Sur le Pont des arts : regard sur les femmes sculpteurs

Mai 2011
Les membres de l’Académie des beaux-arts ont au printemps 2011, entamé une réflexion sur la main de l’artiste, l’importance du geste dans l’expression des arts. La publication trimestrielle de la Lettre de l’Académie des beaux-arts , consacre son numéro de printemps au lien entre la main, l’œil et le cerveau chez les artistes ? Un sujet passionnant tout comme les œuvres des femmes sculpteurs, rassemblées sur trois siècles au musée de Boulogne-Billancourt. Sur le Pont des arts vous propose une interview de Brigitte Terziev, première femme sculpteur qui fit son entrée au sein de l’Académie, il y a 4 ans.


T�l�charger le fichier sur votre ordinateur
Références Émission afficher
Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : ABA507
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/aba507.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida7025-Sur-le-Pont-des-arts-regard-sur-les-femmes-sculpteurs.html
Date de mise en ligne : 29 mai 2011

La Main de l’artiste, un dossier de La lettre de l’Académie des Beaux-Arts

François-Bernard Michel, membre de l’Académie des Beaux-Arts (dans la section Membre libre) rappelle combien ce thème de réflexion classique au milieu de l’art est revisité dans un esprit novateur par quelques membres de l’Académie, graveur, sculpteur, critique d’art, médecin, architecte dans ce numéro qui s’interroge aussi sur la main de l’artiste et le droit.


Pour l’artiste graveur Louis-René Berge la main du graveur n’est pas celle du dessinateur même si le graveur dessine parfois avant d’attaquer sa plaque de cuivre au burin. La rapidité du crayon qui glisse s’oppose au burin qui creuse et réclame un geste plus lent, agressif et contenu. L’effacement du trait étant impossible, le travail de gravure exige une parfaite maîtrise : Les bons jours le geste est bien rythmé et on dirait que la main creuse sans difficulté : c’est le moment où il faut se méfier : la main "s’endort"...danger !

Pour le sculpteur Claude Abeille, la main reprend à son compte le projet de l’artiste : c’est la récompense du sculpteur devenu le premier spectateur de l’apparition d’une œuvre dont il est, certes, l’auteur mais dont il doit peut-être à sa main la meilleure part : celle du mystère de toute œuvre d’art réussie.

Pour Paul Andreu, parler de la main, pour l’architecte, c’est parler du dessin à l’origine de toute projection spatiale, de tout geste architectural. Sur des carnets depuis 1969, il a conservé presque « jalousement » dit-il, la trace de la partie la plus intime de son travail. Puis pour gagner du temps il a commencé à montrer ses dessins qui aujourd’hui, lui apparaissent, certes comme des outils de la découverte de ses projets, mais comme des dessins qui avaient aussi quelque chose qu’il n’avait ni cherché, ni voulu, la possibilité d’exister hors d’eux.

Pour le compositeur Laurent Petitgirard, la main du chef d’orchestre est celle d’un sculpteur qui pétrit l’immatériel. Celle d’un personnage qui ne joue de rien, mais dont on dira pourtant qu’elle a un "son".

Prix d’orgue et musique contemporaine

Du côté de la section de composition musicale de l’Académie des Beaux-Arts, les académiciens - musiciens se préparent à accueillir prochainement sous la Coupole de l’Institut de France, leur confrère Michaël Levinas, le 15 juin. Canal Académie retransmettra cette séance solennelle de réception et cette semaine là une interview du compositeur.

En ce mois de mai, l’Académie des Beaux-Arts a décerné le prix d’Orgue Jean-Louis Florentz, 2011, pour sa neuvième édition à Virgile Monin, un jeune organiste de 23 ans.

Ce Grand Prix annuel est destiné à promouvoir les jeunes organistes diplômés de France, issus des Conservatoires Nationaux de Région, des Ecoles Nationales de Musique ou des Conservatoires Municipaux de la Ville de Paris. La finale du concours a eu lieu cette année sur le grand orgue de la Cathédrale d’Angers.

Ce Grand Prix porte depuis 2005 le nom de Jean-Louis Florentz, membre de l’Académie des Beaux-Arts décédé en juillet 2004. Le prix qui récompense un organiste de moins de trente ans, avait été créé en 2002 par l’Académie des Beaux-Arts à l’initiative de ce compositeur et organiste.

Qui était Jean-Louis Florentz ?

Élève de Pierre Schaeffer et d’Olivier Messiaen, il mena en parallèle des études universitaires de langues et de civilisations et de musique. Il apprit ainsi l’arabe littéraire, l’éthiopien. Fin connaisseur des langues sémitiques, il fit des études d’ethnomusicologie. Ses voyages, des Antilles à la Polynésie, en passant par l’Afrique où il séjourna plusieurs années, lui ont permis de travailler en particulier sur les polyphonies des oiseaux en milieu équatorial. A la fois compositeur et professeur d’analyse éthnomusicologique au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon, il était aussi organiste à la Cathédrale Notre-Dame de Paris. Il fut compositeur en résidence auprès de l’Orchestre National de Lyon de 1995 à 1997 et de l’orchestre national des Pays de Loire de 2000 à 2002 ; il est l’auteur d’une quinzaine d’ opus.

Son œuvre a été plusieurs fois distinguée. En 1989 il reçut le Grand Prix Musical de la Ville de Paris pour l’ensemble de son œuvre. En 1990, le Grand Prix Musical de la Fondation Prince Pierre de Monaco, lui fut décerné pour Asún, opus 7. L’année suivante en 1991, c’est le Grand Prix de la Musique Symphonique de la SACEM qui lui est décerné.

Élu à l’Académie des Beaux-Arts en 1995, il a été l’artisan du rapprochement entre une association défendant l’orgue sous toutes ses formes et l’Académie.

L’association CSPO, sigle de l’association, œuvre pour la connaissance et la sauvegarde du patrimoine des orgues. A cet effet, fut créé le Grand Prix d’orgue de l’École supérieure des Beaux-Arts d’Angers qui attribue chaque année depuis 2002, date de création du prix, une récompense distinguant le meilleur jeune espoir parmi les organistes. Le prix a été renommé Grand Prix Florentz ou Grand prix d’orgue Jean-Louis Florentz en 2005 à la suite de la mort de l’artiste en 2004.
L’association CSPO se propose de fédérer, dans le Maine-et-Loire, les groupements s’intéressant à l’orgue à tuyaux, sans pour autant s’occuper de leur activité ou de leurs concerts. Elle organise des conférences sur cet instrument majestueux, sur la littérature d’orgue et la musique sacrée sous toutes ses formes et des stages de formation destinés aux organistes de la région.

Elle entend participer à la sauvegarde du patrimoine existant : favoriser l’entretien et l’amélioration des orgues, constituer un comité technique pouvant également avoir un rôle de conseil auprès des pouvoirs publics (Etat et collectivités territoriales).

L’association promeut aussi l’orgue dans sa forme la plus actuelle en favorisant la construction d’orgues nouveaux, en créant et organisant des concours, des concerts et des festivals. Le Festival des orgues, Printemps des orgues, en Anjou, pour sa 19e édition propose des concerts d’orgue autour du Baroque, de l’accordéon, de la littérature. Consultez sur le site le printemps des orgues.fr, la liste des concerts du mois de juin, entre Cholet, Saumur et Angers.

Virgile Monin
Virgile Monin

Cette année le jury du Grand Prix Florentz a récompensé Virgile Monin, né en 1987, actuellement étudiant au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en classe d’écriture. Il a effectué ses études aux conservatoires de Nantes (Premiers Prix d’Orgue - classe de Michel Bourcier -, prix d’Ecriture et d’Analyse) et de Saint-Maur-des-Fossés (Premier Prix d’Improvisation à l’Orgue dans la classe de Pierre Pincemaille).

Le lauréat est titulaire d’une licence de musicologie de la Faculté de Rennes II. Il a consacré des travaux de recherche à Marcel Dupré en matière de facture d’orgues et au Poème pour piano et cordes de Gabriel Dupont (1878-1914).

Virgile Monin se produit régulièrement en concert, tant en France qu’à l’étranger.

Ce prix lui sera officiellement remis lors de la séance solennelle de l’Académie des Beaux-Arts le 23 novembre 2011.

Les femmes et la sculpture

La sculpture au féminin est à l’honneur au musée de Boulogne - Billancourt où sont présentée des dizaines d’œuvres réalisées par des femmes sculpteurs du XVIIIe siècle à nos jours. La commissaire d’exposition Anne Rivière fait sortir de l’ombre cette sculpture trop méconnue dont la hardiesse est tue.

Brigitte Terziev
Brigitte Terziev
© Brigitte Eymann/Académie des beaux-arts

L’occasion pour Sur le Pont de arts de donner la parole à une académicienne sculpteur, Brigitte Terziev dont une des œuvres, une grande sculpture verticale, un Spectre, accueille le visiteur à l’entrée de l’exposition, Sculpture’Elles qui se déroule du 12 mai au 2 octobre 2011. L’académicienne Brigitte Terziev dans cette interview, présente l’exposition et revient sur cette exceptionnelle réunion d’œuvres, venues des musées du monde entier : un événement qui honore tous les grands noms de la sculpture, au féminin...


Bestiaire, Photographies

Yann ARTHUS BERTRAND Templado, Etalon Lusitanien II 2011 Tirage argentique, collage sous plexiglass 4mm 80 x 120
Yann ARTHUS BERTRAND Templado, Etalon Lusitanien II 2011 Tirage argentique, collage sous plexiglass 4mm 80 x 120
© Maeght 2011

La galerie Maeght sur une proposition de Robert Delpire et Pascal Le Thorel présente du 5 mai au 4 juin, une exposition de photos, intitulée Bestaires, dans la nature ou en ville, dix grands photographes, un peintre Jacques Monory et une femme sculpteur Ruth Adler posent leur regard sur le monde animalier.

Jean-François SPRICIGO, "Anima IV" 2009, Photographie argentique, 60 x 40
Jean-François SPRICIGO, "Anima IV" 2009, Photographie argentique, 60 x 40
© Maeght 2011

Aux côtés d’une photographie de lion de Yann Arthus-Bertrand qui se révéla photographe à part entière en observant les fauves in situ en Afrique dans les années quatre-vingt, est accrochée une toile de Monory petit format montrant un de ses fameux tigres bleus. Le fondateur de l’Agence Altitude et de la Fondation Good-Planet est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux animaux au cours de sa carrière, en dehors de ses célèbres photos vues du ciel. L’aventure commença avec Lions (1983), d’autres ont suivis dont le très bel album Bestiaux en 1991, Chats (1992) et Chiens (1993). Nicolas Bruant saisit aussi les animaux dans la nature, vous verrez à la galerie un crocodile souriant dans toute sa splendeur et vous apprécierez le regard d’Elliot Erwitt qui a saisit les personnalités américaines, Marilyn Monroe pour n’en citer qu’une, des anonymes de son temps et les chiens de son époque avec un sens du portrait saisissant. Les images poétiques de Frank Horvat autre grand nom de la photographie explore dans le choix des œuvres présentées dans le cadre de cette exposition, l’esprit d’une chouette. Toutes les générations de photographes sont représentées y compris les plus jeunes comme Jean-François Spricigo (Premier Prix de photographie 2008- Académie des beaux-arts) dont les images dialoguent avec aisance avec le visiteur comme avec les autres œuvres.

Jacques MONORY "Tigre n°8, Tigre sentimental" 2011 Huile sur toile, photo et plexiglass 73 x 60
Jacques MONORY "Tigre n°8, Tigre sentimental" 2011 Huile sur toile, photo et plexiglass 73 x 60
© Maeght 2011

Vincent Bioulès, dessins

Vincent Bioulès, <i> Le Grand pin </i>, Fusain, pastel et estompe sur papier brun rose, 2007
Vincent Bioulès, Le Grand pin , Fusain, pastel et estompe sur papier brun rose, 2007

Dans l’actualité des arts de manière plus générale pour les mois de mai et de juin, saluons le premier festival d’histoire de l’art qui se déroule du 27 au 29 juin à Fontainebleau et signalons une exposition de dessins contemporains, ceux de Vincent Bioulès, ancien professeur à L’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. L’exposition du Cabinet des dessins Jean Bonna, Bioulès Roma présente 90 dessins de Vincent Bioulès figurant Rome et la Villa Médicis, réalisés lors de séjours sur place en 2007 et 2008. Sur de grands formats utilisant la gouache et le pastel, ou sur des carnets de croquis, Vincent Bioulès qui vient de l’abstraction, livre une interprétation très personnelle du paysage sans s’attacher à une technique particulière. L’artiste a fait don de ses dessins à l’Ecole des Beaux-Arts. En ce début de XXIe siècle, il dessine et peint les jardins de la célèbre villa, ce que des dizaines d’artistes, pensionnaires ou voyageurs avant lui, ont réalisé, parmi les plus grands, Ingres, Balthus ou Viallat et réussit à imposer une vision très originale, loin de tout académisme.

Pour en savoir plus

- La lettre de l’Académie des beaux-arts est une publication de l’académie disponible sur Internet, La Main de l’artiste, n°64 printemps 2011.

- Jean-Louis Florentz (1947- 2004), membre de l’Académie des beaux-arts,
- Le prix d’orgue Jean-Louis Florentz sur le site de l’Académie des beaux-arts : doté d’un montant de 4500 euros, ce prix est entièrement organisé par l’Association pour la Connaissance, la Sauvegarde et la Promotion des Orgues du Maine-et-Loire (CSPO) en partenariat avec les villes de Beaufort-en-Vallée et Angers. Et notamment le Printemps des Orgues. Les quatre finalistes 2011 étaient Karen Arcile, Camille Bloche, Virgile Monin et Emmeran Rollin
- Programme du festival du Printemps des orgues

- Brigitte Terziev sur le site de l’Académie des beaux-arts
- Exposition : Sculpture’Elles qui se déroule du 12 mai au 2 octobre, Musée des Années Trente, M-A 30, Boulogne-Billancourt, 28, avenue André Morizet 92100 - Téléphone : 01 55 18 46 64.
- Catalogue d’exposition, Anne rivière, Sculpture’Elles, Somogy éditions d’art, Collection : COEDITION ET MU, 270 pages, mai 2011

- Yann Arthus-Bertrand, sur le site de l’Académie des beaux-arts
- Bestiaire, Photographies, une exposition de la galerie Maeght sur une proposition de Robert Delpire et Pascal Le Thorel, 5 mai- 4 juin 2011, 42 rue du Bac à Paris

- ENSBA exposition Vincent Bouliès, Bioulès Roma, Cabinet des dessins Jean Bonna, Ecole des beaux-arts de Paris, 14 rue Bonaparte 75006 Paris, du 18 mai au 15 juillet 2011






© Canal Académie - Tous droits rééservés

Notez cette émission :

Commentaires