Mots clefs et suggestions

Émissions à découvrir !


Sur l’échelle de Richter du courage, une chronique de François d’Orcival

de l’Académie des sciences morales et politiques
S’il existait une échelle de Richter pour mesurer le courage en cas de catastrophe nationale, les Japonais seraient au sommet... Tel est le raisonnement né de l’observation d’une première catastrophe à Kobe en 1995, que tient François d’Orcival dans cette chronique qu’il reprend ici après sa parution écrite dans Le Figaro Magazine du 19 mars 2011.


T�l�charger le fichier sur votre ordinateur
Références Émission afficher

Référence : chr663
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/chr663.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 23 mars 2011

Sur l’échelle de Richter du courage

L’économie du Japon repartait. On attendait une croissance en hausse de 1,5% en moyenne en 2010, contre un plongeon supérieur à 5% durant l’année précédente. Le Japon défendait sa place pied à pied, face à la Chine, au palmarès économique mondial. Il avait lancé non pas un mais cinq plans de relance en un an et il en espérait les résultats cette année. C’était avant le choc terrifiant du 11 mars et la catastrophe qui a suivi.

Le pays se mobilise maintenant pour ses victimes et ses réfugiés ; il rationne son énergie, arrête ses usines ; la Bourse de Tokyo plonge ; le yen, qui se consolidait, se replie. Quel rétablissement possible avec une dette publique proche des 200 % de la richesse produite (la France est à 75%) et des taux d’intérêt déjà ramenés à zéro ?

Le Japon n’a qu’une richesse : les Japonais.

- Le 17 janvier 1995, un séisme d’une amplitude de 6,8 sur l’échelle de Richter, frappait le port de Kobe. Une ville de 1,4 million d’habitants, le sixième port mondial par son activité, alimentant toute l’économie japonaise et notamment ses industries d’équipements et de consommation. Il y eut 6 400 tués. Cela entraîna quelque 90 milliards de dollars de dégâts. La production industrielle chuta instantanément. Pétrifiés devant les destructions, les médias affirmèrent : « La reconstruction prendra dix ans ». Il a fallu dix-huit mois. Non seulement, la croissance du pays s’était accélérée durant le trimestre qui suivit le désastre, mais le port avait retrouvé quasiment ses capacités au bout d’un an, et les industries dépendant de son activité tournaient à nouveau à plein régime dès l’été 1996. Cette année-là, l’économie japonaise connut une croissance de 2,6% – le double de son rythme précédent.

- On a observé les mêmes effets aux Etats-Unis, après le tremblement de terre de Los Angeles (1994), ou en Chine, après celui du Sichuan (2008). A Los Angeles, la principale autoroute desservant l’immense agglomération avait été coupée ; elle fut rétablie en deux mois au lieu de deux ans. En Chine, rapporte l’agence Reuters, la mobilisation pour la reconstruction a été telle que trois ans après la catastrophe, l’administration locale chargée des travaux a été fermée. A Haïti, en revanche, la tragédie perdure. Pour le Japon aussi, la double secousse du 11 mars est une tragédie. Mais les Japonais ont déjà démontré qu’en matière de courage, ils étaient au sommet de l’échelle de Richter.

- Ecoutez d’autres chroniques Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques

Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 19 mars 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival n’engagent que lui-même, et non pas l’académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France.






© Canal Académie - Tous droits rééservés

Notez cette émission :

Commentaires