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L’Adoration des Mages de Paolo Uccello et La Nativité de Fra Angelico

Deux chefs d’oeuvre présentés par Nicolas Sainte Fare Garnot, invité de Krista Leuck
Une nouvelle émission pour compléter notre série sur les "Nativités". Une éblouissante exposition Fra Angelico au Musée Jacquemart-André à Paris nous donne l’occasion de revenir sur deux œuvres de ces maîtres toscans. Entretien avec Nicolas Sainte Fare Garnot, conservateur du patrimoine et commissaire de cette exposition.


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Émission proposée par : Krista Leuck
Référence : CARR850
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/carr850.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 24 décembre 2011

Au moment où le monde chrétien fête la naissance du Christ, Canal Académie poursuit sa tradition de se pencher sur des œuvres d’art célébrant cet avènement.

A Florence, une visite obligatoire : le Couvent de San Marco et ses célèbres "fresques" dans les cellules des moines, une quarantaine. L’une d’elles représente "LA NATIVITE" avec la même finesse des personnages, la profonde humanité qui s’en dégage, cette forte spiritualité qui caractérise toute l’œuvre du maître toscan du Quattrocento.

Nicolas Sainte Fare Garnot nous rappelle l’Historique du couvent San Marco et quelques faits religieux. Le couvent de San Marco fut fondé à la fin du XIIIe siècle par la communauté des Silvestrins. Ces moines sont alors dans la stricte observance des règles monastiques. Mais, au fil du temps, leurs habitudes changent, ils se complaisent dans le confort, on parle de décadence. Le Pape Eugène IV, cherchant des moines qui pourraient racheter la conduite des Silvestrins, décide alors de confier ce monastère aux Dominicains de Fiesole qui avaient rejoint ce grand mouvement de l’Observance, mouvement qui prône le retour aux règles d’origine. Il s’adresse à Cosme l’Ancien des Médicis qui, pour se faire pardonner ses activités d’usuriers fortement réprimandées par l’Eglise, va prélever une part de sa fortune et reconstruire le couvent de San Marco à Florence. Il fera appel à l’architecte Michelozzo, le premier à introduire l’art de la Renaissance dans cette architecture. Il fera également appel à Fra Angelico, déjà moine dominicain, pour organiser la décoration du couvent, le réfectoire, la bibliothèque et l’étage des cellules des moines où il peindra ses fresques. Saint Antonin, un des grands théologiens dominicains, et prieur du couvent de San Marco, recommande pour cette décoration de prendre comme référence la vie du Christ. C’est ainsi que Fra Angelico, lui-même homme de grande piété, adopte l’idée de son prieur et réalise dans chaque cellule monacale une fresque illustrant un épisode de la vie du Christ et de la Passion comme support à la méditation.

Vue du premier couloir du couvent san Marco (sur le mur <i>madone des Ombres</i> de Fra Angelico
Vue du premier couloir du couvent san Marco (sur le mur madone des Ombres de Fra Angelico
<i>La Nativité</i> de Fra Angelico (vers 1400-1455), fresque de la cellule 5 du Couvent San Marco à Florence
La Nativité de Fra Angelico (vers 1400-1455), fresque de la cellule 5 du Couvent San Marco à Florence

Nicolas Sainte Fare Garnot nous accompagne au cœur de cette fresque, après nous avoir expliqué la technique de la fresque. Il dépeint cette Nativité dans ses moindres détails et nous fait découvrir des intentions de l’artiste sur la composition de la scène et qui pourraient échapper au regard profane. Notamment l’introduction de la perspective : Au premier plan, les personnages de Marie, Joseph, deux saints et l’enfant Jésus, en grand, alors que le bœuf et l’âne se trouvent au fond, plus petits, sous la charpente de la cabane chauffant le berceau de leur naseaux. Sur ce mur de la cellule 5, Fra Angelico nous offre - a-fresco - une sorte de miracle pictural. Il utilise des repères visuels qui conduisent notre regard depuis le premier plan vers le fond de la composition. Ce ne sont pas des images qui sont posées à plat sur le mur, c’est le mur qui est une fenêtre ouverte sur un autre monde.

On ne peut qu’admirer le soin que mit Fra Angelico dans chaque détail avec une précision de miniaturiste, un art qu’il maîtrisait aussi à la perfection.

L’ADORATION DES MAGES de Paolo UCCELLO (1397-1475) célèbre dans la chrétienté l’Epiphanie, la fête de la lumière. Cette prédelle en trois panneaux figure dans l’exposition "Fra Angelico – Les maîtres de la Lumière au Musée Jacquemart-André à Paris" (automne 2011)

<i>L'Adoration des mages</i> de Paolo Ucello (1397-1475) vers 1432-38. Tempera sur bois, Florence, Arcidiocesi di Firenze, Museo Diocesano di Santo Stefano al Ponte
L’Adoration des mages de Paolo Ucello (1397-1475) vers 1432-38. Tempera sur bois, Florence, Arcidiocesi di Firenze, Museo Diocesano di Santo Stefano al Ponte

Paolo Uccello, peintre, mosaïste, décorateur, travailla comme orfèvre dans l’atelier de Ghiberti qui créa la célèbre porte en bronze en relief du Baptistère du Dôme de Florence. Paolo Uccello fut un véritable homme de la Renaissance par sa curiosité et son ouverture d’esprit, s’appliquant avant tout à réussir la mise en perspective de ses œuvres. Dans la prédelle de l’ADORATION DES MAGES, il se révèle comme un maître dans l’art de la perspective. Nicolas Sainte Fare Garnot nous en dévoile toutes les finesses insoupçonnées. La scène se divise en deux groupes de figures, Marie, Joseph et Jésus d’un côté et les rois mages de l’autre. Au milieu nous voyons une construction avec des montants de bois créant une architecture en triangle donnant déjà une première perspective. Ce dessin-là se répète à l’identique dans le fond, en plus petit. Toutes ces lignes nous conduisent vers un point de fuite au fond de la composition. Cette construction permet à Paolo Uccello une des premières représentations de la perspective géométrique.

Ces deux œuvres, la fresque de La Nativité de Fra Angelico et l’Adoration des Mages de Paolo Uccello, peuvent être considérées comme des réalisations types à une époque clé de l’histoire de l’art telle qu’elle devait se prolonger jusqu’au XVIIIe siècle.

En savoir plus :
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- Les Nativités des Maîtres du XVIIe siècle
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- Couvent San Marco à Florence






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