Sur le Pont des arts : salon du dessin, peinture et télévision dans l’actualité de l’Académie des beaux-arts

De Pierre-Edouard au salon du dessin 2012, à Berthe Morisot au musée Marmottan, au Grand Tour de Patrick de Carolis
Sur le Pont des arts du mois de mars 2012, braque ses micros sur l’actualité du dessin, de la musique, du cinéma et de la télévision. Paris accueille en effet du 28 mars au 2 avril, différents salons qui font la part belle aux dessins de certains membres de l’Académie des beaux-arts : Erik Desmazières, Zao Wu-Ki, Vladimir Velickovic et Pierre Edouard. Dans cette émission, vous pourrez écouter deux interviews, celle du sculpteur Pierre Edouard parlant du dessin et celle de Marianne Mathieu, commissaire de l’exposition Berthe Morisot.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : ABA513
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/aba513.mp3
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Date de mise en ligne : 25 mars 2012

Drawing Now Paris, le salon du dessin contemporain revient pour sa 6e édition au Carrousel du Louvre du jeudi 29 mars au dimanche 1er avril 2012 : l’occasion de visiter les stands de 82 galeries qui viennent du monde entier.


Drawing Now Paris présente cette année un Hors les murs. Le salon fait aussi l’évènement en décernant un prix, créé l’an dernier. Pour la deuxième année, le prix Drawing Now Paris sera remis à un artiste de moins de 50 ans, présenté en focus sur le stand d’une galerie. Le comité de sélection du Salon dévoilera le nom du lauréat le mercredi 28 mars à 17 H. L’an dernier l’artiste Catherine Melin avait été récompensée.

La galerie Samantha Sellem expose stand A30, de récents dessins de Vladimir Velickovic, tous de 2012, des encres sur papier d’assez grand format, 103 par 66 et un très grand dessin, intitulé Pitbull, jamais montré de plus de 2 mètres.

Pour ces habituels grands formats, Vladimir Velickovic a l’habitude de réunir plusieurs feuilles de papiers pour parvenir à une seule surface. Dans ses dessins, la part blanche du papier est réduite au minimum. Les éléments de ses compositions explosent le regard en un labyrinthe de corps déchiquetés, démembrés. Ses dessins sont chargés de, ce qu’il appelle ses « éclats d’imaginaires » ou « réellement vus ».
En 2012, il abandonne la thématique des éléments floraux qu’il avait explorée en 2010 et revient à cette figure animale, double carnassier de l’être humain en pleine course, symbole de la plus extrême des violences. Rappelons que pour l’artiste, l’essentiel est de : « Comprendre que par le dessin on peut communiquer absolument tout : la joie, la tristesse, le drame, le passé, le futur, la vie, la mort. Prouver que le dessin est avant tout portrait de soi-même, qu’il est capable de montrer beaucoup et de cacher très peu » (Velickovic, 1983).

Vladimir Velickovic, "Pitbull", dessin de 2012
Vladimir Velickovic, "Pitbull", dessin de 2012
© Galerie Samantha Sellem

Ses dessins sont présentés auprès de ceux de Nebocha Besanic, de Marcos Carrasquer et de Frédéric Arditi et de Barbara Thaden, tous soutenus par la galerie Samantha Sellem, à Paris, et tous en lice pour le prix du dessin Drawing Now Paris.
La semaine du dessin à Paris fait vivre la capitale au rythme de nombreuses manifestations entièrement dédiées au dessin à la fin du mois de mars depuis 13 ans. Paris s’est ainsi imposée comme un rendez-vous international incontournable pour les collectionneurs et les amateurs de dessin.


Dans le décor exceptionnel du Palais Brongniart, se tient aussi, le salon du dessin du 28 mars au 2 avril, où sont présentées les plus belles feuilles des écoles française, italienne, anglaise ou nordique, du XIIIe siècle. Pour cette 21e édition, vous pourrez voir par exemple : un lavis de Jean-Honoré Fragonard (Agnew’s Gallery), une sanguine d’Antoine Watteau (Galerie Jean-Luc Baroni), une encre d’Andy Wharhol ou encore des œuvres de Zao Wou Ki, membre de l’Académie des beaux-arts, représentée par la (Galerie Berès) et la Galerie Ditesheim (Suisse).
Le salon du dessin au Palais de la Bourse, du réunit 39 galeries cette année venues du monde entier : 18 sont françaises et 21 sont étrangères, toutes choisies par un comité de marchands parisiens à l’origine de la création du salon. Font ainsi leur première venue au salon de 2012 : cinq nouvelles galeries : la galerie française Vincent Lécuyer, et parmi les galeries étrangères, les galeries Kewenig, Richard Nagy, Guillermo de Osma et enfin la Galerie Ditesheim, tournée vers le moderne et le contemporain.

Chaque année, l’accent est mis pour découvrir un fond de dessins particulier. Le Salon du dessin accueillera cette année 2012, une sélection des plus beaux dessins du musée du Mont-de-Piété de Bergues. Ce fonds est composé de plus de 1500 feuilles réunies en grande partie par le peintre et restaurateur de tableaux Pierre-Antoine Verlinde (1801 – 1877). Il propose notamment des feuilles des écoles italienne, française, allemande, flamande et hollandaise du XVe au XIXe siècle parmi lesquelles : Simon Vouet, Nicolas Poussin ou Sebastiano del Piombo. L’autre partie de la collection est axée sur les études de nus provenant de l’Académie d’Anvers. L’exposition au sein du Salon du dessin, de cet ensemble, jamais montré au public est une première !
Enfin là aussi, sera décerné un prix du dessin. le Prix de Dessin de la Fondation d’Art Contemporain Daniel & Florence Guerlain. Parmi les nominés cette année pour ce prix décerné le 29 mars :
- Marc Bauer
- Marcel Dzama
- Jorinde Voigt

Parmi les membres de l’Académie des beaux-arts, Pierre-Edouard et Erik Desmazières participent au salon avec la galerie Ditesheim, au Palais de la Bourse.

Vous pouvez écouter dans cette émission, une interview du sculpteur Pierre-Edouard où il aborde ce que représente pour lui, le dessin : un point de vue où comptent davantage l’espace, les ombres et les clairs plutôt que le trait.

Pierre-Edouard, "Personnage arc-bouté", 2009, bistre, 24.6x34cm
Pierre-Edouard, "Personnage arc-bouté", 2009, bistre, 24.6x34cm
© Galerie Ditesheim

Extraits de l’interview de Pierre-Edouard

J’ai longtemps hésité à faire de la sculpture car j’étais rebuté par l’aspect matériel incarné de la forme sculptée ; ce qui était une erreur de ma part car ce n’est pas plus incarné qu’un dessin. Mais c’est vrai que j’aime beaucoup dans le dessin cette immatérialité et puis il y a une chose qui compte beaucoup c’est que le papier, la page blanche c’est déjà un espace infini. Dans le dessin, on ne couvre pas la page, on ne couvre pas la luminosité du papier donc tout ce qu’on y met c’est comme de la poussière. Des poussières qui vont, qui viennent. Mais vous avez en permanence sous ces poussières, sous ces noirs, sous ces gris, cette lumière du papier qui crée une sorte de continuum. Et vos clairs et vos sombres masquent cette lumière qui est sous le papier, ce sont des sortes d’écrans. Pour moi c’est une chose très importante. Chaque fois que j’essaie de couvrir cette lumière pour mettre un clair, tout d’un coup tout mon espace est court-circuité et n’a plus de sens, car j’ai besoin que cette luminosité du fond soit là d’un bout à l’autre de l’œuvre. Que les clairs et les sombres soient comme des vagues qui viennent, qui se posent dessus, qui naissent, qui meurent, comme une mer qui bouge sans arrêt.

La Galerie Ditesheim, présente également au Pavillon des Arts et du Design, au Jardin des Tuileries (28 avril - 2 mars), expose des sculptures de Pierre-Edouard.

Pierre-Edouard, "Personnage arc-bouté N°2", 2010, bronze patiné foncé, 65x43x46cm
Pierre-Edouard, "Personnage arc-bouté N°2", 2010, bronze patiné foncé, 65x43x46cm
© Galerie Ditesheim

D’autres académiciens font aussi l’actualité.

Le CD d’Edith Canat de Chisy, la première femme compositrice à entrer à l’Académie des beaux-arts , a été sélectionné pour le Grand prix Lycéen des compositeurs.
Du coté du cinéma, l’événement se déroulera Quai Conti , le mercredi 28 mars . Jean-Jacques Annaud sera installé sous la coupole de l’Institut de France par son confrère Roman Polanski. Vous pourrez écouter sur Canal Académie la retransmission de cette cérémonie.

A la télévision, les téléspectateurs ont pu voir sur France 2, mardi 20 mars le dernier long- métrage de Yann Arthus Bertrand : La soif du monde.
L’académicien attire notre attention sur le fait que 783 millions de personnes, soit 11 % de la population mondiale n’a pas encore accès à l’eau potable.

Il revient sur la consommation d’eau dans le monde en allant à la rencontre de femmes et d’hommes à travers le monde pour montrer combien nos agricultures et nos objets du quotidien tel que le "jeans" par exemple sont aussi consommateurs d’eau.

Patrick de Carolis sur le pont de Brooklyn, "Le Grand Tour", 2012
Patrick de Carolis sur le pont de Brooklyn, "Le Grand Tour", 2012

Patrick de Carolis, revient sur France 3, avec une nouvelle émission Le Grand Tour, une version contemporaine du fameux Grand Tour, ce voyage accompli par les jeunes gens de la haute société, mais aussi les artistes, les peintres et les écrivains dans l’Europe du XVIIIe et du XIXe siècle pour parfaire leur connaissance des arts, de l’Antique et de l’histoire.
Patrick de Carolis propose un Grand Tour du XXIe siècle. La culture étant partout, le magazine abordera tous les continents.
Pendant 2 heures, il conduira les spectateurs vers 3 ou 4 destinations différentes. Pour ce premier numéro, Patrick de Carolis part d’abord à Naples pour raconter l’histoire des castrats, en compagnie du contre-ténor Philippe Jaroussky. Puis à l’île de Dilmum (de nos jours Bahreïn) sur les traces de deux mythes. Celui du jardin d’Eden et celui de l’immortalité incarnée par Gilgamesh.
De fil en aiguille, il atteindra l’Écosse pour évoquer l’histoire des clans et la culture celte, avec notamment une rencontre avec la chanteuse Nolwenn Leroy et l’écrivain Ian Rankin. Enfin, c’est le quartier de Broadway haut-lieu new-yorkais du théâtre et à la comédie musicale, qu’il vous propose de découvrir avec l’actrice new-yorkaise Whoopi Goldberg et la comédienne française Barbara Schulz.

Le Grand Tour est un film et non une émission avec des changements de plateau. Le narrateur, en l’occurrence Patrick de Carolis, partage sa passion de l’histoire et des artistes à partir des grandes pages culturelles de l’humanité.
Le 4 avril à 20h35, France 3 proposera le premier volet de ce qui devrait devenir un nouveau grand rendez-vous culturel sur le petit écran.
Parmi les expositions en cours, l’exposition Berthe Morisot, du 8 mars au 1er juillet 2012 au Musée Marmottan Monet qui célèbre Berthe Morisot, la plus illustre des femmes impressionnistes, en organisant la première rétrospective de son œuvre présentée à Paris depuis près d’un demi-siècle.

Exposition Berthe Morisot, musée Marmottan Monet, 2012
Exposition Berthe Morisot, musée Marmottan Monet, 2012
(affiche)

Cette émission vous propose d’écouter Marianne Mathieu, commissaire de cette exposition, chargée des collections et de la communication du musée Marmottan Monet à Paris, devant les toiles de l’exposition. Elle présente l’œuvre de cette femme peintre, artiste et mère de famille dans la France du XIXe siècle, morte prématurément à 54 ans en 1895.

Extraits :

Ce qui l’intéresse c’est d’étudier une figure dans la nature. Voilà les termes qu’elle emploie. Quelles sont les figures qui sont à sa disposition ? C’est une jeune femme, elle ne peut pas sortir seule. Lorsque qu’elle va copier au Louvre, elle est chaperonnée par sa mère. Elle a ensuite appris le plein air aux côtés de Corot pendant de nombreuses années. C’est une artiste extrêmement douée, comme sa sœur l’était à son époque. Ses modèles ce sont des modèles de son entourage dans un premier temps, sa sœur Edma puis ses voisines. Sa famille. Et sa fille Julie qui à partir de 1878, sa date de naissance, devient son modèle de prédilection.

Berthe Morisot, Pasie cousant dans le jardin, 1881-1882 – Huile sur toile 81 x 100 cm – Musée des beaux-arts, Pau
Berthe Morisot, Pasie cousant dans le jardin, 1881-1882 – Huile sur toile 81 x 100 cm – Musée des beaux-arts, Pau
© Jean-Christophe Poumeyrol

Des œuvres exceptionnelles ont traversé l’Atlantique pour cette manifestation.

Berthe Morisot, "La Lecture" ou "L'Ombrelle verte", v.1873 – Huile sur toile – 46 x 71.8 cm The Cleveland Museum of Art - Gift of the Hanna Fund 1950.89
Berthe Morisot, "La Lecture" ou "L’Ombrelle verte", v.1873 – Huile sur toile – 46 x 71.8 cm The Cleveland Museum of Art - Gift of the Hanna Fund 1950.89

Sur le Pont des arts vous donne rendez-vous en avril autour de l’actualité de l’estampe et de la gravure.

Pour en savoir plus

- Salon du dessin 2012, Palais de la Bourse

- Salon du Dessin contemporain 2012 : Drawing now Paris, Carrousel du Louvre

-  Pavillon des arts et Design

- Site de Pierre-Edouard

- Galerie Ditesheim

- Pierre-Edouard sur le site de l’Académie des beaux-arts

- Vladimir Velickovic sur le site de l’Académie des beaux-arts

- [Site de Vladimir Velickovic

- Patrick de Carolis sur le site de l’Académie des beaux-arts

- Musée Marmottan Monet, Paris






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