Du roi de Rome au duc de Reichstadt

Retour sur le triste destin de l’Aiglon avec Sylvie Biet, conservateur en chef de la bibliothèque Thiers
2011 est l’année du bicentenaire de la naissance du fils de Napoléon, ce roi de Rome né aux Tuileries le 20 mars 1811, promis à un grand avenir et mort en terre autrichienne à l’âge de 21 ans. Au cours de sa courte existence, il fut tour à tour, roi de Rome, Napoléon II, prince de Parme, duc de Reichstadt. Il suscita l’enthousiasme, la crainte, la tristesse ou la pitié. A peine mort, il donna naissance à une légende qui inspira poètes et dramaturges. La bibliothèque Thiers nous invite à revenir son tragique destin à travers une exposition en image.


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Émission proposée par : Laëtitia de Witt
Référence : hist648
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Date de mise en ligne : 24 avril 2011

Le 20 mars 1811, 101 coups de canons annoncent aux Parisiens la naissance de l’héritier tant attendu par l’empereur. Le fils de Napoléon Ier et de sa seconde épouse Marie-Louise d’Autriche reçoit pour prénoms Napoléon François Joseph Charles et pour titre « roi de Rome ». A la chute de l’Empire en 1814, il devint prince de Parme avant d’être un éphémère Napoléon II en juin 1815 lors de la seconde abdication de son père. Mais âgé de quatre ans, retenu à Vienne, il ne régnera pas et ne sera pas même reconnu par les Chambres.

Portrait du roi de Rome par Jean-Baptiste Isabey, 1812. Bibliothèque Thiers.
Portrait du roi de Rome par Jean-Baptiste Isabey, 1812. Bibliothèque Thiers.
© Serge Montval

Séparé de son père mais aussi de sa mère qui régnait sur sa principauté de Parme, il fut élevé à la cour de Vienne, auprès de son grand-père l’empereur François Ier. Lors de son départ de France, il fut accompagné par son entourage français, à commencer par sa gouvernante, madame de Montesquiou. Sur les conseils de Metternich, les Français furent peu à peu écartés.

Napoléon François Joseph Charles, prince de Parme par Jean-Baptiste Isabey, 1815. Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-préau.

Titré duc de Reichstadt par son grand-père en 1818, il fut élevé en prince allemand et se destina à la carrière militaire. Très vite, sa santé déclina et l’obligea à abandonner son service. Il mourut de tuberculose le 22 juillet 1832 au palais de Schönbrunn, à Vienne. Son corps fut placé aux côtés des archiducs d’Autriche dans la crypte des Capucins.

Le duc de Reichstadt en uniforme d’officier autrichien d’après Michael Daffinger, 1830. Bibliothèque Thiers.

A sa mort, il laissait l’image d’un prince élégant, bien élevé, si romantique… Le mythe de l’Aiglon, surnom que lui donna Victor Hugo en 1852 et popularisé par la pièce d’Edmond Rostand en 1900, irrigua tout le XIXe et le XXe siècle.

Le duc de Reichstadt sur son lit de mort. Bibliothèque Thiers.

Un dernier épisode se rattache à son triste destin. Le 15 décembre 1940, pour fêter le centenaire du retour des cendres de Napoléon Ier, Hitler ordonna le transfert de ses cendres aux Invalides. Le Führer espérait ainsi s’attirer l’adhésion du peuple français. La cérémonie qui se déroula de nuit dans un froid glacial, passa totalement inaperçue.

Pour en savoir plus : l’exposition à la bibliothèque Thiers à Paris

- A voir : Napoléon François Charles Joseph Bonaparte (1811-1832) : du Roi de Rome au duc de Reichstadt. L’exposition est visible les jeudi et vendredi de 12h à 18h. Bibliothèque Thiers (Fondation Dosne Thiers).
- Dossier thématique : retrouvez le dossier consacré par la Fondation Napoléon à la naissance du roi de Rome en cliquant ici.

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