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La compétitivité de la France en question avec Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier

Les rendez-vous économiques du Cercle Turgot, animés par Jean-Louis Chambon
Jean-Louis Chambon reçoit les économistes Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier, membres du cercle Turgot pour discuter d’un des grands thèmes de la campagne présidentielle 2012 : la compétitivité de la "maison France" et de ses entreprises avec en filigrane le grand défi de sa réindustrialisation sans oublier le "produire en France", dont beaucoup semblent vouloir se partager la paternité.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : ECL748
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl748.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida8469-La-competitivite-de-la-France-en-question.html
Date de mise en ligne : 19 février 2012

Le « made in France de la pensée », comme de la production, semble vouloir faire recette. Quelles sont les options pour restaurer la compétitivité et l’emploi qui lui est lié ? Les propositions qui se font jour chez les candidats, sont-elles susceptibles de répondre à ce grand défi ? TVA sociale et coût du travail, transfert de charges patronales et/salariales via l’impôt, le label « made in France » pourrait-il avoir un effet sur notre compétitivité ?

Nicolas Bouzou et Pierre Sabatier soulignent le danger des approches caricaturales, voire simplistes de la compétitivité qui se sont développées : avec des déclarations surprenantes, partagées par les partenaires sociaux, employeurs et salariés réunis sous la même bannière dans un rapport publié en juin par 6 organisations patronales et syndicales : « Pour les uns, le coût du travail est la cause de tous les maux, pour les autres ce sont les actionnaires et leur vision court termiste : autant de polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l’action. »

Employeurs et salariés réunis (en apparence), ce n’est pas la moindre des surprises que réserve ce thème de campagne ! Mais qu’en est-il de la « vraie compétitivité », c’est-à-dire celle du label et de la qualité ? On dirait une stratégie « à l’allemande", mais aussi de l’autre logique qui consiste à privilégier le prix, sous-entendant qu’un produit « bon marché » est assuré de trouver un débouché quelle que soit son utilité ou sa qualité. Ces deux approches ne sont pas obligatoirement contradictoires, elles pourraient même devenir complémentaires.

Certes, il faut sans doute alléger les charges qui pèsent sur le travail, en élargissant l’assiette du financement de la protection sociale avec des points d’entrées soit par la TVA sociale soit -et/ou- la CSG, ce qui ne cesse de partager les partisans de l’une ou l’autre de ces solutions mais la complexité de recherche de solutions s’étend aussi au patronat (1) qui, surprise, semble considérer que le coût du travail et la durée hebdomadaire (les 35 heures) ne sont pas les éléments décisifs de la compétitivité, tandis que la qualité des infrastructures, l’équipement, les nouvelles technologies, l’organisation du travail et le management sont aussi des facteurs déterminants.

Il n’en reste pas moins que l’augmentation éventuelle de 1.6 pt de TVA dite sociale, transférer 10 milliards d’euros, soit un tiers des cotisations familiales qui reposent entièrement sur les cotisations patronales au taux de 5.4%... Le président de Air France KLM (Cf.Le Monde du 1er février 2012) indiquait que pour un salaire de 100 en France l’entreprise paie 146 à ses salariés, contre 119 aux Pays-Bas, 129 en Allemagne, 125 au Royaume-Uni, idem en Espagne ou en Italie. La TVA sociale ne suffirait donc pas à restaurer notre compétitivité, il faut aussi s’attaquer à la convergence européenne, et tout autant au poids de notre protection sociale en valeur absolue (33% de notre PIB, le montant le plus élevé au monde).

Un autre angle logique serait de nous rapprocher de nos voisins en rendant plus égalitaire le poids respectif des charges patronales et salariales. Mais l’enjeu est - comme le rappelait Bertrand Nouel (Cf.Le Monde du 1er février 2012) - 164 milliards, enjeu qui ne pourrait être traité que sur une assez longue durée.

Enfin, notent les intervenants, le « produire français » rejoint l’imaginaire collectif qui voudrait qu’une grande nation s’incarne avant tout dans son poids industriel et l’emploi qui va avec. Ce qui manque à la France est sans doute aussi une logique de gamme, car le savoir-faire industriel n’est pas perdu, ainsi qu’une volonté de ne pas abandonner sans combattre une multitude de petites niches industrielles, qui, additionnées, font aussi des parts de marchés.

Réindustrialiser la France, un rêve collectif que traduit ce sondage récent selon lequel 72% des Français seraient prêts à payer plus cher leurs produits dès lors qu’ils seraient sûrs qu’ils sont produits en France, c’est-à-dire au moins fabriqués à hauteur de 55% en France, selon une définition généralement admise. Seront-ils les uns capables d’enclencher les processus et les autres de traduire dans leurs pratiques de consommation leurs intentions révélées par les sondages ? A voir.

En savoir plus :
- Nicolas Bouzou sur le site d’Astérès.
- La chronique « Économique et finance » de Jean-Louis Chambon sur Canal Académie
- Site du Cercle Turgot






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