Henri Rabaud et Mârouf, Savetier du Caire

Une grande figure de la musique française
Henri Rabaud, membre de l’Institut - Académie des Beaux Arts - à partir de 1918, est une importante figure de la musique française, une figure hélas désormais un peu oubliée, dont nous nous proposons de raviver le souvenir, à travers la redécouverte de son oeuvre élégante, racée et parfois délicieusement fantasque.


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Date de mise en ligne : 19 juin 2006

Henri Rabaud {JPG} Henri Rabaud est issu d’une famille de musiciens et reçoit dès son plus jeune âge une éducation musicale complète. Il trouve dans le berceau familial le climat propice au développement de sa vocation précoce. Tout en achevant de sérieuses études au lycée Condorcet, il compose sa première symphonie à 18 ans, avant d’entrer au Conservatoire.

Max d’Ollone, compositeur membre de l’Institut, dans l’ouvrage biographique qu’il consacra à Henri Rabaud en 1957, donnée une description saisissante du jeune compositeur : il évoque « le grand jeune homme de 1900, maigre et barbu, aux allures sérieuses et distantes, d’une culture littéraire et philosophique très étendue, dont l’indépendance d’esprit et la volonté tenace se lisait sur son grave visage. »

En 1894, Rabaud concourt pour le Prix de Rome qui lui est décerné haut la main. Il partage alors son temps entre la composition et la direction d’orchestre.

Portrait-charge d’Henri Rabaud au pupitre
Portrait-charge d’Henri Rabaud au pupitre

Il conduit les phalanges symphoniques et lyriques de Vienne et Rome, avant de devenir chef d’orchestre attitré de l’Opéra de Paris, jusqu’en 1918, année de son entrée à l’Institut, à l’Académie des Beaux Arts. En 1919, c’est Rabaud qui est nommé à la tête du fameux Boston Symphony Orchestra. Reconnaissance de ses pairs, son entrée à l’Institut couronne aussi le compositeur.

La soprano Danielle Streiff dans le rôle de la Princesse Saamchédine, Acte II
La soprano Danielle Streiff dans le rôle de la Princesse Saamchédine, Acte II

En 1914, Mârouf, Savetier du Caire est créé sur la scène de l’Opéra Comique. Une oeuvre inspirée, gracieuse, fantasque et hautement élégante, l’un des joyaux de la musique française du XX° siècle. Si l’ouvrage a désormais disparu de nos scènes, il fut l’un des "hit" des théâtres d’opéra, à travers le monde, depuis sa création.

Notre émission de ce jour explore cette remarquable création de théâtre musical, dont Gabriel Fauré, à qui Rabaud succède en 1921 à la tête du prestigieux Conservatoire : le succès de Maroûf sera durable. Il sera grâce à qualité essentielle musicale, à l’abondance, à la variété, à la solidité du style, aux charmes de la couleur, autour très spirituel de certaines périodes de la partition. Jean Périer, créateur de Pélléas et Mélisande de Debussy, fut également celui du Mârouf d'Henri Rabaud . {JPG}

Après le succès de Maroûf, Rabaud ne revint pas au théâtre lyrique avant 1923 et L’appel de la mer, puis, en 1934, avec Rolande et le mauvais garçon, une ravissante fantaisie médiévale encore signée de Lucien Népoty, dont le mythique ténor Georges Thill créa le rôle de Gaspard Turgis.

L’activité de Rabaud fut multiple tout au long de sa vie. Il s’intéresse au cinéma et écrit la partition d’écran du film de Raymond Bernard, Le miracle des loups. Cette magnifique fresque cinématographique et projetée en 1924 à l’opéra, l’orchestre de l’opéra joue en la partition de Rabaud a expressément composé pour le film. Il récidive l’année suivante avec Le joueur d’échec et ouvre ainsi une voie nouvelle au compositeur.

Rabaud s’éteint en 1949, après avoir dirigé au conservatoire pendant 21 ans. Il a été une grande figure du XXe siècle musical français. S’il est désormais un peu oublié, Rabaud demeure un compositeur à redécouvrir de toute urgence ne serait-ce qu’à travers son chef-d’oeuvre, Maroûf, que les théâtres lyriques de France devraient avoir la bonne idée de remettre à leur répertoire. Rabaud se plaisait à dire que Pelléas et Mélisande de Debussy et Louis de Gustave Charpentier étaient les deux plus grandes oeuvres lyriques françaises du début du XXe siècle. Définitivement, le Maroûf qu’il écrivit avec Lucien Népoty mérite de figurer à leur côté.

En écoute dans l’émission :

Divertissement sur des chansons russes. IV° mvt : final [extrait] par l’Orchestre Philharmonique de Rhénanie-Palatinat dirigé par Leif Segerstram.

Extraits de Mârouf, Savetier du Caire :

- Danses symphoniques de Mârouf par l’Orchestre Philharmonique de Rhénanie-Palatinat dirigé par Leif Segerstram [extrait].

- Duettino Mârouf/ Fattoumah-la-Calamiteuse, Acte I, par Michel Lecocq (Mârouf) et Anne-Marie Blanzat (Fattoumah), Orchestre Philarmonique des Pays de Loire, dirigé par Jésus Etcheverry (1976).

- A travers le désert... (la caravane) par André Gaudin, de l’opéra comique dans le rôle de Mârouf(1930).

- Pourquoi ces mots inattendus. Le Caire... savetier... (Final du III° acte) par Géori Boué, dans le rôle de la Princesse Saamchédine (document radio 1948).

- Mârouf, il n’est pas de richesse..., Acte IV, par Marthe Nespoulous (Princesse Saamchédine) de l’Opéra-Comique, orchestre dirigé par Joseph-Emile Szyfer - 15.V.1930)

La critique de Mârouf tiré du magazine Le Théâtre/ Juin 1914 est lue par Mme Marianne Durand-Lacaze.

à lire :

Max d’Ollone : Henri Rabaud, Editions Heugel, Paris 1957.






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