Yves Montand à Jean-Loup Dabadie : « Oh, c’est beau... je veux le chanter ! »

L’académicien Jean-Loup Dabadie évoque son ami le chanteur et comédien Yves Montand
Jean-Loup Dabadie évoque quelques souvenirs avec Yves Montand à l’occasion des 10 ans de sa mort. C’était un ami et un collaborateur pour lequel il a écrit chansons et surtout scenarii de films. De « Vincent, François, Paul et les autres » au film « Garçon », clin d’œil émouvant de l’académicien parolier à un grand enfant au talent immense.


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Date de mise en ligne : 30 octobre 2011

Il y a 10 ans, le 9 novembre 1991, Yves Montand, de son vrai nom Ivo Livi, nous quittait. Acteur de cinéma, chanteur et danseur interprète de music-hall, d’origine italienne, il était né le 13 octobre 1921 et avait charmé le monde entier. A l’occasion de cet anniversaire, sa mémoire est évoqué par l’académicien Jean-Loup Dabadie, romancier, scénariste, auteur de chansons (de Reggiani à Emily Loiseau, tous les plus grands ont fait et font appel à son talent d’écriture).

Hommage de Jean-Loup Dabadie à Yves Montand dans cette émission : <i>J'allais le voir au théâtre de l'Etoile...</i>
Hommage de Jean-Loup Dabadie à Yves Montand dans cette émission : J’allais le voir au théâtre de l’Etoile...

« J’étais l’ami de Simone Signoret mais c’est pour Yves Montand que j’ai écrit »

Son premier souvenir d’« Yves », Jean-Loup Dabadie le décrit comme « émerveillé » : « c’est un souvenir de spectateur. J’étais lycéen et j’allais le voir au théâtre de l’Étoile. On voyait arriver sa belle silhouette et son chapeau claque et il chantait sa célèbre chanson : A Paris ! »

Le temps passe et lui réserve de bonnes surprises. Alors qu’il vit dans le monde de la musique parisienne, celui du fameux music-hall disparu aujourd’hui, il s’intéresse à toutes les formes d’écritures et surtout celle des chansons : « J’étais programmé pour devenir prof de lettres puis un jour j’ai commencé à écrire des chansons... » Les belles rencontres ne tardent pas et voilà qu’il devient l’ami de Simone Signoret alors qu’elle est au sommet de sa gloire. « J’étais surtout l’ami de Simone Signoret. Paradoxalement, je n’ai jamais écrit un mot pour elle qui était ma grande amie. J’allais la voir dans sa propriété d’Autheuil-Authouillet en province. Quelquefois Yves était là. Je les voyais aussi place Dauphine, à Paris, où ils avaient leur appartement. »

Les débuts au cinéma avec Claude Sautet et Yves Montand

Jean-Loup Dabadie qui écrit au cinéma pour Claude Sautet, manque de peu une première collaboration avec Yves Montand puisque ce dernier refuse de jouer dans le film « Les choses de la vie » : « Il nous avait gentiment envoyés balader ».

Jean-Loup Dabadie © Brigitte Eymann
Jean-Loup Dabadie © Brigitte Eymann

Mais un jour... : « Il s’est trouvé que j’ai travaillé sur le film : « Vincent, François, Paul et les autres » toujours de Claude Sautet. Nous avions nos trois Italiens ensemble et un jeune comédien du nom de Gérard Depardieu et aussi des actrices merveilleuses. Je garde un souvenir ému de l’ambiance du film, du besoin d’Yves de confronter nos points de vue, de son affection. » Notre invité, en effet, nous révèle la personnalité intime d’Yves Montand : « Il acceptait que je lui dise les choses. Quand il doutait de son personnage, il me demandait mon avis. J’aimais chez lui son incertitude. Il pouvait devenir très inquiet ! » Le lien qui se crée au fil du temps entre les deux hommes se mêle de confiance et de toujours plus d’affection. Yves Montand se sent à l’aise avec ce jeune homme poète, à l’allure légère et franche. De telle sorte qu’il se permet de l’appeler sans horaire précis et de l’inviter à le retrouver lorsqu’il répète avant le démarrage d’un film. Jean-Loup Dabadie nous fait part d’une anecdote amusante : « Parfois, il vous demandait de venir et il vous ouvrait la porte en jouant le personnage qu’il travaillait. Je me souviens d’une fois, avant de démarrer le tournage de « Garçon » : il m’avait accueilli en garçon de café ! C’était une preuve de modestie et de sérieux extraordinaire. »

Il y eut en tout 4 scenarii de films avec Yves Montand : « Vincent, François, Paul et les autres » ; « Le sauvage », « César et Rosalie » et « Garçon ». Côté chansons Jean-Loup Dabadie écrit « L’addition » et « Valentin ». Cette dernière, en hommage à son fils, n’a jamais été enregistrée mais il reste un film... Écoutez l’académicien revenir sur cet épisode extraordinaire dans notre émission audio et comment Yves Montand en lisant les premières paroles s’écria : « Oh, c’est beau... je veux la chanter ! »

12 mars 2009 : jour de réception de Jean-Loup Dabadie à l'Institut de France
12 mars 2009 : jour de réception de Jean-Loup Dabadie à l’Institut de France

En savoir plus :

- Jean-Loup Dabadie a été élu à l’Académie française en 2008, reçu sous la Coupole de l’Institut le 12 mars 2009. Par lui, l’Académie renoue avec le cinéma, qui n’y était guère représenté depuis la mort en 1981 de René Clair, élu au même fauteuil en 1960.

- Lire le discours de Jean-Loup Dabadie à l’Académie française

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