La photographie dans tous ses états : Paris Photo, Le Mois de la Photo, le Prix photo de l’Académie

Lucien Clergue, de l’Académie des beaux-arts, et Bernard Perrine, invités "Sur le Pont des arts", émission animée par Marianne Durand-Lacaze
Sur le Pont des arts du mois de novembre est principalement consacré à l’actualité de la photographie à Paris. La capitale devient le cœur international de la photo pendant un mois, voire davantage. Le temps de découvrir des artistes photographes du monde entier, de saisir les tendances en cours, de découvrir de grandes expositions qui feront sûrement date dans l’histoire de la photo et de se pencher sur le Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière - Académie des beaux-arts 2012 avec l’académicien Lucien Clergue et le photographe et journaliste, Bernard Perrine.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : ABA517
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Date de mise en ligne : 4 novembre 2012

À partir du mois de novembre, comme chaque année pour un mois, voire plus, Paris devient la capitale internationale de la photographie avec des manifestations de toutes sortes, des expositions, des ventes, des tables rondes, une foire internationale. Un temps fort de l’actualité mondiale de la photographie qu’on retrouve également en banlieue parisienne et en province.

Le prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 : proclamation et exposition

Les neufs finalistes du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012, Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, PHOTOGRAPHE Thomas Raffoux
Les neufs finalistes du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012, Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, PHOTOGRAPHE Thomas Raffoux
© FIMALAC

L’Académie des beaux-arts proclame donc généralement le lauréat du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière - Académie des beaux-arts fin octobre-début novembre. Elle présente alors l’exposition des travaux du lauréat de l’année précédente au même moment, pendant un mois.
Ainsi l’Académie, en ce moment, expose le magnifique travail de Françoise Huguier lauréate du Prix de photographie 2011, pour son travail intitulé Vertical/Horizontal, Intérieur/extérieur, les classes moyennes à Bangkok, Kuala Lumpur, Singapour. La photographe a accordé une interview sur Canal Académie consacrée à ce magnifique travail de longue haleine. L’exposition est à voir à l’Institut de France, pavillon Comtesse de Caen, entrée sur le parvis de la place de l’Institut, face au pont des Arts sur la Seine. Elle est gratuite.

Le 30 octobre dernier, le nom du lauréat 2012 a été révélé parmi neuf finalistes. Un événement au sein de l’Académie et sur la scène parisienne car le prix et l’exposition, s’inscrivent dans le cadre événementiel du Mois de la Photo à Paris.
Le jury avait sélectionné pour l’édition 2012, les neuf finalistes suivants : Dmytro Afanasenko, Nolwenn Brod, Katharine Cooper, Frédéric Delangle, Thierry Girard, Grégoire Korganow, Chrystèle Lerisse, Lucie & Simon, et Christopher Taylor.

On peut voir pavillon Comtesse de Caen, leurs travaux pour leurs projets respectifs sur un très grand écran et constater la qualité et l’originalité de leur travaux. Chaque édition nouvelle du Prix de la Photo de l’Académie est l’occasion de présenter le regard neuf de la jeune génération comme celui de photographes très confirmés. Les projets des neufs finalistes sont présentés au même endroit que l’exposition de Françoise Huguier à l’Académie des Beaux-arts, Institut de France, (entrée sur le parvis).

Lucien Clergue, Khatarine Cooper (lauréate 2012), Marc Ladreit de Lacharrière, Jean Cardot, lors du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
Lucien Clergue, Khatarine Cooper (lauréate 2012), Marc Ladreit de Lacharrière, Jean Cardot, lors du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
© FIMALAC

Katharine Cooper est la lauréate 2012 du Prix de Photographie pour son projet sur les Blancs Africains, 20 ans après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, où elle est née. Le prix récompense un projet.

Dans la première partie de cette émission, enregistrée dans un café parisien, vous entendrez Lucien Clergue présenter la lauréate du Prix de Photographie 2012 Marc Ladreit de Lacharrière - Académie des beaux-arts. Signalons par ailleurs, la sortie d’un nouveau livre de Lucien Clergue, Nus Vénitiens, (éditions Robert Laffont collection Seghers). Vous pourrez écouter très prochainement sur Canal Académie, l’académicien sur ses photographies argentiques des années soixante-dix qui invitent à la rêverie dans le mystère des anciens palais de Venise.

Lucien Clergue, octobre 2012
Lucien Clergue, octobre 2012
© Canal Académie

Le mardi 30 octobre 2012, Katharine Cooper, pour son projet Les Blancs Africains, a été proclamée lauréate du Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts 2012 par l’académicien Marc Ladreit de Lacharrière, mécène du prix dont il est l’initiateur et qui porte son nom.

Proclamation du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
Proclamation du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
© FIMALAC

Près de vingt ans après la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, les Africains Blancs descendants des premiers colons européens arrivés en Afrique du Sud au XVIIe siècle, restent un peuple minoritaire. Près de 10% d’entre eux vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Katharine Cooper a décidé de s’intéresser à cette minorité à l’écart. Le projet photographique qu’elle a présenté pour concourir pour le Prix consiste à mettre en lumière cette minorité qui, aujourd’hui pour elle, reste dans l’oubli. Avec ce projet, l’artiste signe un retour sur sa terre de naissance : c’est là que je suis née - je suis issue de cette nation. J’ai l’ambition de faire le portrait intime de cette minorité blanche qui perdure dans ce pays de beauté brutale. Pas de misérabilisme, tel ne pourrait jamais être mon but car mon âme est profondément tendre ; plutôt un regard franc et poétique sur un peuple qui, tout comme In The American West de Richard Avedon, subsiste parfois en marginalité.

Katharine Cooper, "Delphine and the Wheel Mana Pools", Zimbabwe 2004
Katharine Cooper, "Delphine and the Wheel Mana Pools", Zimbabwe 2004
© Katharine Cooper

L’exposition de la photographe Françoise Huguier, lauréate du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2011

La photographe Françoise Huguier au centre, lors du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012, Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
La photographe Françoise Huguier au centre, lors du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012, Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, Photographie : Thomas Raffoux
© FIMALAC

Françoise Huguier était présente le jour de la proclamation du nouveau lauréat, une femme, cette fois aussi. Après avoir défendu le difficile travail des photographes aujourd’hui, elle a présenté l’exposition qu’elle a réalisée avec les photographies qu’elle a ramenées de son voyage en Asie. La photographe qui sillonne le monde depuis quarante ans, a pour habitude de travailler en solitaire et aime baliser ses itinéraires et ses champs d’investigation sans le recours d’un fixeur. Le projet pour lequel elle a remporté le Prix de photo de l’Académie l’an dernier proposait d’explorer la situation sociale et culturelle d’habitants issus de la "classe moyenne- moyenne" de trois villes d’Asie, Bangok, Kuala Lumpur, Singapour. Elle a commencé ce travail en trois volets, en 2009 à Singapour. Une partie fut exposée sur place au Lassale College of the Arts de Singapour. Son projet mené à bout, le Prix de la photographie de l’Académie qu’elle a reçu en 2011, l’an dernier lui permet comme à tout lauréat, d’exposer à Paris et de présenter au public le fruit de ses travaux. La Directrice artistique de l’édition de Photoquai 2011 qui a reçu les insignes d’officier des Arts et des Lettres, démontre une fois de plus, son aisance à capter ceux qui se dévoilent à son objectif et à être à l’écoute des bruits du monde.

Elle offre au public avec un accrochage particulièrement soigné une très belle exposition de portraits et parfois, de natures mortes des temps modernes avec des objets et du mobilier issus de la société de consommation mondialisée, des jouets, un téléphone, un imprimé... Le visiteur passe de l’univers d’un personnage à l’autre, en deux ou trois photos, parfois réunies ou non dans un même cadre longiligne ou plus vertical. Une scénographie toute en légèreté guide et ouvre les yeux sur ces hommes et ces femmes, jeunes ou vieux, chez eux, dans leur intérieur qui dit tant à ses yeux. Pour chacun, elle a choisi des tirages couleur selon un format moyen et une composition particulière. Ses photos comme son accrochage reflètent la profonde humanité de chacun. La juxtaposition des tirages est très étudiée au sein d’un même cadre, côte à côte ou à peine décalée pour signaler par exemple le trop grand déséquilibre d’un personnage entre enfance et vie adulte.

Voici un regard juste associé à un œil de grande photographe qui mêle rigueur anthropologique et art, sans avoir la sècheresse éventuelle d’un article de sociologie universitaire. Le plus surprenant reste son point de vue, à juste distance. Point de recherche du beau pour le beau, point de spectaculaire, point d’effet, mais une justesse de la distance rapprochée, intime et intérieure que ses modèles n’ont pas forcément saisis d’eux-mêmes et qu’elle a su transcrire en image avec cette magie de la photographie qui saisit l’instant. Celui qui nous échappe et qu’elle a vu.

Exposition et Prix Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, PHOTOGRAPHE Thomas Raffoux
Exposition et Prix Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 , Pavillon Comtesse de Caen-Institut de France, 30 octobre 2012, PHOTOGRAPHE Thomas Raffoux
© FIMALAC

Vous pouvez écouter Françoise Huguier dans une autre émission sur Canal Académie en cliquant sur le lien ci-dessous où elle aborde en détail son travail Vertical/Horizontal, Intérieur/Extérieur, Singapour - Kuala Lumpur - Bangkok, les classes moyennes en Asie du Sud-Est à l’aube du XXIe siècle.
- L’œil et le regard de Françoise Huguier, lauréate du prix de Photographie 2011 de l’Académie des Beaux-arts

Les Éditions Actes Sud viennent de publier un Photo Poche qui lui est dédié avec une sélection de 97 de ses photographies allant de Saint-Pétersbourg, à Pevek au goulag en Sibérie, au détroit de Behring, au Mali et en Éthiopie, et au Cambodge où elle a vécu ses premières années. Elle y fut enlevée et retenue en otage à l’âge de huit ans par des rebelles Viet minh pendant huit mois.

L’actualité de la photo à Paris

Dans la deuxième partie de cette émission, le photographe et journaliste Bernard Perrine dresse un panorama de l’actualité de la photographie à Paris : un tour de force qui tente de braquer son projecteur sur quelques unes des manifestations parmi plus de cent expositions entre galeries et musées, à Paris et même en province.

Bernard Perrine, Correspondant de l’Institut, section photographie, Académie des beaux-arts, 23 octobre Canal Académie
Bernard Perrine, Correspondant de l’Institut, section photographie, Académie des beaux-arts, 23 octobre Canal Académie
© Canal Académie

Bernard Perrine, comme Agnès de Gouvion Saint-Cyr, est correspondant de la section de photographie de l’Académie des beaux-arts. Les deux personnalités n’ont pas de prédécesseurs car la section de photographie est la dernière née au sein de la compagnie. Ils sont ainsi les premiers à accompagner les académiciens Lucien Clergue et Yann Arthus Bertrand, les deux photographes membres de l’Académie depuis 2006.
Bernard Perrine a travaillé comme conseiller éditorial pour le magazine Le Photographe, une ancienne revue qui a fermé, six mois avant de fêter ses 100 ans d’existence. Il écrit pour Le journal de la photographie sur l’Internet , pour la Lettre de l’Académie des beaux-arts et pour La Lettre de la photographie.
Novembre à Paris correspond au Mois de la Photo, rendez-vous international de la photographie pour un mois, voire un peu plus puisque nombre de galeries et musées prolongent au-delà du mois de novembre leurs expositions.

Bernard Perrine aborde dans cet entretien Paris Photo, la Foire internationale dédiée à la photographie historique et contemporaine qui se tient chaque année à Paris sous la nef du Grand palais. Un second temps fort de Paris Photo s’ajoute désormais en avril à Los Angeles, dans les studios de Paramount Pictures du 25 au 28 avril 2013. Pour l’heure, elle rassemble à Paris, 128 exposants et 23 éditeurs du 15 au 18 novembre. La Plateforme, lieu d’échanges et de débats accueille cette année Hilla Becher, Rem Koolhaas et David Lynch. Ce dernier a par ailleurs sélectionné dans la Foire une centaine de photographies. Son choix se présente sous la forme d’un livre : Paris Photo vu par David Lynch.

Puis Bernard Perrine aborde le Mois de la photo 2012 si riche en événements à Paris, dont on salue la 17e édition ! Cette année, l’ensemble de la manifestation a été confié à Jean-Luc Monterrosso. Elle est organisée par la Maison européenne de la Photographie et par la Ville de Paris. Là, nous sommes dans un autre registre que celui de Paris Photo. L’événement est biannuel et donne le tempo de la création photographique. Les expositions sont organisées autour de plusieurs thématiques. Cette année : Small is beautiful : les petits formats, Le Réel enchanté et La photographie française et francophone de 1875 à nos jours.

Globalement, l’ensemble regroupe 80 expositions dans tout Paris qui se prolongent souvent jusqu’à mi-décembre, voire davantage. Beaucoup d’entre elles sont gratuites !

Dans cette émission, Bernard Perrine revient sur les thématiques proposées et attire notre attention sur quelques galeries qu’il juge incontournables cette année pour les expositions qu’elles présentent : la Galerie Françoise Paviot, Galerie Baudouin Lebon, Galerie Camera Obscura, Galerie Michèle Chomette, Galerie Particulière. Les expositions, comme celle de la Maison de la photographie, La photographie en France 1950-2000, l’exposition de Jean-François Spricigo Le Loup et l’Enfant à la Galerie Agathe Gaillard, Ferenc Berko en quête de beauté à l’Institut Hongrois, Les premières photographies de Chine Jules Itier au Centre culturel de Chine et l’exposition au Jeu de Paume consacrée au photographe mexicain bien connu du public français, Manuel Álvarez Bravo - Un photographe aux aguets, 1902 - 2002 (16 octobre 2012 - 20 janvier 2013) lui paraissent constituer de très bons choix si vous décidez de visiter la capitale cet automne.

On pourrait ajouter le deuxième festival de Photo Saint-Germain-des-Prés, Vertige du corps d’Étienne Bertrand-Weill à la Bnf, l’exposition Louis Stettner. Les Chefs-d’œuvre à la galerie Galerie David Guiraud, la photographie polonaise à Paris et dans le Monde à la Galerie Bois Doré. En très proche banlieue, à la Maison de la photographie Robert Doisneau, signalons l’exposition, Émile Savitry un photographe de Montparnasse. En province, signalons à Grenoble Robert Doisneau et les Alpes et à Marseille, Photographies de Bernard Plossu, Exposition. Le Théâtre de la Photographie et de l’Image Charles Nègre à Nice présente aussi l’exposition Denis Brihat- Photographies 1958-201.

L’exposition du Petit Palais à Paris, Modernisme ou modernité – Les photographes du Cercle de Gustave Le Gray

Parmi les expositions en cours, il nous invite à voir celle du Petit Palais à Paris (3 octobre 2012 au 6 janvier 2013) Modernisme ou modernité – Les photographes du Cercle de Gustave Le Gray, le plus grand photographe du Second Empire. L’exposition par sa qualité risque de faire date pour les historiens de l’Histoire de la photo comme pour le public amateur. Les commissaires proposent une nouvelle lecture de l’histoire de la photographie à travers la présentation de 160 épreuves, en grande partie inédites. On reconnaît à Le Gray qui compte parmi les premiers photographes et qui se disait "photographiste", près de 70 ans d’avance sur le mouvement moderniste de l’entre-deux guerres.


Il fut en effet, un maître pour toute une génération de photographes, Gustave Le Gray (1820-1884) a initié à la photographie une génération d’amateurs provenant de tous les milieux sociaux, près d’une cinquantaine de personnes. Ensemble, ils ont inventé une esthétique en rupture avec l’enseignement des Beaux-Arts par leur sens de la perfection, la qualité de leur tirages et l’audace de leur composition. On découvre que la liste des élèves s’est étoffée depuis l’importante rétrospective, que la Bibliothèque nationale de France lui avait consacrée en 2002. De nouvelles œuvres ont surgi. Aux noms de Le Secq, Nègre, Greene, Salzmann, il faut désormais ajouter ceux de Bérenger, Alphonse Delaunay, Du Manoir, et bien d’autres. L’exposition s’ouvre par une sélection d’œuvres Le Gray et l’évocation de son atelier parisien. Une première partie explore les spécificités artistiques et les pratiques du cercle de Le Gray, véritable École. Une seconde partie met en valeur cinq auteurs majeurs du cercle connus ou méconnus : Charles Nègre, Henri Le Secq, John B. Greene, Alphonse Delaunay et Adrien Tournachon. L’œuvre de ce dernier, qui n’est autre que le frère de Nadar est une révélation puisque plusieurs de ses portraits, très fameux pour certains, étaient jusqu’ici attribués à son frère, Félix Nadar. Bernard Perrine rappelle dans l’émission l’histoire du premier procès sur les droits d’auteur, que fit "le petit Nadar" à son frère.

Le catalogue de l’exposition va au-delà du simple catalogue et fera référence dans le domaine des parutions consacrées à l’histoire de la photographie.

Voici Paris - Modernités photographiques, 1920-1950 - La collection Christian Bouqueret au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, une exposition à ne pas manquer

L’autre grande exposition sur laquelle Bernard Perrine attire notre attention est l’exposition des commissaires Quentin Bajac et Clément Chéroux, conservateurs au Musée national d’art moderne du Centre Georges Pompidou qui conserve probablement la plus belle collection au monde de Photographies françaises de l’entre-deux-guerre.

Germaine Krull, Selbstporträt mit Ikarette, [Autoportrait avec Ikarette], 1925 Épreuve gélatino-argentique 23,6 × 17,5 cm© Photo Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI
Germaine Krull, Selbstporträt mit Ikarette, [Autoportrait avec Ikarette], 1925 Épreuve gélatino-argentique 23,6 × 17,5 cm© Photo Georges Meguerditchian - Centre Pompidou, MNAM-CCI
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

En 2011, le musée a fait l’acquisition de la collection de Christian Bouqueret, 7000 images de 120 photographes, dont certains n’intéressaient personne quand Christian Bouqueret commença sa collection dans les années soixante-dix. En 30 ans, il constitua une très belle collection d’œuvres d’artistes photographes ayant fui la montée du nazisme de l’entre-deux-guerres ou s’étant retrouvés à Paris attirés par le développement des revues comme Vu et Voici Paris, avant et après la guerrre.
Parmi les 300 images exposées, l’unique autoportrait de Germaine Krull à la cigarette, jamais montré.
Certains voudraient voir dans Voici Paris une École, mais les commissaires et Bernard Perrine préfèrent parler de "modernité multiple" à travers des exemples choisis dans le courant de la Nouvelle Vision photographique, privilégiant les objets en gros plan, la surimpression et la solarisation, mais aussi pris dans les courants qui vont à son encontre et reviennent au nu, au portrait, au paysage ou inventent une photographie sociale autour du Front Populaire.

À voir du 17 octobre 2012 au 14 janvier 2013.

Pour en savoir plus

- Lucien Clergue sur le site de l’Académie des beaux-arts : biographie et travaux académiques
- Son dernier livre paru : Nus Vénitiens, Photographies de Lucien Clergue, textes et poèmes de Marc Lambron , Seghers, octobre 2012

- Yann Arthus-Bertrand de l’Académie des beaux-arts : biographie et travaux académiques
- Site de la Fondation GoodPlanet créée par Yann Arthus-Bertrand
- Le dernier livre de sa Fondation GoodPlanet : Yann Arthus-Bertrand (Auteur), Brian Skerry (Auteur), Fondation Goodplanet (Auteur), Albert II de Monaco (Préface) L’homme et la mer Yann Arthus-Bertrand (Auteur), Brian Skerry (Auteur), Fondation Goodplanet (Auteur), Albert II de Monaco (Préface), Éditions de la Martinière, 304 pages, octobre 2012

- Françoise Huguier, photographe, lauréate du Prix de Photographie 2011 Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts, sur son site professionnel.
- Son dernier livre paru : Françoise Hugier Photo Poche, Actes Sud, novembre 2012
- Revue des deux mondes, Hors-série, Françoise Huguier, Vertical/Horizontal, Intérieur/Extérieur, Singapour - Kuala Lumpur - Bangkok, les classes moyennes en Asie du Sud-Est à l’aube du XXIe siècle.

Les photographies concernant la proclamation du Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts 2012 (30 octobre) sont de Thomas Raffoux pour FIMALAC.

- Écoutez d’autres émissions de Canal Académie sur les Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière, des années précédentes.
- L’œil et le regard de Françoise Huguier, lauréate du prix de Photographie 2011 de l’Académie des Beaux-arts
- Sur le Pont des Arts : prix de photographie de l’Académie des beaux-arts-Marc Ladreit de Lacharrière 2011
- Jean-François Spricigo, lauréat 2008 du Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts
- Octobre 2010, Sur le Pont des arts : photographie
- famille une exposition de la photographe Marion Poussier

- Maison européenne de la photographie
- Mois de la photo
- Paris Photo
- Le salon de la photo (Porte de Versailles)

- Au Petit Palais à Paris Modernisme ou Modernité. Les photographes du cercle de Gustave Le Gray (1850-1860). Du 3 octobre 2012 au 6 janvier 2013. Commissaires de l’exposition : Anne de Mondenard et Marc Pagneux « Exposition organisée par la Maison Européenne de la Photographie, à Paris, dans le cadre du Mois de la Photo avec la collaboration du Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris et Paris Musées »
Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris Avenue Winston Churchill 75008 Paris
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h sauf les lundis et jours fériés. Nocturne les jeudis jusqu’à 20h
- Anne de Mondenard, Marc Pagneux, Modernisme ou modernité. Les Photographes du cercle Gustave Le Gray , Actes Sud, 408 pages, septembre 2012 sur le site d’Actes Sud






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