J.J. Pluchart et Y. Doutriaux : l’euro et "L’esprit de Munich"

Les rendez-vous économiques du Cercle Turgot, animés par Jean-Louis Chambon
L’avenir de l’Union européenne et de sa monnaie unique fait ici l’objet d’un débat entre Yves Doutriaux, conseiller d’État, et Jean-Jacques Pluchart, professeur d’université. Les invités de Jean-Louis Chambon apportent leur point de vue éclairé, fustigeant les adeptes de "L’esprit de Munich" qui coûta si cher à l’Europe par le passé, et qui risque de la faire sombrer aujourd’hui encore.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : ECL715
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Date de mise en ligne : 24 juillet 2011

Face aux grandes menaces : conflits, guerres, fussent-elles monétaires (ce qui est le cas actuellement), deux attitudes se font jour chez les élites :
La première, et la plus répandue, est celle de l’évitement. En conceptualisant toutes les bonnes raisons, on parvient temporairement à éviter l’obstacle. C’est le choix du court terme contre une haute vision de l’avenir, et de la peur contre la volonté. La plus brillante illustration en est l’esprit dit « de Munich », qui fit « choisir la paix en s’accommodant de la honte », n’évitant en rien la guerre et ses conséquences, comme l’avait magnifiquement anticipé Winston Churchill.

L’autre attitude est exceptionnelle. Elle consiste à combattre contre les difficultés réelles ou supposées, contre le défaitisme, et bien souvent contre une opinion publique encline à suivre plus spontanément la facilité proposée par les élites les moins déterminées. Quelques grands hommes l’ont démontré : de Gaulle, Churchill, et, s’agissant de la construction européenne de l’après-guerre, Monnet ou Schumnan, entre autres, n’ont pas hésité à s’engager envers et contre tout pour défendre leur vision d’une Europe de la paix et de la prospérité. Jacques Delors s’est aussi inscrit sur cette trajectoire, en impulsant l’euro, malgré les difficultés qu’il ne sous-estimait point, il choisissait de mettre l’Europe face à son destin.

Jean-Jacques Pluchart et Yves Doutriaux
Jean-Jacques Pluchart et Yves Doutriaux

Avec l’actualité de la crise européenne, économique, monétaire et politique, qui se cristallise sur la monnaie commune, l’euro, les mêmes causes produisent les mêmes effets et l’on voit réapparaître des prises de position qui synthétisent assez bien ces tentations hélas, tragiquement humaines.
Les hommes (et les femmes) politiques, conseillés par nombre d’économistes ne sont pas en reste, en témoignent ces quelques exemples : Comment se débarrasser de l’euro, la thèse de Jean-Jacques Rosa, ou encore, Abandonner l’euro pour sauver les Européens thèse retenue par le trio Lafay-Sapir-Villin. S’ajoutent nombre de chroniqueurs historiquement opposés à la construction européenne qui retrouvent dans les difficultés, certes bien réelles de l’euro, des opportunités revanchardes du style « je vous l’avais bien dit ».
Aussi, face à cette déferlante qui fait de l’euro le bouc émissaire de tous les maux européens, de l’absence de croissance au surendettement des Etats, et qui alimente la résurgence des nationalismes, il peut paraître quasi suicidaire de tenter de trouver des vertus à la monnaie unique.

Pourtant, d’éminents hommes d’État s’y hasardent : Guy Verhofstadt, ancien Premier Ministre de la Belgique, appelle les États membres de l’Union à exprimer une vision collective « afin d’émerger de la crise actuelle », tandis que Joscka Fischer, ancien vice-chancelier allemand, considère que « c’est le manque de courage des hommes politiques qui en hésitant à dire la vérité à leurs électeurs entretient la cacophonie qui altère la crédibilité de l’euro… » soulignant d’autre part, avec une grande pertinence : « en dépit de la crise politique et de la paralysie de l’U.E., les Européens ne doivent pas oublier à quel point son existence est importante, aujourd’hui, et continuera de l’être, il suffit de se remémorer la première moitié du XXème siècle… ».

Aussi la question se pose d’un choix implicite entre « se débarrasser de l’euro pour sauver l’Europe ou bien de sauver l’euro pour refonder l’Europe ». À cette question des réponses et des convictions très éclairées sont fort heureusement apportées par les acteurs de premier plan ; Christian Saint-Etienne plaide pour une sortie par le fédéralisme, tandis que Jean-Dominique Giuliani se rallie à la thèse de Jean-Claude Trichet pour la création d’un grand ministère européen au Trésor. De même Jacques-Henri David, président du Cercle Turgot et Jean-Hervé Lorenzi partagent la conviction d’une solution qui passe par la création d’« Eurobonds » pour optimiser la gestion de la dette.

C’est aussi le débat qui occupe Jean-Louis Chambon et ses invités Yves Doutriaux et Jean-Jacques Pluchart, deux éminents spécialistes de la question européenne, membres du Cercle Turgot, qui répondent à trois questions majeures :
- Une sortie de l’euro est-elle envisageable techniquement, en particulier pour la France ?
- Quelles seraient les conséquences d’une sortie totale ou partielle de l’euro pour les pays concernés et pour l’avenir de l’Europe ?
- Quel prix est-il acceptable de payer pour sauver l’euro ?

Cela amène nos intervenants à examiner les scenarii probables, à court et long terme, ainsi que les enjeux qui leur sont attachés. Un plaidoyer sans équivoque pour épargner à l’Europe « ce qui serait sans aucun doute une folie », selon l’expression de Philippe Dessertine, et ceci pour chacun de ses membres et le reste du monde. Sauver l’euro c’est se sauver soi-même !

Jean-Louis Chambon




En savoir plus :
- Euro-gouvernance et Euro-management d’Yves Doutriaux et Jean-Jacques Pluchart
- La chronique « Économique et finance » de Jean-Louis Chambon sur Canal Académie
- Site du Cercle Turgot






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