Alfred de Gramont (1892-1915), le prince de la Belle Epoque

Son journal inédit présenté par l’historien Eric Mension-Rigau
L’historien Eric Mension-Rigau a annoté et commenté le journal intime d’Alfred de Gramont (1856-1915), cadet d’une illustre famille qui brilla de mille feux à la Belle Epoque. Au fil des pages se dresse le portrait d’une société aristocratique et bourgeoise dont la Grande Guerre sonnera le glas et qu’a si bien décrite Proust. Quant à Armand et Arnaud Gramont, respectivement frère et cousin d’Alfred, ils furent tous deux élus à l’Académie des sciences.


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Émission proposée par : David Gaillardon
Référence : PAG922
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Date de mise en ligne : 28 août 2011


Membre du service d’honneur du prince d’Orléans (1869-1926), Alfred de Gramont est issu d’une famille illustre, proche de la Couronne depuis l’accession au trône d’Henri IV. Fils d’Antoine Agénor Xe duc de Gramont, Alfred est né à Turin en 1856. Ancien élève des Jésuites au collège Vaugirard, il a aussi fréquenté l’école militaire de Saint-Cyr. Officier, il quittera l’armée avec le grade lieutenant d’infanterie. Alfred de Gramont meurt à Paris en 1915, durant la Première Guerre mondiale.

Son père, dixième duc du nom, eut une riche carrière diplomatique sous Napoléon III, qui le nomma ministre des affaires étrangères en 1866. À ce titre, Agénor de Gramont fut rendu responsable de la guerre de 1870, qui entraîna la chute du Second Empire.

Les origines de la famille de Gramont remontent au Xe siècle, dans le Béarn. Lorsque la France fut rattachée à la Navarre, comme disent les Béarnais évoquant l’accession au trône de Henri IV, les Gramont montèrent à Paris. Ils furent alors nommés gouverneurs de Bayonne, une charge qu’ils conserveront jusqu’à la Révolution française.

Proches de Henri IV, ils furent également familiers de Louis XIV, par le biais du second duc de Gramont, premier maréchal de la famille. C’est lui qui, chargé d’ambassade à Madrid, négociera le traité des Pyrénées (1659) et le mariage de Louis avec l’infante Marie-Thérèse.

Sans la rédaction de ce journal intime, il est probable qu’Alfred de Gramont serait tombé dans l’oubli, ses deux enfants n’ayant pas eu de postérité. Sa famille s’est illustrée dans la science. Son frère aîné, Armand (1879-1962), duc de Guiche, ami de Marcel Proust, était physicien et ingénieur en aéronautique. Co-fondateur de l’Institut d’Optique théorique et appliquée (Orsay), il sera élu à l’Académie des sciences, le 9 février 1931. Leur cousin, Arnaud (1861-1923), fut lui aussi membre de l’Académie des sciences, élu le 9 juin 1913. Il était physicien et chimiste, spécialiste de spectroscopie.

Ce journal inédit édité et présenté par Eric Mension-Rigau, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, montre un monarchiste rallié à la famille d’Orléans mais lucide quant aux écueils qui menacent toute restauration en France. Au fil des pages de ce journal de plus de sept cents pages, on découvre le point de vue d’un spectateur attentif au spectacle du monde, d’un homme qui commente l’affaire Boulanger, celle du Ralliement de l’Eglise à la République et qui livre parfois des portraits incisifs de ses contemporains, notamment celui de la danseuse Isadora Duncan ou celui d’Arthur Meyer, rédacteur en chef du Gaulois.



Pour en savoir plus

- Une autre émission avec Eric Mension-Rigau : Boni de Castellane le collectionneur esthète modèle de Proust

- Eric Mension-Rigau, L’Ami du Prince, journal inédit d’Alfred de Gramont, Fayard, 2011.

- Aristocrates et grands bourgeois, Perrin, 2007.

- Boni de Castellane, Perrin, 2008.






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