Florence Delay, un moment essentiel de ma vie

Extraits de L’essentiel avec... Florence Delay, de l’Académie française . Entretien avec Jacques Paugam.
Avec Florence Delay, de l’Académie française, tout est source de bonheur : l’enseignement, l’écriture, la traduction mais rien n’est aussi essentiel que la liberté, l’oisiveté féconde et la quête d’une vie intérieure... Voici sa réponse à la première question que lui pose Jacques Paugam : Quel est à vos yeux le moment essentiel de votre vie ?


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Émission proposée par : Jacques Paugam
Référence : hab634
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Date de mise en ligne : 17 juillet 2011

Florence Delay, élue à l’Académie française en 2000, a succédé à Jean Guitton sur le fauteuil n° 10. Universitaire agrégée d’espagnol, enseignante de littérature générale et comparée, traductrice, essayiste, dramaturge, romancière dont la curiosité et la créativité sont à l’image de sa culture, à la fois impressionnante, originale et éclairée.


- Dans votre itinéraire, votre carrière, quel a été, à vos yeux, le moment essentiel ?

"Je crois que c’est un échec. Je voulais faire du théâtre. A cause du divorce de mes parents, mon père m’a mis un marché en mains : si je choisissais l’agrégation d’espagnol, tradition familiale, il m’offrait un studio. Très bonne décision au fond, car j’ai pu exercer un métier magnifique, l’enseignement. Je remercie mon père."

Florence Delay, de l’Académie française
Florence Delay, de l’Académie française
Copyright Louis Monier

Dans "Minuit sur les jeux"(1973), elle relate son goût de l’Espagne. La découverte des poèmes de Lorca fait partie de ces étapes qui ont tracé son chemin définitif vers l’Espagne. La littérature espagnole l’a constituée autant que la française. Elle éprouve une passion pour les écrivains espagnols. Avec Calderon, par exemple elle ressent un lien personnel. Elle cite deux titres "La vie est un songe", "le grand théâtre du monde" : "pour moi, ces deux images dramatiques m’ont guidée ; le monde est un théâtre et mon amour du théâtre vient de mon amour du monde, le monde où chacun joue son rôle. En espagnol, il n’existe qu’un seul mot pour dire songe, rêve et sommeil (sueño). Cette confusion est d’une grande fertilité, je la préfère à l’analyse de Descartes".

Autre auteur avec lequel son lien est profond : Bergamín.

José Bergamín Gutiérrez est un écrivain, poète, dramaturge et intellectuel espagnol, né à Madrid en 1895 et mort à Fontarrabie le 28 août 1983
José Bergamín Gutiérrez est un écrivain, poète, dramaturge et intellectuel espagnol, né à Madrid en 1895 et mort à Fontarrabie le 28 août 1983

Florence Delay l’a connu quand elle avait une vingtaine d’années, elle admirait sa radicalité, puis, le temps passant, sont apparues l’acuité mais aussi la cruauté de son intelligence. Ni lutin ni feu follet mais un homme dont les engagements politiques pouvaient mener à l’intransigeance. Son ardeur, son refus des compromis, n’est pas sans rappeler Bernanos. Tous deux ont été des écrivains devant traverser le pire. Bergamín a voyagé jusqu’à Marseille pour remercier l’auteur des "Grands cimetières sous la lune" au nom du peuple espagnol.

Comme enseignante de littérature générale comparée, son objectif était clair : faire aimer la littérature à ses étudiants : "Je disposais d’une certaine liberté en dehors des sujets imposés. J’ai ainsi traité des sujets qui m’étaient inconnus et nous cherchions ensemble. Ce qui me plaisait le plus, c’étaient leurs progrès. Leur bond en avant. Leur manière de prendre goût. En littérature, on est tous personnellement attendus. Certains écrivains moins connus nous attendent, il faut les découvrir. Je préfère la façon de traiter le paysage non par les montagnes mais par les collines... " Elle aime donc les auteurs qui nous séduisent "par effraction" (cf son livre La séduction brève 1997). Par exemple, Gertrud Stein, Robert Desnos, Valery Larbaud, Jules Supervielle.

Au cinéma, elle incarnait la Jeanne d’Arc de Robert Bresson. "Quand j’ai tourné Jeanne, j’étais très jeune, je n’ai pas du tout mesuré qui elle était. Je l’ai découverte par ses paroles authentiques. En mettant ses paroles en ma bouche, je l’ai découverte non par les batailles ou les livres, mais par ses paroles. Cela modifie incroyablement l’approche. Des années plus tard seulement, j’ai lu les grands livres, Péguy, Bernanos, Michelet".


Dans l’intégrale de l’émission notre invitée répond aux 6 autres questions de Jacques Paugam :

    • Qu’est-ce qui est essentiel dans votre domaine d’activité ?
    • Qu’est-ce qui est essentiel à dire aujourd’hui sur l’état de la société ?
    • Quelle est selon vous la plus grande hypocrisie de notre temps ?
    • Quel est l’événement de ces dernières années ou la tendance de ces dernières années qui vous laisse le plus d’espoir ?
    • Quel a été le plus grand échec de votre vie ?
    • Aujourd’hui quelle est votre motivation essentielle dans la vie ?


      En savoir plus :

- Écoutez l’intégralité de l’émission "L’essentiel avec Florence Delay, de l’Académie française"

- Consultez également la fiche de Florence Delay sur le site de l’Académie : http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

- Écoutez nos autres émissions avec ou sur Florence Delay sur Canal Académie






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