Sur une idée de Pierre Cardin : les sculpteurs Soto, Cruz-Diez, Agam, Hiquily, Schöffer, réunis pour la première fois - Château de Lacoste 2011

L’exposition Sculptures en mouvement au château de Lacoste
Pierre Cardin, de l’Académie des beaux-arts, ouvre son château de Lacoste (Lubéron) à cinq grands sculpteurs du cinétisme : Soto, Agam, Cruz-Diez, Hiquily et Schöffer. Il est en effet amateur de cet art depuis les origines de ce mouvement lancé à Paris en 1955. Lydia Harambourg, correspondante au sein cette Académie, et quelques-uns des artistes, Soto et Cruz-Diez, s’expriment ici au micro de Marianne Durand-Lacaze, en reportage sur place.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR812
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Date de mise en ligne : 14 août 2011
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Commissaire de l’exposition, Lydia Harambourg revient dans cette émission sur les débuts de l’art cinétique, né en 1955 dans la galerie Denise René, à Paris. Nicolas Schöffer, dont les œuvres sont présentées ici, est le pionnier de cet art total. C’est l’œuvre de l’artiste Yaacov Agam, né en Israël en 1928, que commente Lydia Harambourg en premier.

Arrivé en France en 1951, formé en Suisse aux techniques du Bauhaus, il reçoit des commandes en France et aux Etats-Unis dès les années 1970. Double mille portes, l’œuvre exposée au château de Lacoste, est faite d’acier inoxydable. Le public n’est pas spectateur, mais acteur à part entière dans l’art d’Agam. Ainsi, contrairement à l’usage dans les musées, il est ici permis de toucher la réalisation de l’artiste. Comme le rappelle Lydia Harambourg, « cette contribution active du public introduit une notion d’imprévisibilité qui caractérise selon Agam la quatrième dimension ».

Agam, Double mille portes, juin 2009
Agam, Double mille portes, juin 2009
© Canal Académie

La sculpture de Philippe Hiquily, figure féminine stylisée, s’anime au gré du vent. L’artiste, né en 1925 à Paris, la surnomme affectueusement la marathonienne. Comme ses Girouettes, elle est une hiquilibriste, comme aime à plaisanter Hiquily. Lydia Harambourg voit dans cette allégorie féminine la réactivation du mythe d’Eros.

Sculpture d'Hiquily, exposée au Château de Lacoste, juin 2011
Sculpture d’Hiquily, exposée au Château de Lacoste, juin 2011
© Canal Académie

Jesus-Rafael Soto est, lui, né au Vénézuela en 1923 et mort à Paris en 2005. C’est un des pionniers de l’art cinétique et de l’Op Art qui en découle. Son Pénétrable bleu exposé au château est très célèbre. De quoi s’agit-il ? « Il se compose de fils construits faits de matériaux flexibles, métalliques, suspendus et qui se mettent en marche quand les spectateurs pénètrent à l’intérieur », explique Lydia Harambourg. L’art cinétique en général et celui de Soto en particulier est donc une expérience physique. Ici les yeux des spectateurs-acteurs sont éblouis par la beauté du bleu de Soto, qui répond au bleu du ciel du Luberon, s’inscrivant pleinement dans son environnement.

Des visiteurs dans la sculpture de Raphaël Soto, "Pénétrable bleu", exposé au Château de lacoste , juin 2011
Des visiteurs dans la sculpture de Raphaël Soto, "Pénétrable bleu", exposé au Château de lacoste , juin 2011
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Carlos Cruz-Diez : un « descendant direct de l’impressionnisme, du cubisme, du fauvisme et du constructivisme »

Carlos Cruz-Diez, né en 1923 au Venezuela, est l’une des figures historiques de l’art cinétique international. Formé à l’école des Beaux-Arts de Caracas de 1940 à 1945, il confie que peindre de la couleur sur la toile l’ennuyait. Déjà, il était à la recherche d’une autre perception de la couleur. Lui qui se définit comme un « descendant direct de l’impressionnisme, du cubisme, du fauvisme et du constructivisme », a été fortement influencé par les théoriciens de la couleur du XIXe siècle.
Ses recherches chromatiques le mèneront au concept de la couleur dans l’espace. À ses yeux, la couleur est autonome, isolée dans l’espace et agit sur le public, dans une sorte d’interaction entre l’œuvre et l’individu qui la contemple. Il s’agit rien moins que d’une expérience physique de la couleur qui relève selon lui du domaine de l’affectivité. En témoigne son installation environnementale : Trois douches d’induction chromatique (1968), réalisée à partir de bandes de plastique acrylique, exposée au château de Lacoste. Pour lui, la couleur sur toile appartient au passé ; son œuvre pourrait, elle, ne pas vieillir, comme le lui confirment les jeunes artistes qui viennent le voir.

Carlos Cruz-Diez, "Trois Douches d'induction chromatique", 1968, hauteur 2 mètres, bandes de plastique acrylique, Sarl Atelier Cruz-Diez, Château de Lacoste, juillet 2011
Carlos Cruz-Diez, "Trois Douches d’induction chromatique", 1968, hauteur 2 mètres, bandes de plastique acrylique, Sarl Atelier Cruz-Diez, Château de Lacoste, juillet 2011
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Nicolas Schöffer par Eléonore Schöffer

Les œuvres de Nicolas Schöffer, aujourd’hui décédé, sont présentées dans cette émission, par sa femme Eléonore Schöffer, qui aime à se faire appeler Léonore.

Nicolas Schöffer, Lux 11, 100x120x125, acier inox poli miroir, Collection Eléonore de Lavandereyra Schöffer
Nicolas Schöffer, Lux 11, 100x120x125, acier inox poli miroir, Collection Eléonore de Lavandereyra Schöffer
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Deux œuvres sont en présence. Lux 11 (1960) d’abord, fait d’acier inox poli reflétant la lumière et posé sur un plateau tournant. Ensuite, Le Soleil (1978), composé du même matériau. Ce sont toutes deux des structures miroirs qui sont le développement du concept de luminodynamisme. Schöffer est du reste l’auteur d’une Théorie des miroirs. Grand théoricien, il a conçu également des oeuvres monumentales, telle la Tour spatiodynamique et cybernétique de Liège, de 56 mètres de haut, en 1961. Une autre tour, la Tour Soleil cybernétique, sortira de terre le 6 septembre 2012 dans la nouvelle gare TGV de Belfort, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’artiste, né en 1912 en Hongrie.

Sculpture de Nicolas Schöffer, Le Soleil, 1978, 216x122x70, acier inox poli miroir, plexiglas, support acier noir, moteur, système électrique, Collection Eléonore de Lavandereyra Schöffer, exposée au Château de Lacoste juin 2011
Sculpture de Nicolas Schöffer, Le Soleil, 1978, 216x122x70, acier inox poli miroir, plexiglas, support acier noir, moteur, système électrique, Collection Eléonore de Lavandereyra Schöffer, exposée au Château de Lacoste juin 2011
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Pour en savoir plus

- Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts, est commissaire de l’exposition Sculptures en mouvement, qui se tient au Château de Lacoste (Lubéron) jusqu’au 2 octobre 2011.

- La page de Lydia Harambourg sur le site de l’Académie des beaux-arts

- Le Château de Lacoste

- Le site de Nicolas Schöffer

- La sculpture en France après 1945






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