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Un sauvetage qui en cache un autre. Une chronique de François d’Orcival

de l’Académie des sciences morales et politiques
Entre plan de rigueur économique et plan humanitaire dû à la crise en Méditerranée... Quels sont les risques notamment en matière de flux migratoires ? Comment l’Europe va-t-elle payer ? L’académicien journaliste François d’Orcival, reprend ici, au micro de Canal Académie, la chronique qu’il donne, le samedi, dans Le Figaro Magazine.


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Référence : CHR661
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Date de mise en ligne : 9 mars 2011

La contagion des « révolutions » arabes vient s’ajouter à celle qui touche déjà les finances publiques de la zone euro. A priori, l’une n’a rien à voir avec l’autre. Et pourtant ce n’est pas sans raisons si le président de la République les a citées toutes les deux dans son intervention télévisée du 27 février. L’euro n’est pas à l’abri d’une nouvelle crise alors que nous ne savons pas encore ce que vont être les conséquences du séisme en Méditerranée.

Il y a huit jours, les Irlandais ont porté une nouvelle majorité au pouvoir, celle du principal parti d’opposition, le « Fine Gaël », qui avait concentré sa campagne sur un point majeur : la renégociation des conditions faites à l’Irlande pour l’obtention d’un plan de sauvetage de ses finances (67,5 milliards d’euros). Le nouveau gouvernement entend donc faire baisser la charge qui pèse sur les Irlandais – à travers les taux d’intérêt du remboursement des aides - quitte à alourdir celle des banques. Or cette charge, c’est le programme d’austérité qui a été négocié par le précédent gouvernement avec les autorités européennes pour sauver les finances irlandaises – et l’euro.

La chancelière allemande va-t-elle accepter de prêter son argent à moindre coût pour permettre à l’Irlande de continuer à pratiquer son dumping fiscal, au risque de voir les Grecs, sur qui la rigueur pèse tout autant, exiger les mêmes conditions – contagion qui pourrait bientôt s’étendre aux Portugais ? Angela Merkel sera d’autant moins tentée de le faire que la pression s’accentue chez elle pour que soient mis en place les instruments d’un plan de stabilité rigoureux - jusqu’à la mise en faillite des pays surendettés !

Il faut donc s’attendre à une confrontation entre Européens, au moment où la BCE, par la voix de son président, Jean-Claude Trichet, (à qui l’on cherche un successeur), met les pays membres de la zone euro en garde contre un retour de l’inflation – causée notamment par la hausse du pétrole, elle-même conséquence de l’instabilité dans les pays arabes…

Mais il y a plus que cela. Le risque que la crise méditerranéenne fait courir en matière de flux migratoires massifs vers l’Europe, va exiger un autre plan de sauvetage d’urgence pour les pays du sud. Ce plan, il faudra bien le financer – et à fonds perdus… Comment le pourrait-on sans un retour rapide de la croissance ? L’Europe n’a pas fini de payer.

Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 5 mars 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire. Les propos de François d’Orcival n’engagent que lui-même, et non pas l’académie à laquelle il appartient ni l’Institut de France.

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