Exclusif ! Charles Aznavour et Charles Trenet : deux amis, deux géants de la chanson

Charles Aznavour raconte une vie d’amitié avec le chanteur-poète, élu à l’Académie des beaux-arts
Charles Aznavour raconte Charles Trenet, à l’occasion des 10 ans de la disparition de ce dernier. De la première rencontre autour d’un piano bleu aux déjeuners interminables à Narbonne ou à Paris, l’auteur de La Bohême nous fait partager un souvenir ému de celui qui fut en 1999, élu à l’Académie des beaux-arts.


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Référence : HAB621
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Date de mise en ligne : 11 avril 2011

Serge Hureau, directeur du Hall de la Chanson, n’a pas eu à se faire prier lorsque nous lui avons demandé s’il pouvait inviter au studio de Canal Académie Charles Aznavour pour qu’il évoque les liens d’amitié qui l’unissaient à Charles Trenet... C’est donc à Serge Hureau que nous devons cet exceptionnel moment d’émotion : le géant de la chanson, internationalement aimé, Charles Aznavour, raconte cet autre géant de la poésie mise en musique, Charles Trenet, qui avait été élu à l’Académie des beaux-arts en 1999.

Première rencontre autour d’un piano bleu

C’est de l’amitié entre deux géants de la chanson dont il s’agit dans cette émission ! Comment se sont-ils rencontrés ? La première fois, ce fut chez les Editions Raoul Breton. Comme nous le raconte Charles Aznavour : « J’allais chercher des chansons chez les éditeurs pour mon tour de chant, j’ai été chez Raoul Breton. Il y avait quelqu’un dans un petit bureau et on m’avait dit : attention, c’est Charles Trenet qui travaille, il ne faut pas l’embêter ! Je me souviens qu’il y avait un piano bleu et ce piano bleu nous l’avons gardé. C’est un vieux piano que nous devrions jeter mais c’est celui de Trenet alors on le garde. »

NB : Les Editions Raoul Breton accompagnent depuis près d’un siècle de nombreux auteurs, compositeurs et interprètes. Elle est la maison d’édition musicale historique fondée par le découvreur de Charles Trenet.

Un personnage hors du commun

Si Trenet « avait plein d’idées, ça n’arrêtait pas ! », Charles Aznavour précise : « Jamais en tant d’années il a fait 2 fois la même plaisanterie ! » Il pouvait à chaque fois surprendre son entourage par un esprit vif et constamment renouvelé. C’était là un de ses plus grands talents.

- « J’ai retenu des choses dont il ne se souvenait pas ! Il me disait : « c’est de moi ? » Je disais ben oui ! Un jour il me dit : « mon père était marchand de poussière, il fut ruiné par un coup de vent ». Personne n’a remarqué ce que cela voulait dire et moi cela m’a ouvert un horizon... »

Une grande érudition

La lecture des grands auteurs classiques avait été très importante pour Charles Trenet. Il adorait particulièrement Jean de la Fontaine. « Relisez les pièces en vers de Racine, de Corneille et Molière », nous conseille Aznavour ! « Apprenez à les chanter ! ». Son érudition ne l’empêchait pas d’écrire des chansons accessibles à tous, c’était sa force. « Les chansons de Trenet éveillent parce qu’elles sont simples. Ce sont les chansons les plus simples que nous ayons dans notre catalogue de chansons françaises. »

Sur l’Académie

- « Pour entrer à l’Académie il fallait aller rencontrer les académiciens et Charles voulait envoyer son secrétaire ! Il était comme çà Charles, il fallait le prendre comme il était. »

- « Il avait sa place mais il se demandait qui allait payer le costume ! »

- « Quoi qu’il en soit, il est immortel ! »

Charles Aznavour au studio de Canal Académie
Charles Aznavour au studio de Canal Académie

Des fêtes interminables...

Les deux Charles avaient l’habitude de fêter leurs anniversaires ensemble. Trenet était né le 18 mai et Aznavour le 22. « On essayait de se retrouver autour du 20 même si l’on se voyait très très souvent. Je restais moins longtemps que les autres parce qu’avec lui c’était 7h de table ! »

Narbonne, ville de soleil et ville originaire de Trenet

La cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur et Narbonne
La cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur et Narbonne
Mairie, palais des archevêques
Mairie, palais des archevêques
Port de plaisance sur le canal de la Robine
Port de plaisance sur le canal de la Robine

Une jeunesse éternelle

- « Il avait gardé une attitude de jeune auteur. Il continuait à aller chercher son argent lui-même à l’édition aux dates requises. Sa part d’éditorial, il venait la chercher malgré le succès ! Il avait gardé tout de sa jeunesse et de son enfance. Il est mort jeune. »

- « C’est les enfants qui ont découvert Trenet. J’avais ramené à la maison Y’a d’la joie et mon père m’avait dit : « tu vois mon fils, un monsieur qui écrit une chanson comme çà, il peut faire le tour du monde avec ». Il est vrai que c’est la seule vraie chanson joyeuse française. »

- « Il nous a fasciné. Il a changé notre enfance. Il nous a apporté quelque chose que nous n’avions pas. On avait des chansons d’adultes, avec lui on a eu des chansons non enfantines. »

Ecoutez d’autres anecdotes dans cette émission : sur l’enfant du divorce, sur les relations entre Charles Trenet et sa mère qui se disputaient beaucoup, sur sa culture extraordinaire, sur ses grandes rencontres... avec les commentaires de Serge Hureau.

En savoir plus :

- Trenet à l’Académie des beaux-arts

- Trenet, le philosophe du bonheur

- Eté 1936 : Les débuts de Charles Trenet

- Le site web du Hall de la Chanson






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