Kopp, professeur de littérature à l’Université de Bâle, est correspondant de l’Institut.
Robert Kopp, professeur de littérature à l’Université de Bâle, est correspondant de l’Institut.

D’emblée Robert Kopp précise : toute leur vie, les Goncourt, nés respectivement en 1822 et en 1830, se sont plaints de ne pas être reconnus comme des modernes, voire des précurseurs. Leurs œuvres n’étaient pas, pourtant, passées inaperçues mais ils étaient obsédés par les succès éclatants d’un Balzac ou d’un Victor Hugo. Ayant hérité de leur mère en 1848, ils faisaient partie de la bohème aisée et ont consacré leur vie à l’art : la recherche du vrai en littérature, la résurrection de l’art du XVIII° siècle, les voyages. Ils ne cessaient de fustiger la corruption et la vulgarité de la presse à grand tirage. Quant à la littérature -la vraie selon eux- elle ne peut être sauvée que par le roman, genre éminemment moderne, qui, dans la hiérarchie des genres, occupe désormais la première place. C’est à lui, à lui seul, que devra aller leur prix. La tradition du roman naturaliste, qui marque les débuts du prix Goncourt, restera une des tendances fortes, ouvertement revendiquée jusqu’à aujourd’hui par nombre d’académiciens.

Une académie de dix romanciers

C’est dès 1862 qu’Edmond et Jules Goncourt auraient décidé « pour forcer les portes de la gloire, de laisser après eux des mémoires et une académie qui entretiendrait la vigilance du souvenir autour de leur nom ».

Pari gagné ! Le nom des Goncourt -à défaut de leurs œuvres- est devenu célèbre dans le monde entier.

Edmond -resté seul après le décès de son frère en 1870- écrit à Mario Fenouil : « Notre idée a été d’aider à l’éclosion des talents, de les tirer des difficultés matérielles de la vie, de les mettre en mesure de travailler efficacement, en un mot de leur faciliter la tâche de produire une œuvre littéraire. […] Nous voulons libérer nos académiciens des besognes de fonctionnaires ou des œuvres basses du journalisme. » ( Le Gaulois, 6 novembre 1889).

Les fonds nécessaires à la constitution des rentes et du prix doivent provenir de la vente de ses collections et de sa bibliothèque. Après la mort d’Edmond (1896), ces dispositions sont contestées par la famille pendant sept ans. La création d’une « Société littéraire des Goncourt » est enfin possible en 1903 : l’aventure des Dix commence.

Après avoir évoqué les problèmes financiers, les nouveaux enjeux économiques, les influences politiques et éditoriales, les polémiques, les choix - parfois discutés- des lauréats, Robert Kopp s’attache à présenter l’évolution, les mutations réussies de cette institution qui attestent de l’importance mondiale de « Goncourt ».






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