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Tiens bon Cameron ! Une chronique de François d’Orcival

De l’Académie des sciences morales et politiques
La réforme des retraites a causé bien des tracas à nos dirigeants. Au tour maintenant des hommes politiques britanniques d’être confrontés à l’ire des futurs retraités. Le gouvernement de David Cameron, déjà impopulaire, pourra-t-il résister aux conséquences de cette réforme draconienne mais nécessaire ? Le point de vue de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques.


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Référence : CHR705
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Date de mise en ligne : 30 juin 2011


« Cotiser plus et travailler plus longtemps », avec une retraite calculée sur toute une carrière et non plus sur le dernier salaire…En France, c’était la bataille de l’automne dernier ; en Grande-Bretagne, elle est en cours. Âge de la retraite repoussé à 66 ans et alignement du public sur le privé (argument : « les contribuables ne comprendraient pas qu’il en soit autrement »).
David Cameron a inséré cette réforme dans un plan général d’économies de 111 milliards de livres (126 milliards d’euros) en quatre ans, lequel comprend la suppression de 300 000 postes de fonctionnaires. Ce qui fait hurler les syndicats, toutes catégories d’agents confondues. Ceux-ci appellent leurs adhérents à bloquer le pays jeudi prochain. Et, disent-ils, ce ne sera qu’un début.

David Cameron
David Cameron

La menace n’impressionne pas le premier ministre. Sa coalition, constituée il y a un an entre conservateurs et libéraux démocrates, tient bon, malgré quelques frictions. Le dossier sensible de la réforme des retraites chez les fonctionnaires est défendu par un ministre libéral démocrate. Cameron est d’autant moins inquiet que les syndicats ont déjà fait défiler beaucoup de monde dans les rues de Londres en mars dernier sans conséquence dans les urnes : il y avait, le 5 mai, des élections locales et régionales ainsi qu’un référendum sur le changement éventuel du mode de scrutin. Aux élections, les libéraux démocrates ont souffert, les travaillistes n’ont pas atteint leurs objectifs, cependant que les conservateurs résistaient mieux que prévu. Quant au référendum, Cameron, qui était contre le changement du scrutin majoritaire, a été massivement soutenu. Le vote sanction, espéré par les syndicats, ne s’est pas produit.

Pour l’aider encore, les dernières statistiques publiées montrent que le chômage a reculé de 88 000 demandeurs d’emplois au cours du premier trimestre, cependant que le secteur privé créait 104 000 emplois. De quoi espérer que le secteur marchand puisse absorber les suppressions d’effectifs dans le public.
L’énergie de Cameron paie. Les dirigeants travaillistes admettent de plus en plus que son plan de réforme est brutal, mais inévitable. Et s’ils le disent, c’est parce qu’ils redoutent qu’un échec des conservateurs ne débouche non pas sur une alternance à gauche mais sur un succès de la droite la plus radicale ! Les Grecs auraient bien besoin d’un Cameron.


François d’Orcival



Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 25 juin 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival n’engagent que lui-même, et non pas l’académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France.

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