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Les yeux, un poème de Sully Prudhomme

dit par Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts
Canal Académie vous propose, pour évoquer le 2 novembre, traditionnellement fête des défunts, de découvrir le poème Les yeux, tiré du recueil Stances et Poèmes (1865), de Sully Prudhomme (1839-1907), de l’Académie française.


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Référence : voi605
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/voi605.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida7876-Les-yeux-un-poeme-de-Sully-Prudhomme.html
Date de mise en ligne : 30 octobre 2011

Sully Prudhomme (1839-1907) est un poète français qui fut le premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Auteur d’une dizaine de recueils de poésies, essentiellement d’inspiration sentimentale, Sully Prudhomme s’est aussi beaucoup intéressé au domaine de la philosophie et de la science. En témoigne la traduction qu’il fit du Natura Rerum de Lucrèce.

Sully Prudhomme (1839-1907)
Sully Prudhomme (1839-1907)

Collaborateur à La Revue des deux mondes, Sully Prudhomme fut également critique.
Parmi ses oeuvres, on peut citer Stances et Poèmes, (1865), Les Solitudes (1869), Les Vaines tendresses (1875), Le Bonheur, (1888)...
Il est élu membre de l’Académie française en 1881 en remplacement de Prosper Duvergier de Hauranne.

La lecture de ce poème est réalisée par Robert Werner, correspondant de l’Académie des beaux-arts, rédacteur en chef de la revue "Sites et Monuments" et vice-président de la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France.

Les yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l’aurore.
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore...

Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre.
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.

Oh ! Qu’ils aient perdu le regard
Non, non, cela n’est pas possible,
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible.

Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent
Les prunelles ont leur couchant
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent.

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelqu’immense aurore
De l’autre côté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.

Sully Prudhomme (1839-1907)

En savoir plus :

- Consultez la fiche de Sully Prudhomme sur le site de l’Académie française.

- Retrouvez les articles de Robert Werner sur Canal Académie sur le site de l’Académie des beaux-arts.






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