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Les radars de type AAA

Plus que jamais d’actualité... la chronique de François d’Orcival
Quand on dit que la France est placée sous surveillance, on devrait lire : les agences de notation ont alerté le gouvernement sur les risques qu’il encourait. Les agences interviennent comme des radars sur la route : excès de vitesse ? Amende et perte de points. Excès d’endettement ? Idem : vous perdez votre triple A et cela va vous coûter cher.


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Référence : chr741
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Date de mise en ligne : 1er novembre 2011

Les agences mondiales de notation (deux américaines, Standard & Poors et Moody’s, une européenne, Fitch Ratings) surveillent les gouvernements et non pas les Etats. Quand S&P a dégradé la note américaine, le 6 août, elle a expliqué sa décision par l’incapacité d’Obama à parvenir à un accord politique pour réduire sa dette.

Il y a trois ans, les agences de notation c’était le diable : elles étaient accusées d’avoir provoqué la crise financière ou à tout le moins de ne pas l’avoir prévue. En réalité, celles qui avaient émis des avertissements n’avaient pas été écoutées. Il n’y avait pas placement plus sûr que les obligations d’Etat. Et puis la Grèce a révélé que les Etats aussi, même dans la zone euro, pouvaient être en faillite. Du coup, chaque gouvernement se réfère à ces notations pour recadrer sa politique. D’abord parce qu’à l’origine de tout, il y a une crise de l’étatisme à travers l’explosion de la dépense publique ; ensuite parce que cela met en cause la liberté d’action des Etats. Le chef d’état-major des armées américaines le disait l’an dernier : mon premier ennemi, c’est la dette.
L’endettement français dépasse les 1 700 milliards d’euros, les deux tiers de nos créances sont détenus par des fonds étrangers. Chaque année, nos emprunts nous coûtent 50 milliards – plus que nos crédits pour la défense, l’enseignement ou l’emploi. Tout emprunt supplémentaire accroît notre risque de perdre notre note. Un emploi de fonctionnaire, ce n’est pas une charge annuelle, contrairement à ce que dit François Hollande, mais une dette sur son existence entière (carrière et pension de retraite). Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy a réduit de 150 000 les effectifs de fonctionnaires depuis quatre ans, ce qui fait baisser la masse salariale de la fonction publique, pour la première fois depuis 1945. Les socialistes ne redoutent pas le ridicule. Tout en critiquant l’ « Etat cigale » de Sarkozy, ils veulent à nouveau dépenser à tout va, comme si la France n’était pas déjà sous surveillance. Attention au flash.

Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 29 octobre 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival n’engagent que lui-même, et non pas l’Académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France.

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