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350 chefs d’oeuvre dans le médaillier légué par Edouard Bonnefous

avec Mireille Pastoureau, directeur général, conservateur de la bibliothèque de l’Institut de France
Edouard Bonnefous, chancelier honoraire de l’Institut de France, légua en 2006 à la bibliothèque de l’Institut un médaillier constitué de médailles, médaillons, jetons et autres décorations. Mireille Pastoureau, directeur-conservateur de la Bibliothèque de l’Institut de France, revient sur l’histoire de la médaille et sur les 350 éléments reçus de Georges Bonnefous qui ornent le médaillier.


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Référence : CARR857
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Date de mise en ligne : 12 février 2012

Parmi les trésors que l’on trouve à la bibliothèque de l’Institut de France se présente le médaillier Georges et Edouard Bonnefous : une collection de médailles, médaillons, jetons et décorations qu’Edouard Bonnefous a légué à bibliothèque.

Le médaillier Georges et Edouard Bonnefous légué en 2006 à la billiothèque de l'Institut de France
Le médaillier Georges et Edouard Bonnefous légué en 2006 à la billiothèque de l’Institut de France

Cette collection met en évidence le talent d’académiciens graveurs en médaille comme Paul Belmondo, Louis Leygue ou Georges Mathieu qui ont fait le portrait d’autres académiciens. De ces rencontres académiques surgissent des histoires, des époques et des mémoires. Mireille Pastoureau, directeur-conservateur de la Bibliothèque de l’Institut de France , nous raconte l’incidence qu’avait la médaille autrefois sur nos vies. L’Académie des beaux-arts accueille en effet, traditionnellement, au sein de sa section de gravure, un graveur en médailles qui siégeait plus particulièrement au troisième fauteuil où l’on retrouve Jules Chaplain (1839-1909) auquel succédèrent, entre autres, Louis Bottée (1856-1940), Henri Dropsy (1885-1969) et Raymond Corbin (1907-2002). Le médailleur Oscar Roty (1846-1911) siégea, lui, au quatrième fauteuil. La section de sculpture accueille également des créateurs de médailles, comme Paul Belmondo (1898-1982), cité ci-dessus, qui en composa plus d’une centaine et voyait dans chacune d’elles « comme une petite sculpture en bas-relief ».

Que trouve-t-on dans le médaillier Georges et Edouard Bonnefous ?

Des oeuvres d’académiciens (Paul Belmondo, Louis Leygue, Hubert Yencesse, Raymond Corbin...), des médailles anciennes (des rois et reines notamment), des portraits de présidents de la République (René Coty, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing...), les portraits de Georges et Edouard Bonnefous à différentes époques et pour différentes célébrations, des médailles de l’Institut de France et des Académies et de ses fondations, des lieux emblématiques de la vie parisienne et française, et bien sûr des portraits de membres de l’Institut : Eugène Delacroix, François Mauriac, Gabriel Ollivier, Roger Taillibert...

Médaille représentant Eugène Delacroix, de l'Académie des beaux-arts
Médaille représentant Eugène Delacroix, de l’Académie des beaux-arts
Médaille réalisée par l'académicien Paul Belmondo en 1958
Médaille réalisée par l’académicien Paul Belmondo en 1958

Histoire de la médaille

La médaille apparaît en Italie à la Renaissance, sous la forme d’un disque de métal dont l’avers reproduit l’effigie d’un personnage et dont le revers porte une allégorie ou des symboles. A la différence de la monnaie, elle ne possède aucune valeur d’échange. C’est avant tout un objet d’art, mais sa fabrication ne répond pas seulement à des intentions esthétiques car elle véhicule un message dans un but commémoratif, historique, politique ou religieux. En France, l’art de la médaille s’épanouit aux XVIe et XVIIe siècles et des artistes de grand talent s’y illustrent, tel le graveur Jean Varin (1604-1672). Louis XIV est le premier à utiliser à grande échelle la médaille comme outil de propagande. Sous son règne, la médaille devient un art officiel contribuant à faire l’apologie de la personne et de la politique royales.

Fondée en 1663 sous le nom d’ « Académie royale des inscriptions et médailles », l’Académie des inscriptions et belles-lettres est chargée d’élaborer les types et les devises de plusieurs séries de médailles devant commémorer les principaux événements du règne.

Médaille représentant François Mauriac, de l'Académie française
Médaille représentant François Mauriac, de l’Académie française

Aux XVIIIe et XIXe siècles, l’art de la médaille s’éloigne peu d’un style néoclassique officiel et conventionnel. Un renouveau se produit au milieu du XIXe siècle avec l’invention du « tour à réduire », machine permettant de graver mécaniquement les médailles par réduction d’un modèle établi préalablement en grande dimension par l’artiste. Le médailleur peut désormais n’avoir jamais tenu un burin et cette machine met fin au monopole exercé sur la médaille par les graveurs sur acier. Des plasticiens, et en premier lieu des sculpteurs, créent à leur tour des médailles, favorisant l’avènement d’une esthétique nouvelle. Parallèlement à ce nouveau procédé, la gravure au burin conserve néanmoins une place de choix dans les techniques de la médaille moderne.

La création d’une médaille requiert des talents spécifiques, ainsi que l’écrivait un ancien Secrétaire perpétuel de l’Académie, Quatremère de Quincy, dans la notice consacrée par lui au médailliste Pierre-Benjamin Duvivier (6 octobre 1821) : « L’art de la composition des médailles consiste à réduire aux moindres termes chaque sujet, chaque action, chaque image, de manière à faire voir, non la partie insignifiante d’un tout, mais le tout clairement signifié par ce qui n’en est que la partie. L’erreur de certaines écoles modernes en ce genre, a été de croire que le type d’une médaille devait ressembler à une peinture réduite en miniature... Pour grand que soit le champ d’une médaille, c’est toujours un des plus petits espaces qu’une composition puisse occuper ; et, par opposition, ce sont presque toujours les sujets les plus étendus et les plus nombreux qu’il faut y tracer. De là pour l’artiste l’obligation de saisir, dans chaque sujet, le motif ou le sentiment qui en est le point central ou capital. De là ce système d’abréviation savante qui ramène chaque composition à la plus simple expression, pour le sens moral et physique ; mais de là aussi l’obligation de donner aux personnages, aux figures, la valeur de cette langue idéale dont ils deviennent les signes ; et cette valeur consiste dans la noblesse des formes, dans la grandeur du style, dans l’énergie du caractère. »

Mireille Pastoureau, directeur général conservateur de la bibliothèque de l'Institut de France
Mireille Pastoureau, directeur général conservateur de la bibliothèque de l’Institut de France

- Voir le diaporama "Médailles d’académiciens".

- Les émissions avec Mireille Pastoureau






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