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La crise n’est pas finie

Plus que jamais d’actualité... la chronique de François d’Orcival de l’Académie des sciences morales et politiques
Les Grecs respirent ; les Américains recréent de l’emploi ; les marchés boursiers reprennent des forces. Alors, la crise est finie ? On peut recommencer comme avant ? Les Français auraient bien tort de voter le mois prochain comme si tout était réglé...


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Référence : chr812
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Date de mise en ligne : 21 mars 2012

Certes, la crise grecque est derrière nous. Les créanciers privés ont accepté de prendre leur perte sur les trois quarts du montant des titres de la dette grecque qu’ils détenaient. La charge de celle-ci en sera réduite d’autant au bénéfice de la reprise de l’économie. « Dans la tempête, nous sommes encore sur un bateau de sauvetage, écrit la presse d’Athènes, mais au moins, nous avons échappé au naufrage qu’auraient été la faillite du pays et sa sortie de la zone euro. »

Il est également vrai que les Américains ont créé plus de 600 000 emplois en trois mois. Barack Obama a raison de s’en réjouir. Au plus fort de la dépression, il y a trois ans, 600 000 postes avaient été détruits durant quatre mois de suite ! Les républicains répètent que le taux de chômage reste supérieur à 8% depuis plus de trois ans, mais la tendance est là ; elle est positive. Les marchés financiers la saluent. Notre indice Cac a gagné 22% depuis les épisodes les plus critiques de la crise grecque et 12% en trois mois.

Sortie de crise ? Si le pire est passé, la maladie demeure. Notre dette reste de 1 700 milliards d’euros ; nous avons réduit notre déficit mais il est encore de 90 milliards, et le solde de notre commerce extérieur est plus que préoccupant. Nous sommes condamnés à devoir emprunter cette année près de 200 milliards d’euros sur les marchés. Aujourd’hui notre taux est de 2,70% - soit 1 point de plus que les Allemands, mais moitié moins que les Italiens ou les Espagnols.

La crise a servi de révélateur. Personne ne peut plus raconter d’histoires. Tout est sur la table : l’excès de dépenses publiques, les déficits de notre protection sociale, les faiblesses de notre compétitivité – en coût et en temps de travail. Le gel des dépenses engagé par Nicolas Sarkozy est une protection. Que l’on sorte de cette politique et la sanction sera lourde. A la moindre bêtise, voir le programme Hollande, la pénalité sera instantanée : par la hausse des taux. Un seul point coûte 2 milliards ; emprunter au taux italien, ce serait 6 milliards de plus – l’équivalent de la prime pour l’emploi ou deux fois la recette de l’impôt sur la fortune…

Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 17 mars 2012. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival n’engagent que lui-même, et non pas l’académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France.


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