Les cygnes noirs planent sur la solidarité européenne...avec Pierre Sabatier

Les rendez-vous économiques du Cercle Turgot, animés par Jean-Louis Chambon
Nouveau rendez-vous économique du Cercle Turgot avec Jean-Louis Chambon qui reçoit l’économiste Pierre Sabatier. La fin janvier 2012 est synonyme d’incertitude. Toujours la même question : Va-t-on réussir à sortir les Etats européens de la spirale infernale de la crise financière ? Pierre Sabatier recense trois "rendez-vous-vérité" incontournables pour la France et l’Europe.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : ECL745
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida8399-Les-cygnes-noirs-planent-sur-la-solidarite-europeenne.html
Date de mise en ligne : 29 janvier 2012

Les économistes s’évertuent depuis 2008 à tenter de saisir tout à la fois, les causes et les conséquences de la crise financière, tandis que les « superviseurs » s’efforcent de mettre en place de nouvelles réglementations dont la plupart ont à peine commencé à produire leurs effets que déjà les marchés appellent à de nouvelles dispositions…

Si tant est qu’elles n’aient pas d’effets contreproductifs, ces régulations désespèrent les « libéraux » et ne paraissent pas devoir permettre de sortir les Etats européens de la spirale infernale dans laquelle ils sont entrés :

- L’endettement appelant à la rigueur, laquelle pèse sur la croissance dont le ralentissement affole les marchés, cela crée de l’angoisse chez les agents économiques et les agences de notations comptent les points...

- Dernier épisode en date : la perte du triple A et la mise sous surveillance négative de la France, à l’initiative de Standard and Poor’s, ainsi que le déclassement des notes de plusieurs Etats européens, viennent rajouter du stress au monde occidental.

De surcroit, le système bancaire reste très fragile et le débat public est aujourd’hui fortement mobilisé par de violentes critiques et des appels à des sanctions à l’encontre des établissements financiers, devenus « boucs émissaires » de l’ensemble de la classe politique, dont le cynisme sur le sujet ne peut tromper que les moins avertis : on sait hélas en effet, que l’inculture économique est un fardeau que porte sur ses épaules la société civile française, en panne de liens et d’optimisme.

Sur bien des aspects les dirigeants européens paraissent devoir oublier leur écrasante responsabilité dans la crise de solvabilité des Etats qu’ils ont tour à tour pilotés. Cette « mémoire oublieuse » nous rappelle les vers lumineux de Jules Supervielle (dans Le hors-venu) : « La brise sentez-vous de la métamorphose/ ouvrant la fleur secrète et délaissant la rose », mais elle porte en elle les risques d’une absence de prise de conscience à temps, sur l’étendue du sinistre : comment traiter la maladie si le diagnostic porte sur la périphérie, plutôt que sur la maladie ?

- Les banques françaises, l’un de nos champions nationaux, demeurent une industrie compétitive au plan international et un levier de croissance et d’emploi. Elles ont traversé mieux que leurs consœurs la crise, et sont fragilisées principalement par l’incapacité des dirigeants des États européens, de sommet en sommet, à rétablir la confiance dans leur capacité, à faire face à leurs engagements et à honorer leurs signatures.

C’est dans ce contexte que Pierre Sabatier recense les trois principaux rendez-vous pour 2012 qui vont jalonner l’agenda de la France et de l’Europe :

1. Le premier véritable défi est celui de la gouvernance et de la croissance dans la zone euro : L’Europe et la France devraient connaître un premier trimestre récessif, en "découplage" avec la situation des USA qui paraissent pouvoir prolonger des signes de reprise favorables à la croissance et à l’emploi, ce qui pourrait progressivement permettre, à défaut un véritable effet d’entraînement, restaurer un peu de confiance et d’optimisme.

Quelques « cygnes noirs » (évènements non anticipés et fortement destructeurs selon l’expression de l’économiste Nassib Taleb*) planent sur la solidité de la solidarité européenne : des États membres pourraient être à nouveau tentés d’une sortie soit par le haut, (l’Allemagne ?, et les pays du nord), ou vers le bas pour ceux du sud. Des risques pour la France de voir son endettement encore progresser vers une zone de 100% du PIB...

Ce premier rendez-vous devrait être décisif au plan de la gouvernance européenne.

2. Un autre point important concerne les pays Émergents, comme la Chine qui continue de produire une croissance à deux chiffres et les BRICS (Brésil – Russie – Inde – Chine – Afrique du Sud) dont on connaît mal la trajectoire constituent la bouée de sauvetage pour la croissance mondiale, à la réserve près de l’interrogation sur le niveau réel de cette croissance notamment en Chine. Ce qui espérons- le ne s’avérera pas comme « l’un des autres cygnes noirs économique, financier ou… social ».

3. Enfin le surendettement des États sera l’un des "rendez-vous-vérité" de 2012 : nos dirigeants seront-ils capables ou non d’infléchir la tendance et de trouver dans l’opinion le soutien et la compréhension nécessaire pour retrouver la confiance qui nourrit la croissance ? Sauront-ils trouver dans l’Europe, par-delà leur démesure et leur « toute puissance chimérique », les moyens de reconstruire une parcelle de souveraineté, abandonnée en rase campagne avec leur addiction à l’endettement ?

Ouvrages :

- Le cygne noir - la puissance de l’imprévisible, de Nassim TALEB
Éditions Les belles lettres

- Rigueur et Relance, le dilemme de Buridan le cercle TURGOT
Éditions EYROLLES 2011

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