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Aide-toi, l’Allemagne t’aidera. Une chronique de François d’Orcival

De l’Académie des sciences morales et politiques
L’Europe sociale telle que se l’imagine la chancelière allemande, Angela Merkel, est bien loin de la conception qu’en ont les pays latins. Un facteur de plus venant aggraver la crise que traverse l’Union Européenne ? François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques, nous fait partager son point de vue.


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Référence : CHR692
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Date de mise en ligne : 1er juin 2011



Angela Merkel prend les syndicats au mot : elle aussi veut une « Europe sociale ». Mais à l’Europe des droits acquis, elle oppose l’Europe des contreparties. Union monétaire, protection sociale, solidarité ? Certes, dit la chancelière : mais alors il faudra que vous travailliez autant que nous et aussi longtemps que nous. « On ne peut pas avoir une monnaie unique, disait-elle la semaine dernière, quand certains profitent de longs congés et d’autres de très peu. » Elle ajoutait : « Comment les Grecs, les Espagnols, les Portugais peuvent-ils prétendre prendre leur retraite plus tôt que les Allemands ? » L’Allemagne est prête à vous aider – « mais, insiste-t-elle, à condition que chacun fasse des efforts et que ceux-ci se voient. » Aide-toi, l’Allemagne t’aidera.
Dans la bouche de la Chancelière, connue pour sa retenue, c’est un langage nouveau. A lire dans son contexte politique : sa coalition entre chrétiens démocrates et libéraux va mal ; les libéraux perdent toutes les élections régionales, et elle aussi (dimanche dernier, c’était à Brême), non pas parce que les électeurs de droite passent à gauche mais parce qu’ils s’abstiennent. Ces électeurs allemands de droite ne veulent plus payer pour les autres et le cas grec n’a fait que les exaspérer.

Angela Merkel
Angela Merkel

Les Grecs ont été admis dans l’union monétaire, pour des motifs politiques, alors qu’ils n’en remplissaient pas les conditions. Les gouvernements d’Athènes, de droite et de gauche, ont été complices des mêmes mensonges. Jusqu’au moment de la faillite. L’Allemagne a pris sur elle de soutenir le plan de solidarité européen, pour sauver la Grèce, en même temps que l’euro. Un plan de 110 milliards d’euros qui était gagé sur un changement de politique. Un an plus tard, les Grecs demandent un allongement de leurs délais de paiement et la baisse de leurs taux – car ils sont bien incapables de rembourser. Et la Chancelière redoute la contagion.
Dans le fonds de soutien européen de 700 milliards d’euros, la part allemande s’élève à 190 milliards. En mettant ses partenaires en garde, Angela Merkel sait de quoi elle parle. Elle-même allemande de l’Est, elle n’a pas oublié que la réunification des deux Allemagne a commencé par être monétaire – laquelle entraîna une profonde reconversion de l’Allemagne orientale avant que celle-ci puisse prétendre au pouvoir d’achat de sa voisine occidentale.


Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 28 mai 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques, n’engagent que lui-même, et non l’académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France


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