Il y a calepin et Calepin !

Mot pour mot, la rubrique de Jean Pruvost
Le calepin n’est pas seulement un petit carnet sur lequel on écrit des notes. Jean Pruvost nous fait découvrir d’autres sens du mot qu’il a, fidèle à son habitude, dénichés dans de nombreux dictionnaires et, même, nous apprend l’existence d’un Ambroise Calepin !


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Émission proposée par : Jean Pruvost
Référence : MOTS593
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Date de mise en ligne : 19 juin 2011

« Il y a quelques jours, je relisais mes anciens calepins de notes, de ces notes qu’on s’adresse à soi-même », voilà ce qu’Edmond de Goncourt consigne dans son Journal en 1895. Deux siècles plus tôt, chez un autre écrivain, Jean Racine, on déniche de nouveau le calepin dans une de ses lettres : « N’êtes-vous pas fort plaisant avec vos cinq langues ? Vous voudriez que […] mes lettres fussent des calepins ».

Eh bien, en vérité, Edmond de Goncourt et Racine ne parlent pas du tout de la même chose. En gros, le premier évoque un petit carnet de notes personnelles, et là on est autour d’une centaine de grammes qui tiennent dans la poche, alors que le second, Racine, évoque un dictionnaire qui pèse plusieurs kilos.

Buste d'Ambrogio Calepino auteur du fameux <i>Calepin</i>
Buste d’Ambrogio Calepino auteur du fameux Calepin
© Biblioteca A.Mai, Bergame

Comment expliquer ce singulier amaigrissement ? C’est tout simplement que le calepin représente au départ un dictionnaire polyglotte, publié dès 1502 par Ambroise Calepin. Le Calepin, comme on dit aujourd’hui Le Littré, enregistrait de fait cinq langues en 1545, puis dix en 1588. Avec plus de 200 éditions publiées dans toute l’Europe, ce recueil, sans lequel on ne partait pas en voyage, et qu’on annotait, connaît un immense succès. C’est comme cela qu’il a fini par désigner un carnet personnel.

Attention, un calepin peut en cacher un autre ! nos amis belges peuvent mettre un calepin dans un calepin, parce que le mot signifie pour eux cartable. On disait au XIXe siècle, « mettez bien ça dans votre calepin », pour « ne l’oubliez pas » !
Voilà c’est fait. Il faut que je vous quitte maintenant, j’ai mon calepin à remplir.


Jean Pruvost est Professeur des Universités à l’Université de Cergy-Pontoise où il enseigne la linguistique et notamment la lexicologie et la lexicographie. Il y dirige aussi un laboratoire CNRS/Université de Cergy-Pontoise (Métadif, UMR 8127) consacré aux dictionnaires et à leur histoire.

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