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Café, Café

Le bibliologue, Bertrand Galimard Flavigny
Le bibliologue est celui qui « sait tout » sur les livres et leurs éditions rares et qui peut en discourir. Bertrand Galimard Flavigny vous fait partager son amour et sa recherche de ces livres précieux... surtout lorsqu’ils parlent de café.


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
Référence : PAG201
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/pag201.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida934-Cafe-Cafe.html
Date de mise en ligne : 28 septembre 2006


On pensait, avec raison, au XVIe siècle que le Proche Orient regorgeait d’espèces végétales aux vertus médicinales. C’est ainsi que Leonhard Rauwolf, un botaniste natif d’Augsbourg (1535-1596) entreprit en 1573, un voyage dans ces contrées. Il visita ainsi la Syrie, l’Arménie, la Turquie ; il s’arrêta à Constantinople, puis descendit à Bagdad et remonta vers Jérusalem ; un voyage qui dura trois ans.
Il publia ensuite un ouvrage d’observation botanique, qui ne fut jamais traduit en français, puis, en 1582, son Journal de voyage, seulement traduit en anglais et en néerlandais. Il y décrit, pour la première fois, dans un livre imprimé, la manière de préparer le café. On en avait déjà entendu parler grâce à un manuscrit arabe du IXe siècle composé par un médecin du nom de Razès. Quelques traités indiquent que le café fut importé de Perse à Aden, par Gemal-Eddin, en 1420, et qu’il ne parvint ensuite à Constantinople qu’en 1550 ; ce qui confirme l’observation de Rauwolf. Le café serait, en fait originaire de l’Éthiopie, où il était connu à l’état sauvage 2000 ans avant notre ère ; mais fut cultivé au Yémen, au XVe siècle, avec le succès qu’on lui connaît.
Grâce aux caravanes, tout le monde musulman fut bientôt conquis. Les voyageurs européens découvrirent ce breuvage noir que l’on nommait chaubé ou chaova et qui « donne du courage et de la vigueur d’esprit ».

Le marchand de café à Constantinople, gravure XIX<sup>e</sup> siècle.
Le marchand de café à Constantinople, gravure XIXe siècle.

Le café parvint à Marseille, en 1644, sous forme de fève et était utilisé comme un médicament. Ce furent les ambassadeurs de la Sublime Porte(surnom du gouvernement ottoman, d’après une porte monumentale du palais de Topkapi, à Istamboul) qui le firent connaître à Louis XIV, en 1669. Le roi lui-même n’apprécia guère, dit-on, ce « breuvage d’Orient ».
Le goût royal ne l’empêcha pas d’être à la mode et il entra dans les conversations mondaines.

En 1705, un certain Daniel Duncan, fit paraître à Rotterdam, un Avis salutaire à tout le monde contre l’abus des choses chaudes, et particulièrement du café, du chocolat, et du thé. Ce médecin publia plusieurs ouvrages qui selon Eloy, l’auteur du Dictionnaire historique de la médecine, « contiennent beaucoup d’idées neuves et en même temps une infinité d’opinions plus absurdes les unes que les autres ». Exemple : « les boissons chaudes sont salutaires à ceux qui ont une chaleur trop faible et nocives à ceux dont le sang est trop chaud ».

Puis vint Antoine Galland (1646-1715), « figure charnière, passeur entre le goût et le rêve », selon le mot de Douban qui préface la réimpression De l’origine et du progrès du café publié pour la première fois à Caen, en 1699 chez J. Cavelier. Ce petit livre porte en sous-titre « extrait d’un manuscrit arabe de la Bibliothèque du Roi ». Dès sa sortie, l’ouvrage eut droit à un article dans Le Journal des Savants. L’engouement pour les épices en Europe devança celui que l’on eut pour l’exotisme. De l’origine précédait de quelques années Les Mille et Une nuits publiées pour la première fois chez la veuve de Claude Barbin, de 1704 à 1717. Cet ensemble qui forme douze volumes remporta le succès que l’on sait. Avec ces deux titres, Galland prononçait le « Sésame, ouvre-toi de l’Orient fabuleux ».

Bertrand Galimard Flavigny
Bertrand Galimard Flavigny

Le mot Café, explique Galland, vient de Cahveh comme le prononcent les Turcs avec un « v » consonne, en faisant la première syllabe longue, accompagnée d’une espèce d’aspiration désignée par la lettre « h ». En second lieu, le mot de Cahveh est le même que Cahouah ou Cahueh parmi les Arabes qui n’expriment pas l’ « u » consonne comme les Turcs, ni comme nous, mais comme les Italiens prononcent leur « u » voyelle. Ainsi, vous voyez qu’en prononçant Café comme les Italiens, et comme la plupart des nations de l’Europe, nous avons la première syllabe brève, et changé l’« u » de la seconde en « f », et que Café et Cahveh viennent de Cahouah, qui est un mot arabe. Il signifie « avoir un dégoût de manger », et est aussi l’un des noms du vin, sans doute parce que avoir trop bu, ôte l’appétit.

En savoir plus :

De l’origine et du progrès du café par Antoine Galland, préface par Douban, collection L’Ecrivain voyageur, Ed. La Bibliothèque, 95 p. 13 €.

- Retrouvez l’émission de Bertrand Galimard-Flavigny sur le chocolat.

Les plus grandes dates du café sont sur Kronobase






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