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Madame Corentine : René Bazin aborde le drame de l’enfant d’un couple séparé

On relit aujourd’hui le romancier de l’Académie française
René Bazin (1853-1932) est à nouveau lu et republié parce que les thèmes de ses romans restent d’actualité. La preuve ? La réédition de son Madame Corentine dans lequel il décrit avec force et délicatesse, la souffrance d’une petite fille dont la mère, Corentine, s’est séparée de son mari. La scène se passe dans la Bretagne sévère de la fin du XIX è siècle, dont les caractères rudes sont parfaitement dépeints, autant que les paysages et les sentiments qui, eux, sont immuables...


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : PAG969
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/pag969.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 27 novembre 2011

Madame Corentine, paru la première fois en 1893, vient d’être republié en 2011 par les Editions Siloé. Pour le présenter, Canal Académie a invité le général Jacques Richou, arrière petit-fils de l’académicien, président de la société des Amis de René Bazin, -association qui a pour but de perpétuer et développer le rayonnement littéraire de René Bazin- ainsi que Mathias Burgé, étudiant à la Sorbonne, qui a consacré son mémoire de master II à cet auteur et spécifiquement à ce roman (mémoire qui a obtenu la mention TB !).

René Bazin est né à Angers le 26 décembre 1853, ville où il enseignera à l’université durant toute sa vie. S’il a fait des études de droit, c’est rapidement qu’il commence à rédiger des articles dans les journaux et ses premiers romans sont publiés en feuilleton, selon la manière de l’époque. Son roman Une tache d’encre (1888), sera couronné par l’Académie française.

Grâce à Ludovic Halévy, de l’Académie française, René Bazin fréquente le milieu littéraire et est orienté vers l’éditeur Calmann-Lévy. Après la guerre de 1870, il devient l’un des écrivains de La revanche, notamment avec le succès de son roman Les Oberlé, qui se déroule en Alsace. Une cinquantaine de titres composent son oeuvre dont les plus connus : La Terre qui meurt (1898 -250.000 exemplaires), Les Oberlé (1901 - 400.000 exemplaires), et Les Noellet (paru en 1890)

René Bazin fut élu à l’Académie française, au fauteuil 30 où il succèda à Ernest Legouvé, le 18 juin 1903 et reçu sous la Coupole le 28 avril 1904 (discours de réception prononcé par l’historien de la littérature française, Ferdinand Brunetière). Il avait 50 ans. Mort le 20 juillet 1932, il est donc resté académicien durant 39 ans.

L’angevin aimait aussi la Bretagne...

Jacques Richou rappelle que si l’Anjou est la terre natale de René Bazin, ce roman « Madame Corentine » se déroule en Bretagne. Un roman sur fond de mer dangereuse et de terres rudes pour lesquelles l’académicien s’était épris. Pour se documenter, il n’hésita d’ailleurs pas à s’installer des mois durant dans cette région.

- Faut-il résumer l’histoire ? Corentine, séparée de son mari (et surtout de sa rigide belle-mère) vit en exil sur l’île de Jersey depuis 10 ans, lorsqu’elle décide de revenir, le temps d’un court voyage, dans sa région natale, chez son père marin-pécheur. Sa fille, la toute jeune Simone, fait ainsi connaissance avec ses grands-parents et tentera de rapprocher son père (M. L’Héréec) et sa mère Corentine.

Bazin a parfaitement saisi la différence de mentalités, de comportements, entre les Bretons du nord (Perros) et ceux du sud (Lannion)... aussi différents que les sont les paysages, qu’il excelle à décrire.

L’art du portrait et la défense des valeurs familiales

Mathias Burgé, qui a en profondeur étudié l’œuvre de René Bazin, souligne en effet combien celui-ci a une manière parfaite de dresser le portrait de ses personnages, portrait physique et portrait psychologique.

Jacques Richou souligne, de son côté, toute l’actualité du thème choisi par Bazin : la souffrance de l’enfant déchiré entre son père et sa mère, et toute la volonté, sans doute, de défendre la valeur de la famille.

Extraits :

Cette émission se termine en vous proposant la lecture de trois extraits du roman Madame Corentine afin de vous permettre d’en goûter le style :

- "Est-ce beau, cette Bretagne !... Mme Corentine, assise à droite, au fond de la calèche, resta d’abord silencieuse et distraite. Souvent, elle jetait un regard rapide sur les hauteurs qui cachaient Lannion... (écoutez la suite)

- Le Pardon : "Enfin les cloches sonnèrent, mêlées au vacarme de la fanfare du collège de Tréguier, pour annoncer le départ de la procession... (écoutez la suite)

- Simone passe quelques jours avec son père, minotier à la veille de la ruine : "Comme il fait doux dehors, dit M. L’Héréec, vois donc, on dirait une journée d’été... Simone lui donnait le bras et, pour qu’elle ne remarquât pas trop les lézardes du moulin, ni les fenêtres grillées d’où pendaient des brins de paille semés par les moineaux, il lui montrait, en avant, les collines boisées, très nettes, un peu blondes à cause des bouleaux et des platanes déjà touchés par les nuits fraîches. L’enfant regardait. Mais elle se sentait prise d’un malaise grandissant... (Ecoutez la suite)...

Les lectures sont assurées par le comédien Fernand Guiot.

Ecoutez aussi notre émission avec Jacques Richou sur le roman Les Noëllet, un roman de René Bazin, de l’Académie française

Pour en savoir plus :

Consulter l’étude très complète de Jacques Richou sur le site www.renebazin.org. Ce document permet de mieux saisir la place de Bazin dans la littérature et dans l’histoire de son temps.

- l’Association Les Amis de René Bazin : 12 avenue Théophile Guatier 75016 Paris. contact courriel : amis@renebazin.org






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